Bonus : la proposition française "prise en compte"

le 05 septembre 2009 à 16h23 , mis à jour le 05 septembre 2009 à 22h03

En réunion pré-G20 à Londres, l'UE et les Etats-Unis ont abouti à un compromis a minima sur la notion de plafonnement, sans toutefois de mesure concrète.

G20 finances londres ministresPhoto de famille du G20 Finances à Londres le 5 septembre 2009 © TF1-LCI

La ministre française de l'Economie Christine Lagarde a commenté les décisions prises samedi par le G20 des Finances à Londres ainsi : les bonus sont désormais "dans le collimateur de tout le monde" et la proposition française de les limiter a été "prise en compte" par ses homologues du G20. Sous entendu, à ceux qui critqueraient le fait que ça n'avance pas, elle répond : c'est mieux que rien. Si les Français, qui avaient décrété un "haro sur les bonus" ne sont pas parvenus à obtenir leur plafonnement, ils ont toutefois obtenu que cette question ne soit pas totalement abandonnée. Les ministres des Finances du G20 ont en effet trouvé un compromis sur la question du plafonnement des bonus des banquiers, en acceptant que les moyens de le mettre en oeuvre soient... étudiés pour le sommet de Pittsburgh aux Etats-Unis les 24 et 25 septembre. 

Les Américains sont sur le fond toujours "hostiles" au principe du plafonnement de ces rémunérations variables, alors que les Français sont le fer de lance de l'idée. Mais la solution trouvée devrait permettre de satisfaire tout le monde en inscrivant le mot de "plafonnement" dans le communiqué final, sans que celui-ci n'implique un engagement formel à appliquer à court terme une telle limitation. Ce compromis a été trouvé à l'issue de discussions "difficiles" en début de matinée à la réunion des ministres des Finances des grands pays industrialisés et émergents, les Américains se montrant encore "très bloqués", selon une source du G7. Mais la situation s'est arrangée à la pause, le secrétaire américain au Trésor Tim Geithner et la ministre française de l'Economie Christine Lagarde finissant par tomber d'accord sur les termes.

Le G20 Finances s'est en revanche plus clairement accordé à soutenir l'idée d'un étalement des bonus dans le temps, avec suppression possible des derniers versements en cas de mauvaise performance, et d'une plus grande transparence sur les bonus des dirigeants.

Paradis fiscaux: le G20 prêt à des sanctions à partir de mars 2010

Au final, le Conseil de stabilité financière (CSF) a été chargé de faire des propositions en ce sens avant Pittsburgh, selon ce texte. Les règles adoptées samedi pour encadrer les primes des banquiers prévoient leur étalement dans le temps avec la possibilité de ne pas les verser dans leur totalité en cas de mauvaise performance de la banque, selon le principe du "bonus/malus" déjà appliqué par la France. Satisfaits sans doute que le compromis trouvé permette de ne pas enterrer définitivement la question du plafonnement, les Français espèrent désormais recevoir l'appui du président du CSF Mario Draghi qui, selon une source du G7, s'est montré samedi matin "très tonique" devant les ministres pour dénoncer les dangers des bonus, selon lui au coeur de la crise. 

Il a en outre été entendu et les pays du G20 ont réaffirmé leur engagement à "continuer de mettre en oeuvre avec détermination nos mesures de soutien financier et nos politiques budgétaires et monétaires expansionnistes", selon le texte de la déclaration. Les ministres des Finances du G20 ont aussi évoqué, sans parvenir à une conclusion, la réforme du Fonds monétaire international (FMI) vendredi soir, un sujet qui oppose les Européens à la fois aux Etats-Unis et aux pays émergents. Les Européens ont confirmé qu'ils étaient certes favorables à une plus grande représentativité des pays émergents, mais souhaitent que la réforme concerne tous les sujets, y compris la remise en cause du droit de veto des Etats-Unis. Le G20 a là aussi renvoyé à Pittsburgh l'éventualité d'un accord sur la future gouvernance du FMI.

Enfin, les ministres des Finances du G20 se sont dits "prêts" à sanctionner à partir de mars 2010 les paradis fiscaux qui refusent de se conformer aux normes internationales, dans un communiqué publié à l'issue de leur réunion.

(D'après agence)

le 05 septembre 2009 à 16:23
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18 Commentaires

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  • Robert, le 07/09/2009 à 16h36

    Le problème c'est la réaction des USA. Que va faire Obama dont la gauche faisait l'éloge il n'y a pas si longtemps, il va s'opposer à toutes mesures du type de celles proposées par la France et l'Allemagne avec le soutien timide d'un socialiste Anglais. Seules des mesures globales et mondiales sont applicables si non, c'est de la concurrence déloyale de la part de ceux qui ne les appliquent pas.

