Bonus : ce que pourraient lâcher les Américains

Par , le 21 septembre 2009 à 11h21 , mis à jour le 21 septembre 2009 à 15h40

A quelques jours du sommet du G20 à Pittsburgh, les Etats-Unis ne veulent pas céder sur les bonus monstres dans la banque. Mais s'activent en coulisse...

Barack Obama, le 17 septembre 2009Archives : Barack Obama, le 17 septembre 2009 © Reuters

Un dernier coup de pression pour la route... A quelques jours du sommet du G20, jeudi et vendredi à Pittsburgh (Etats-Unis), l'Europe tente de peser de tout son poids pour convaincre des Américains très réticents de limiter les bonus dans la finance. Même José Manuel Barroso, pas franchement réputé pour son audace, hausse le ton quitte à passer pour un donneur des leçons. "Même si les Américains ne suivent pas, je crois que nous devrions aller de l'avant, c'est une question de légitimité, je suis pour la liberté des marchés financiers, mais la liberté exige aussi des règles", a déclaré sur TV5 Monde le fraichement réélu président de la Commission européen. "C'est tellement scandaleux ce qui se passe, c'est vraiment un problème éthique que je trouve que là, si nécessaire il faut y aller seul", a-t-il encore affirmé.

  • Obama s'en prend aux bonus des banquiers

    Dans une émission télévisée, le président américain s'en prend aux "banquiers gras de Wall Street", dont certains se sont octroyé des bonus après avoir été sauvés par l'argent du contribuable.

    Publié le 12/12/2009 Obama s'en prend aux bonus des banquiers
  • Taxe sur les bonus : Washington résiste

    Après l'annonce de Londres puis Paris d'une taxe à hauteur de 50% sur les bonus des banquiers dépassant 27.000 euros, l'Allemagne réfléchit sérieusement à l'idée. En revanche les Etats-Unis répondent : "pas pour l'instant".

    Publié le 11/12/2009 Taxe sur les bonus : Washington résiste
  • Après Londres, Paris compte taxer les bonus à 50%

    S'alignant sur l'initiative de Londres après une rencontre jeudi avec Gordon Brown, Nicolas Sarkozy devrait annoncer une taxe sur les bonus 2009 des banquiers qui dépasseraient 27.000 euros.

    Publié le 10/12/2009 Après Londres, Paris compte taxer les bonus à 50%
Plus d'infos

 
Les Européens veulent obtenir des règles mondiales strictes afin de limiter les bonus bancaires alors que le président américain Barack Obama s'est clairement prononcé contre un plafonnement de ces rémunérations variables mais leur unité affichée présente des failles. Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE n'ont pourtant pas pu s'entendre jeudi pour demander clairement un "plafonnement" des bonus avec une limite absolue, comme le souhaite la France, et ce du fait de l'opposition britannique. Ils se sont bornés à indiquer qu'il fallait "étudier" cette possibilité, comme l'avaient souhaité le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique Gordon Brown dans un courrier commun publié au début du mois.
 
"Comme des nababs"
 
Malgré cette faiblesse, Christine Lagarde semblait garder espoir encore dans un entretien au Journal du dimanche. "Je connais bien la mentalité américaine et je peux vous dire que cela va être très dur (...). Mais Barack Obama a aussi reconnu que les opérateurs de marché ne pouvaient pas vivre comme des nababs, ce sont ses propres termes", relève la ministre de l'Economie. L'Europe propose une limitation des bonus en pourcentage de l'activité. Ce calcul peut s'appliquer dans tous les pays. C'est un système simple que Barack Obama pourrait accepter". "A ce stade, les propositions américaines favorisent leurs banques et risquent de pénaliser les nôtres. Ce serait un comble, alors qu'elles ne sont pas à l'origine de la crise et s'en sortent mieux que les américaines", commente encore Christine Lagarde.
 
