Image d'archives. © ReutersLes chiffres du chômage pour le mois d'août étaient très attendus - et on savait déjà qu'ils ne seraient pas bons. Ils ont été annoncés officiellement ce jeudi soir : le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A a augmenté de 18.100 personnes ou 0,7% par rapport à juillet, à 2.553.300 personnes. Sur un an, la hausse est de 25,8%. En prenant en compte les demandeurs d'emploi exerçant une activité réduite (catégories B et C), on atteint 32.200 personnes supplémentaires inscrites à Pôle Emploi. Soit une progression de 0,9% sur le mois dernier en variation mensuelle et de 20,4% d'une année sur l'autre. Au total, note le communiqué commun de Bercy et de Pôle Emploi, fin août, en France métropolitaine, 3.700.300 personnes étaient inscrites à Pôle emploi.
La hausse touche plus les femmes que les hommes : le nombre de demandeurs d'emplois de catégorie A a augmenté de 0,6% pour les hommes (34,5% sur un an) et 0,9% pour les femmes (+17,3% sur un an). Pour les catégories A, B, C, la hausse est de 0,8% pour les hommes (+28,4% sur un an) et de 1% chez les femmes (+13,4%). Les jeunes sont toujours fortement touchés : chez les moins de 25 ans, le nombre de chômeurs a augmenté de 0,5% en catégorie A (+33,6% sur un an) et de 0,9% pour les catégories A, B et C (+29,6% sur un an). Enfin, le nombre de chômeurs de longue durée - inscrits à Pôle emploi depuis un an ou plus - a augmenté de 1,1% en août pour les catégories A, B, C (+17,1% sur un an).
Les effets à retardement des plans sociaux
Cette hausse des chiffres du chômage révèle aussi que la crise s'installe dans la durée : les nouvelles inscriptions concernent de moins en moins des fins de contrats précaires et de plus en plus des salariés licenciés. Ainsi, les entrées au service public de l'emploi ont progressé de 1,5% en août par rapport à juillet ; les entrées pour fin de contrats à durée déterminée, fin d'intérim et premières entrées ont baissé alors que celles pour licenciements économiques ont augmenté de 3%. Les sorties de catégorie A, B, C ont quant à elles augmenté de 1,4% en août. Parmi les motifs, les sorties pour "cessations d'inscription pour défaut d'actualisation" ont bondi de 5,7% alors que les celles pour reprises d'emplois déclarées n'ont progressé que de 1,6%.
"Vraisemblablement, les chiffres ne seront pas très bons", avait reconnu dès le matin Xavier Darcos sur RMC, évoquant le chiffre de "40.000 peut-être" inscrits supplémentaires à Pôle emploi pour "l'ensemble des catégories" de demandeurs d'emploi, n'ayant pas ou peu travaillé, à savoir les catégories "A, B et C", selon le ministère. Les perspectives ne "sont pas très bonnes mais elles sont incomparablement meilleures, si j'ose dire, cyniquement, par rapport aux pays voisins", avait aussitôt commenté le ministre, prenant l'exemple de l'Espagne. Le taux de chômage devrait dépasser 10% fin 2009, prévoient jusqu'alors l'Insee et l'OCDE. Les plans sociaux ont des effets à retardement sur les inscriptions au chômage en raison des délais pour que les suppressions d'emploi se concrétisent. Et il y a toujours un décalage de plusieurs trimestres entre la reprise durable de l'activité économique et le retour des créations d'emplois.
D'après agences
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