© AFPLa sortie de crise est encore loin, mais le bout du tunnel est en vue : c'est en gros le message délivré jeudi par François Fillon. Après quatre trimestres de croissance négative, l'économie française est sortie de la récession au deuxième trimestre avec une progression du produit intérieur brut de 0,3% et le gouvernement table sur une stabilisation au 3e trimestre. Ce qui a permis au Premier ministre d'annoncer jeudi des prévisions de croissance améliorées pour 2009, avec -2,25% au lieu de -3%, ainsi que pour 2010 avec +0,75% au lieu de +0,5%.
Au même moment, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, était sur le plateau de LCI pour confirmer ce léger mieux tout en mettant en garde, comme le Premier ministre, contre le risque de l'excès d'optimisme alors que l'économie française reste en mauvaise posture.
"Saisir la croissance au bon moment"
"La crise n'est pas finie. La crise ne sera terminée que le jour où le chômage commencera à baisser. Mais nous avons un paysage qui évolue positivement. La reprise se dessine, elle est fragile mais je crois qu'elle est en germe", a déclaré le Premier ministre à Matignon lors de la remise du prix de l'audace créatrice. Et en annonçant les nouveaux chiffres de croissance, il a souligné : "Depuis deux ans, à chaque fois que nous avons révisé nos prévisions d'activité, c'était à la baisse. Cette fois-ci, on va les réviser à la hausse. Le mouvement qui s'amorce est encore bien modeste mais c'est un signal encourageant. Tout l'enjeu sera pour nous de saisir la croissance au bon moment et dans des conditions maximales".
Reste, comme l'a souligné le Premier ministre, que la crise ne sera finie que lorsque le chômage baissera. Or sur ce plan, les dernières prévisions de l'Organisation de coopération et de développement économique, dévoilées mercredi dans son rapport annuel Perspectives de l'emploi, sont plutôt sombres. Selon les projections de l'organisation, si "la plus grande part de la hausse attendue du chômage se sera déjà produite à la mi-2009 en Espagne, aux Etats-Unis, en Irlande et au Japon, elle restera à venir dans d'autres pays comme l'Allemagne, la France et l'Italie". La prévision établie en mars d'un taux de chômage moyen jamais vu dans les 30 pays de la zone, tutoyant les 10% fin 2010, est maintenue par l'OCDE malgré un espoir de reprise de l'activité à l'horizon, pointé dans le rapport.
En moins de trois ans, entre fin 2007 et fin 2010, le nombre de chômeurs aura progressé de plus de 25 millions dans la zone OCDE qui inclut 23 pays européens, ainsi que l'Australie, la Turquie, la Nouvelle-Zélande, le Canada, le Mexique, les Etats-Unis, le Japon et la Corée du sud. Cette hausse est, à elle seule, à peu près équivalente à celle constatée en dix ans lors des deux grands chocs pétroliers. "L'un des principaux risques", selon l'OCDE, étant "de voir une grande part de cette forte hausse du chômage prendre un caractère structurel" et se muer en "crise sociale à part entière", avec à la clé une santé dégradée, une baisse de niveau de vie, une augmentation de la délinquance et de la criminalité, et une diminution du potentiel de croissance. Un sombre tableau qu'a tenu à relativiser laurent Wauquiez : "Prévoir ce qui va nous arriver d'ici un an et demi, l'OCDE n'en est pas capable", a lancé le secrétaire d'Etat à l'Emploi sur RMC. "Mon travail, ce n'est pas de faire des prévisions, c'est, avec tous les outils de l'emploi, d'essayer de faire mieux que les prévisions".
D'après agence
| Les banques priées de mieux soutenir les PME |
"La tendance à la diminution des crédits de trésorerie doit être inversée (...). Il ne faut pas que les banques, après avoir pêché par excès d'optimisme, pêchent maintenant par excès de prudence", a souligné le Premier ministre en annonçant la révision à la hausse des prévisions de croissance. "J'ai demandé à la ministre de l'Economie d'être particulièrement vigilante sur une répercussion pleine et rapide pour les entreprises de la baisse des taux de la BCE". Réponse de Christine Lagarde, pratiquement au même moment sur LCI : les discussions avec les banques sont bien avancées. "Je leur ai écrit en leur demandant de me communiquer leur plan de route, de m'indiquer quelles actions précises elles entendent mener pour aller à la recherche des entreprises et des ménages qui ont besoin de financement". La ministre de l'Economie a ajouté avoir sommé les banques d'avoir une "appréciation équilibrée des risques, (de) ne pas se mettre en situation d'appréciation timide, de (ne pas) demander des garanties constamment supérieures à ce qu'elles demandaient il y a un an". |
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