© AFPChatel : le G20 "a permis de tourner la page du XXe siècle" Les banques ont accepté que la moitié des bonus qu'elles accordent soient étalés sur trois ans. Mais point de limitation au programme de la prochaîne réunion du G20...
Plus d'infosDes bonus maousses mais des bonus étalés

Le porte-parole du gouvernement, évoquant un "réel succès", a analysé : "Le G20 a permis de tourner de la page du XXe siècle puisque les dirigeants du monde ont d'abord mis en place une nouvelle gouvernance mondiale. Il y a juste un an, c'est Nicolas Sarkozy qui, à Toulon, avait appelé de ses voeux la fin du G8 et la prise en compte de l'avis des pays émergents sur tous les grands sujets internationaux. Un an après, que de chemin parcouru ! Ce G20 va permettre une économie mieux régulée, les dirigeants du G20 ont bien pris en compte la crise et ses conséquences".
L'UMP : "100% de réussite"
Pour l'UMP, contrat rempli : le parti majoritaire a salué "avec enthousiasme les 100% de réussite au G20", selon le communiqué signé de Frédéric Lefebvre, qui a souligné le rôle de la France, "à l'initiative depuis le début de la crise. C'est la France qui a voulu la création du G20", la "suppression des paradis fiscaux et la fin du secret bancaire", la "coordination des plans de relance", "la régulation financière et l'encadrement des bonus". Elle "vient de montrer son influence sur la scène internationale. La présidence du G20 par la France en 2011 le souligne". Selon l'UMP, "en obtenant satisfaction sur tous ces points, en obtenant même le plafonnement global des bonus, la France a atteint l'ensemble de ses objectifs".
Le PS : des résultats "pas à la hauteur"
Le PS a jugé "décevants" et "pas à la hauteur" les résultats du G20 de Pittsburgh, et déposera à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à plafonner les bonus, pour que la France "donne l'exemple". Pour le Parti socialiste, "les quelques décisions issues de ce sommet ne permettront pas de réguler la sphère financière qui est à l'origine de la crise mondiale et de la mettre au service de l'économie réelle. La question de la régulation des mouvements de capitaux et de la taxation des transactions financières (taxe Tobin) ne fait l'objet d'aucun engagement clair. Aucune décision n'a été adoptée concernant la réglementation de la titrisation, les fonds spéculatifs, les fonds d'investissement ou les agences de notation. Aucune mesure mettant réellement fin aux paradis fiscaux, à la fraude et à l'évasion fiscale, à l'évasion réglementaire et au blanchiment d'argent n'a été prise. Seul un principe d'encadrement des bonus des traders a été acté, mais sans fixer de véritable limitation, et rien n'a été décidé concernant les rémunérations des hauts dirigeants".
Martine Aubry (PS) : "Il ne s'est rien passé"
Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, a jugé "très décevant" samedi à Wingles le sommet du G20 à Pittsburgh. "Ce G20 a été très décevant (...). Après tant de discours, après Londres, où chacun avait dit : quel beau succès, quel beau texte nous avons signé (...), il ne s'est rien passé. A Pittsburgh, encore des grands mots, mais rien sur la régulation financière, rien sur la taxation des capitaux financiers qui circulent dans le monde", a ajouté la maire de Lille, fustigeant le "mensonge" du président de la République sur l'instauration d'un système de bonus/malus pour les traders. "Les traders français reçoivent toujours plus, mais parfois quand ça va plus mal, on paiera leurs bonus un peu plus tard ou ils ne les toucheront peut-être pas en entier (...). Les Français ne comprennent pas qu'on n'ait pas interdit cela".
Michel Rocard (PS) : des avancées "réelles", mais "insuffisantes"
L'ancien Premier ministre socialiste a jugé "réelles et très insuffisantes" les mesures de régulation adoptées par le G20 de Pittsburgh. "Le G20 a parlé de la crise comme si celle-ci n'était que financière et bancaire", a déclaré Michel Rocard au Monde daté de dimanche-lundi. "Or j'ai la certitude que nous allons être confrontés à une quasi-stagnation pendant plus années". Pour lui, "l'indicateur de crise le plus respecté, c'est celui du marché du travail. Celui-ci continue d'être mauvais", car la crise financière a "frappé des économies déjà anémiées".
Nicolas Dupont Aignan (DLR) : "la montagne a accouché d'une souris"
Le président de Debout la République (DLR), Nicolas Dupont-Aignan, a jugé samedi "très décevants" les résultats du G20 de Pittsburgh. "Un an après le déclenchement de la crise et les multiples promesses qui s'en sont suivies, la montagne a accouché d'une souris", écrit-il dans un communiqué, en dénonçant les "fanfaronnades" de Nicolas Sarkozy. Selon lui, "ce G20 n'est finalement qu'un 'G rien' dont les Français d'ailleurs, dans leur immense majorité, ne sont pas dupes".
Jean-Pierre Brard (PCF) : des conclusions "tout à fait insuffisantes"
Le député PCF Jean-Pierre Brard a jugé samedi "tout à fait insuffisantes" les conclusions du G20 de Pittsburgh. "Malgré les gesticulations pseudo-volontaristes du président de la République, destinées seulement à masquer sa déférence à l'égard des banquiers, les conclusions du G20 sont tout à fait insuffisantes", écrit le secrétaire de la commission des finances à l'Assemblée nationale dans un communiqué. "Alors que seul 5% des paradis fiscaux ont signé des conventions, l'encadrement de la distribution des bonus aux traders, présenté comme une avancée importante, n'est qu'une diversion, l'arbre qui cache la forêt", poursuit-il. Selon Jean-Pierre Brard, "les spéculations boursières ont repris de plus belle sans que l'économie réelle ne soit suffisamment alimentée, favorisant encore la création de nouvelles bulles financières".
Attac : le système financier conforté dans "ses pires travers"
Le G20 a débouché à Pittsburgh sur "trois fois zéro et des gesticulations en vain", a estimé samedi l'association altermondialiste Attac, considérant qu'il "vient d'administrer la preuve de son obstination à conforter le système financier mondial dans ses pires travers". Attac a qualifié la décision sur les bonus "d'arbre qui cache la forêt" et déploré que le G20 et le FMI soient "les nouveaux directoires de l'économie mondiale" mais aussi que la libéralisation des marchés reste la seule solution défendue pour l'OMC.
D'après agence
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