  • Loulou, le 06/09/2009 à 12h56

    Pourquoi etre si négatifs, cela ne se fera pas en une réunion. Quand aux américains ils ont la culture de la performance depuis que leur pays existe, ils subissent comme nous la crise et ils viendront comme les autres à reglementer. Il n'y a pas lieu de parler de ridicule, rapelez vous au début de la crise, les actions menées par notre président avaient été critiquées par beaucoup de politiques et d'internautes mais les initiatives prises par Mr SARKOSY rejetées un temps par le parlement europén et la chancelière alemande, on été acceptées et reprises par une majorité de pays dans le monde meme par les camarades Chinois. Français arretez de douter et de tout critiquer.

  • Bobotte, le 06/09/2009 à 09h48

    Petite question: lorsque je lis les américains sont "hostiles" au principe du plafonnement des rémunérations variables. il s'agit bien de tous les américain?

  • Claude, le 06/09/2009 à 09h28

    Prise en compte :ça veut dire écoutée,pas acceptée... je ne crois pas qu'ils le feront parce que trop d'intérêts divergents,la France n'a comme d'hab pas peur du ridicule et se pose comme donneuse de leçons

  • Didier de bretagne, le 06/09/2009 à 08h39

    Des gens habitant sous des toiles ayant perdu leur maison, d'autre n'ayant plus de retraite et obligé de retravailler à 75 ans. C'est ça votre force de l'amérique !. Encore un fanatique de ce pays, faite comme sarko 1er, partez y vivre !

  • Maïckou, le 06/09/2009 à 01h26

    @ DIDIER, BRETAGNE et @ Dider, Choisy le Roi 6 - En effet, les USA ne lâcheront rien, et ce n'est pas la récente élection de Barak Obama qui va changer la donne dans ce domaine par rapport à George Walter Bush. Ils défendront le Dollar et leurs finances bec et ongles. Heureusement que nous avons en l'Euro, une monnaie forte, crédible, qui tient la route face au Dollar d'un côté et au Yen de l'autre. Heureusement, ici, que nous avons l'Union Européenne. MAIS on ne doit pas oublier que l'Europe compte aussi les Anglais. Et eux penchent, par culture, beaucoup du côté des Etats Unis. Ils lorgnent toujours du côté du Dollar, et ne veulent toujours pas adopter l'Euro, même si la crise a commencé à faire évoluer certaines opinions au Royaume Uni. Il va être intéressant d'étudier les opinions américaine d'un côté, et anglaise de l'autre. Bonne nuit à tous!

  • DIDIER, le 05/09/2009 à 22h47

    Les réactions publiées sont à la hauteur des Français. Ce qui fait la force de l'Amérique c'est que les Américains croient en leur pays il est regrettable qu'il n'en soit pas de même chez nous. Et que ceux qui sont tentés d'avancer le fait de différences dans la Présidence du Pays qu'ils n'oublient pas qu'avant OBAMA il ya eu BUSH aux Etats Unis, que la France n'a pas voulu s'engager dans le bourbier Irakien et l'Amérique y est allée en y laissant beaucoup d'hommes. On ne négocie pas avec les Etats Unis en étant en situation de force même s'il y a une entente entre les grands pays Européens que sont l'Allemagne, l'Angleterre et la France. C'est pour cela que l'Europe a été créée fort heureusement car elle constitue maintenant une force économique incontournable. Que ceux qui ne sont que capables de critiquer disent ce qu'ils ont fait de leur vie : avoir un ordinateur et un clavier n'est pas forcément un signe d'intelligence.

  • Lem, le 05/09/2009 à 20h51

    C'est sur, ça va moins vite que la taxe carbone!!

  • Michel, le 05/09/2009 à 20h43

    C'est Didier de Choisy le Roy, qui a tout compris, connaissant les US, je puis vous dire qu'ils ne laisseront pas d' opportunités à la coalition du G20 y compris sur le droit de véto. Le dollar restera la monnaie du commerce et des affaires économiques mondiales et l'euro une monnaie de transition. La finance n'a pas de frontières, elle n'a que des ambitions. Dans l'anormal, c'est normal.

  • Chantou, le 05/09/2009 à 20h39

    Ne prenons pas les traders comme bouc émissaire : il faudrait aussi empêcher alors les gros cachets des sportifs ou des artistes ! Le vrais problème c'est la séparation des banques de dépots et celles dites d' "affaires" ou la spéculation pourrait être sur fiscalisée, car ce n'est pas aux petits épargnants de payer pour les erreurs de spéculation des banquiers.

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