Le président américain reste opposé à un plafonnement des primes des banquiers et des traders que les Européens souhaitent réglementer, avait dit mercredi un de ses conseillers. Sans aller jusqu'à limiter les bonus, les Américains devraient tout de même venir au G20 avec une avancée, a minima. Selon le Wall Street Journal, la Réserve fédérale (Fed) américaine pourrait se voir demander de valider les primes accordées à des dizaines de milliers de salariés des banques, dans le cadre d'un plan destiné à limiter les prises de risques dans le secteur financier,. "Cela pourrait permettre pour la première fois à ses contrôleurs de s'impliquer réellement dans l'attribution des primes et bonus, un rôle jusque-là traditionnellement réservé aux conseils d'administration et aux principaux dirigeants des banques", précise le quotidien financier. Selon ce projet, la banque centrale américaine aurait le droit de mettre son veto à toute "politique de prime qui encouragerait les employés, depuis les hauts dirigeants jusqu'aux courtiers et chargés de clientèle, à prendre trop de risques". Officieusement confirmé par la Fed, ce projet n'a pas ému le monde de la finance lundi. Signe qu'il ne s'agirait que d'une réformette ?

Par Olivier Levard le 21 septembre 2009 à 11:21
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9 Commentaires

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  • Pilepoil, le 22/09/2009 à 23h16

    Banque et politique sont liées, bien sur, la preuve, lorsque les premiers se plantent, simplement par appât du gain, et perdent des milliards, les seconds (l'Etat), remboursent sans sourciller avec l'argent des citoyens et décrétent la crise. Faudrait-il maintenant s'appitoyer sur le salaire du "banquier moyen" et de ses "60" heures par semaine ? Je connais des chauffeurs routiers qui en font autant (en moins confortable), pour 1600 euros par mois, et sans risquer d'amener à la faillite ou à la ruine des millions d'innocents. Alors, David de Londres, si vous voulez redorer le blason des banquiers, il vous faudra trouver d'autres arguments (lesquels?). Vous comparez les revenus des stars télé ou autres footballeurs avec ceux des banquiers, oui, peut-être, mais les risques n'ont rien à voir. ILs peuvent disparaître du jour au lendemain, sans parachute doré ou aide de l'Etat. Ne mélangez pas tout. Les artistes ne volent pas leur argent. Les banques mettent le monde à genoux, font la pluie et le beau temps avec la bénédiction (complicité) des gouvernements (capitalisme oblige).

  • Christian, le 22/09/2009 à 09h24

    A DD d'amiens, en France aussi

  • Luc, le 21/09/2009 à 23h16

    Tout à fait d'accord avec DD d'Amiens. Et c'est cela qui fera leur déchéance !

  • DD, le 21/09/2009 à 19h19

    Obama le changement vous avez dit, les américains ne changerons jamais, chez eux seul le fric est roi

  • David, le 21/09/2009 à 17h33

    Mais arretons la chasse aux sorcieres ! Les politiques dissimulent leur echec en designant le banquier lambda comme le fautif. Le regulateur (donc le politique) a echoue a reguler l'acces au credit (pourquoi autoriser des prets que l on ne pourra jamais rembourser, ou l'esclavage que representent les prets consommation ou relais...). Le banquier moyen gagne beaucoup moins d'argents que vos presentateurs televises, vos footballers. Certes, certains bonus sont deplaces, mais ne punissez pas une force de travail pour les exces de certains. Si tels est le cas, limitons les compensations des stars de la tele, du sport, car dire qu un banquier gagant 100 fois le smics est intolerable (alors qu il travaille au moins ses 60 heures pas semaines), que devrait-on dire pour certains artistes...

  • Cc, le 21/09/2009 à 16h24

    L'obamania va rapidement cesser. Il déçoit beaucoup depuis quelques semaines et on ne voir plus trop la différence avec son predecesseur.

  • Claude, le 21/09/2009 à 16h03

    Obama tape sur le dos à Sarko en lui disant qu'il limiterait les bonus des traders,mais ce sont les financiers Américains qui ont le dernier mot,et ils ne sont apparemment pas d'accord... business is business...

  • Ben, le 21/09/2009 à 13h53

    Je parie tous les bonus des banquiers traders americains des 10 dernieres annees qu'Obama est influence par la Goldman Sachs afin de mettre son veto sur le plafond de leurs bonus. Vampires, va !

  • Phil, le 21/09/2009 à 11h42

    Ah les usa , pays de la liberté ...

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