Des manifestants moquent à Londres le 4 septembre 2009 l'attitude des chefs d'Etat du G20 alors que leurs ministres des finances préparent le sommet de Pittsburgh dans la capitale anglaise © ReutersAvant le "vrai" sommet du G20 à Pittsburgh, il y a du boulot pour mettre tout le monde d'accord.... L'Union européenne et les Etats-Unis vont donc confronter leurs divergences sur les moyens de limiter les bonus des banquiers et discuter des moyens de sortir sans dommage des plans de relance mis en place contre la crise, lors d'une réunion préparatoire des ministres des Finances du G20 vendredi et samedi à Londres.
L'UE a continué jeudi et vendredi à dérouler "le rouleau compresseur", selon l'expression de la ministre française Christine Lagarde, pour convaincre les Etats-Unis et les autres Etats membres du G20 d'adopter des mesures très fermes et "internationales" afin d'encadrer ou de limiter les bonus des banquiers. Avec la France en pointe sur cette question très sensible pour les opinions publiques, l'Union européenne se démène pour mettre le sujet au cœur du débat, ce week-end et au G20 des chefs d'Etat à Pittsburgh aux Etats-Unis les 24 et 25 septembre. Jeudi, une lettre commune du président Nicolas Sarkozy, de la chancelière allemande Angela Merkel et du Premier ministre Gordon Brown a appelé à des "règles obligatoires" en matière de rémunération pour les plus grandes banques.
Vendredi, sept ministres européens des Finances (France, Suède, Pays-Bas, Luxembourg, Espagne, Allemagne et Italie) ont appelé leurs collègues du G20 à se "joindre à eux" pour "mettre un terme à la culture du bonus". Par ailleurs, un sommet extraordinaire de l'UE se tiendra à Bruxelles le 17 septembre afin de déterminer une position européenne commune en vue de la réunion du G20 de Pittsburgh de la semaine suivante, a annoncé vendredi la présidence suédoise de l'UE.
Limite ou pas?
Hôte de la réunion, le Royaume-Uni, à la tête de la plus belle place financière européenne, a une attitude un peu ambigüe dans ce débat, reconnaissant l'importance d'avoir de bons principes en matière de rémunération, mais rechignant à limiter les bonus, pour ne pas faire fuir les meilleurs éléments. Ainsi, dans la lettre commune, Gordon Brown souhaite avec ses collègues qu'on "examine les moyens de limiter" ces bonus, en pourcentage des salaires totaux ou du bénéfice de l'entreprise. Mais vendredi le ministre des Finances Alistair Darling s'est montré sceptique. "Personnellement, je ne pense pas que ça marcherait, parce que si on limite les bonus les gens se paieront tout simplement plus en salaire", a-t-il déclaré sur BBC Radio Scotland. Il rejoint cependant Christine Lagarde pour souligner "qu'il vaut mieux avoir des mesures agréées internationalement" sur cette question. "Haro sur les bonus", a décréte cette dernière à son arrivée à Londres.
Le problème est que pour les Etats-Unis, les bonus sont "un non-sujet ", selon un officiel européen. Comme il l'explique vendredi dans une tribune au Financial Times, le secrétaire au Trésor Timothy Geithner vient à Londres pour convaincre ses collègues d'adopter des mesures de renforcement du capital des banques. C'est cela, et pas autre chose, qui est selon lui "la manière la plus efficace d'empêcher le monde de revivre les évènements de l'automne dernier". Le grand sujet sera aussi de savoir comment mettre fin, un jour ou l'autre, aux mesures de relance exceptionnelles, se comptant en milliers de milliards de dollars, mises en place depuis l'an dernier.
Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a exhorté vendredi les gouvernements à avoir des stratégies de sorties prêtes, faute de quoi "ils risquent de saper la confiance et le processus de reprise lui-même".Vendredi, le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet a assuré que la BCE a déjà "une stratégie de sortie" et qu'elle est "prête à la mettre en oeuvre" quand ce sera nécessaire. Mais le chef économiste de l'institution Jürgen Stark a reconnu que fixer le moment ne serait pas tâche facile.
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