Michel Rocard et Alain Juppé président la commission sur le grand emprunt © LCIAprès sa mise au point sur les bonus mardi, Nicolas Sarkozy a poursuivi sa rentrée en installant la commission de réflexion sur le grand emprunt. Il a demandé mercredi à ses présidents, les ex-Premiers ministres Alain Juppé et Michel Rocard, de se pencher sur "trois défis majeurs", "l'économie de la connaissance", la "compétitivité des entreprises" et "les équipements industriels innovants". "Les emplois non qualifiés sont l'objet d'une concurrence intense, un pays comme la France ne gardera son niveau de vie et sa cohésion sociale qu'en élevant son niveau général de qualification", a estimé le chef de l'Etat en évoquant le "défi de l'économie de la connaissance".
"Le renforcement des entreprises innovantes et exportatrices, et en particulier de leurs fonds propres, est plus stratégique que jamais au moment où elles émergent d'une crise exceptionnelle", a-t-il poursuivi. "Comment avons-nous pu en quelques années laisser baisser d'un quart notre part des exportations européennes ?", s'est-il interrogé. "Notre pays a un besoin urgent d'une réflexion sur le soutien aux investissements industriels, stratégiques, scientifiques et technologiques, qui posent les bases des filières de demain", a également relevé Nicolas Sarkozy. Il a ainsi demandé à la commission de définir les "quelques domaines majeurs" à retenir parmi "l'énergie solaire, les énergies marines, la fibre optique, les nanotechnologies, le stockage de l'énergie électrique, les biotechnologies".
Combien ? Comment ?
Sur les modalités de cet emprunt, le président de la République est resté très flou. Le montant du "grand emprunt national" sera "fonction des besoins" identifiés. Il "dépendra des besoins que vous allez identifier et de la capacité d'endettement que nous aurons", a déclaré le chef de l'Etat lors de son discours devant la commission. Alain Juppé avait assuré mercredi sur RTL, peu avant l'installation de la commission, que cet emprunt "ne sera pas un emprunt comme les autres" car il devra avant tout servir à "enrichir la nation". Il a rappelé sur ce point que "la France est déjà très endettée" et que "le niveau de la dépense publique est très élevée, aux alentours de 54% par rapport à la richesse nationale ce qui est une sorte de record mondial".
Se refusant lui aussi à donner des chiffres sur son montant, il a seulement indiqué que la commission devrait donner "des scénarios alternatifs" avec "le minimum, le maximum" du niveau de l'emprunt. Certains proches de Nicolas Sarkozy avaient évoqué 80 à 100 milliards d'euros mais la plupart des économistes jugent ce montant disproportionné et trop lourd pour la dette publique.
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