© AFPElle a jusqu'à présent permis d'éviter l'effondrement des ventes de voitures, en dopant le marché, de pair avec le bonus-malus écologique. Mais elle était initialement prévue pour durer jusqu'à la fin décembre. Pouvait-on supprimer la prime à la casse ? Sans doute pas, et l'on savait déjà qu'elle serait maintenue après janvier. Mais elle ira en décroissant, annonce François Fillon dans une interview que publie ce week-end le Journal du Dimanche. "Nous poursuivrons la prime à la casse pour les automobiles, même si nous en réduisons progressivement le montant : elle passera de 1000 euros à 700 au 1er janvier puis 500 au 1er juillet", indique le Premier ministre. Dans les 380.000 dossiers de prime ont été déposés, selon les derniers chiffres officiels. Un succès qui se traduit déjà pour l'Etat par un coût de 380 millions d'euros, alors que l'enveloppe budgétaire prévue pour 2009 n'était de... 220 millions.
CO2 et automobile: la France sur le podium, merci la prime à la casse
La France est classée 2e dans le palmarès de l'Union européenne des voitures particulières les moins émettrices de CO2, derrière le Portugal, selon le classement publié mercredi par l'Ademe.
Publié le 08/06/2011
Autre annonce attendue faite dans cet entretien par le Premier ministre : il chiffre la hausse du forfait hospitalier. "Ce forfait aurait dû augmenter plus régulièrement en fonction du coût de la vie. Il passera de 16 à 18 euros", annonce-t-il. Et de justifier : "Il faut continuer les économies sur les dépenses de santé. Nous ne pouvons accepter que la santé des Français d'aujourd'hui soit financée par les Français de demain. Cette idée m'est insupportable. Nous prendrons donc des mesures d'économies proposées par l'assurance-maladie comme le déremboursement de médicaments non indispensables. Afin de ne pas augmenter les cotisations en 2010. J'en prends l'engagement". Selon les dernières prévisions, le déficit de l'assurance-maladie dépassera les 9 milliards d'euros en 2009.
La réduction des emplois publics continuera
Autant de mesures à inscrire dans un contexte de crise où les finances de l'Etat sont mises à rude épreuve. François Fillon revoit ainsi à la hausse le déficit public en 2009, qui atteindra 140 milliards d'euros, soit 8,2% du PIB, contre 7,5% prévu jusque-là. A contrario "2010 sera le budget de la reprise", affirme le Premier ministre, qui promet une tonalité "volontariste et verte" pour le budget de l'année prochaine. "Le budget de l'Etat n'augmentera pas en volume en 2010. Le déficit de l'Etat sera réduit de 140 milliards en 2009 à environ 115 milliards en 2010", assure encore François Fillon. "Nous poursuivons la réduction des emplois publics par le non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux, soit une baisse de 33.000 emplois".
François Fillon s'exprime aussi sur un autre sujet polémique : les "retraites-chapeaux" pour les hauts dirigeants d'entreprise. En complément de la retraite légale, les très hauts dirigeants de quelques grandes firmes (761, avait indiqué l'entourage de Xavier Darcos fin août) ont droit à cette retraite particulière s'ils achèvent leur carrière dans l'entreprise. Seul l'employeur (et pas le salarié) cotise pour eux à ce régime facultatif, régi par un article du Code de la Sécurité sociale (L 137-11) ajouté en 2003. Xavier Darcos avait déjà évoqué une hausse de la fiscalité sur ces "retraites-chapeaux". François Fillon la confirme, mais ne la chiffre pas. "Aucun revenu du travail, du capital ou de remplacement ne doit échapper à l'impôt, ni aux contributions sociales. Après l'augmentation de la fiscalité sur les stock-options, nous allons maintenant taxer plus fortement les retraites-chapeaux, dans un souci d'équité", explique-t-il. "Dans le même souci d'équité, les plus-values mobilières seront soumises à cotisations sociales dès le premier euro", ajoute-t-il.
Exit Gadonneix... mais qui le remplacera ?
Autre officialisation : François Fillon confirme que Pierre Gadonneix sera remplacé à la tête d'EDF, sans donner le nom de son successeur, alors que le patron de Veolia Environnement Henri Proglio est fortement pressenti pour le poste. "EDF doit avoir trois objectifs principaux : une plus grande efficacité de son dispositif nucléaire, améliorer son offre au consommateur et mettre en cohérence son dispositif international", affirme le Premier ministre. "Pour cette nouvelle étape, nous avons estimé nécessaire de renouveler le management de l'entreprise même si je tiens à rendre hommage à Pierre Gadonneix".
Prudence en revanche sur la question sensible du projet de fiscalisation des indemnités des accidentés du travail, décrié à gauche comme à droite : François Fillon assure qu'il en comprend "l'esprit", tout en rappelant qu'il n'émane pas du gouvernement et que "toutes les options" sont encore sur la table. "Cette mesure, qui ne figure pas dans le projet de budget, a été proposée par le président du groupe UMP, Jean-François Copé", fait-il valoir. Le Premier ministre effleure enfin le dossier Clearstream, dont le procès s'est ouvert lundi dernier devant le tribunal correctionnel de Paris, et qui a pris un tour politique depuis le "lapsus" du chef de l'Etat, qualifiant de "coupables" les cinq prévenus. "Dans cette affaire compliquée, souligne François Fillon, essayons de garder quelques idées claires. Il y a une victime principale, le président de la République. Et on ne doit pas transformer les victimes en coupables. Si ce qui est reproché se vérifie, cela signifie que des fautes graves ont été commises. Laissons les débats se dérouler dans le prétoire".
Avec agences
Retour MYTF1
CO2 et automobile: la France sur le podium, merci la prime à la casse
Chargement en cours...





