Archives : Barack Obama, le 17 septembre 2009 © ReutersUn dernier coup de pression pour la route... A quelques jours du sommet du G20, jeudi et vendredi à Pittsburgh (Etats-Unis), l'Europe tente de peser de tout son poids pour convaincre des Américains très réticents de limiter les bonus dans la finance. Même José Manuel Barroso, pas franchement réputé pour son audace, hausse le ton quitte à passer pour un donneur des leçons. "Même si les Américains ne suivent pas, je crois que nous devrions aller de l'avant, c'est une question de légitimité, je suis pour la liberté des marchés financiers, mais la liberté exige aussi des règles", a déclaré sur TV5 Monde le fraichement réélu président de la Commission européen. "C'est tellement scandaleux ce qui se passe, c'est vraiment un problème éthique que je trouve que là, si nécessaire il faut y aller seul", a-t-il encore affirmé.
Obama s'en prend aux bonus des banquiers
Dans une émission télévisée, le président américain s'en prend aux "banquiers gras de Wall Street", dont certains se sont octroyé des bonus après avoir été sauvés par l'argent du contribuable.
Publié le 12/12/2009
Taxe sur les bonus : Washington résiste
Après l'annonce de Londres puis Paris d'une taxe à hauteur de 50% sur les bonus des banquiers dépassant 27.000 euros, l'Allemagne réfléchit sérieusement à l'idée. En revanche les Etats-Unis répondent : "pas pour l'instant".
Publié le 11/12/2009
Après Londres, Paris compte taxer les bonus à 50%
S'alignant sur l'initiative de Londres après une rencontre jeudi avec Gordon Brown, Nicolas Sarkozy devrait annoncer une taxe sur les bonus 2009 des banquiers qui dépasseraient 27.000 euros.
Publié le 10/12/2009
Les Européens veulent obtenir des règles mondiales strictes afin de limiter les bonus bancaires alors que le président américain Barack Obama s'est clairement prononcé contre un plafonnement de ces rémunérations variables mais leur unité affichée présente des failles. Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE n'ont pourtant pas pu s'entendre jeudi pour demander clairement un "plafonnement" des bonus avec une limite absolue, comme le souhaite la France, et ce du fait de l'opposition britannique. Ils se sont bornés à indiquer qu'il fallait "étudier" cette possibilité, comme l'avaient souhaité le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique Gordon Brown dans un courrier commun publié au début du mois.
"Comme des nababs"
Malgré cette faiblesse, Christine Lagarde semblait garder espoir encore dans un entretien au Journal du dimanche. "Je connais bien la mentalité américaine et je peux vous dire que cela va être très dur (...). Mais Barack Obama a aussi reconnu que les opérateurs de marché ne pouvaient pas vivre comme des nababs, ce sont ses propres termes", relève la ministre de l'Economie. L'Europe propose une limitation des bonus en pourcentage de l'activité. Ce calcul peut s'appliquer dans tous les pays. C'est un système simple que Barack Obama pourrait accepter". "A ce stade, les propositions américaines favorisent leurs banques et risquent de pénaliser les nôtres. Ce serait un comble, alors qu'elles ne sont pas à l'origine de la crise et s'en sortent mieux que les américaines", commente encore Christine Lagarde.
Le président américain reste opposé à un plafonnement des primes des banquiers et des traders que les Européens souhaitent réglementer, avait dit mercredi un de ses conseillers. Sans aller jusqu'à limiter les bonus, les Américains devraient tout de même venir au G20 avec une avancée, a minima. Selon le Wall Street Journal, la Réserve fédérale (Fed) américaine pourrait se voir demander de valider les primes accordées à des dizaines de milliers de salariés des banques, dans le cadre d'un plan destiné à limiter les prises de risques dans le secteur financier,. "Cela pourrait permettre pour la première fois à ses contrôleurs de s'impliquer réellement dans l'attribution des primes et bonus, un rôle jusque-là traditionnellement réservé aux conseils d'administration et aux principaux dirigeants des banques", précise le quotidien financier. Selon ce projet, la banque centrale américaine aurait le droit de mettre son veto à toute "politique de prime qui encouragerait les employés, depuis les hauts dirigeants jusqu'aux courtiers et chargés de clientèle, à prendre trop de risques". Officieusement confirmé par la Fed, ce projet n'a pas ému le monde de la finance lundi. Signe qu'il ne s'agirait que d'une réformette ?
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