Depuis quelques mois, responsables politiques et décideurs s'efforcent de déceler dans les arcanes de la conjoncture les signes d'un mieux-être et prédisent une prochaine sortie de crise. Mais les effets de cette crise se font toujours sentir. Non seulement au niveau de l'activité économique, mais aussi en termes d'impact social. Et dans ce dernier domaine, notamment en matière d'emploi, le pire de la récession pourrait être devant nous. C'est le sombre pronostic fait par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), dans son rapport annuel Perspectives de l'emploi publié mercredi à Paris.
"Au moment de la rédaction de ces lignes, des indices de plus en plus nombreux venaient signifier que le pire était peut-être passé et qu'une reprise allait sans doute s'amorcer. Mais s'agissant de l'emploi, ces perspectives sont peu réjouissantes" et "quoi qu'il en soit le redressement de l'emploi sera beaucoup plus long que celui de la production", souligne John Martin, directeur de la Direction Emploi de l'OCDE, dans le préambule de ce rapport. Selon les projections de l'organisation, si "la plus grande part de la hausse attendue du chômage se sera déjà produite à la mi-2009 en Espagne, aux Etats-Unis, en Irlande et au Japon, elle restera à venir dans d'autres pays comme l'Allemagne, la France et l'Italie". La prévision établie en mars d'un taux de chômage moyen jamais vu dans les 30 pays de la zone, tutoyant les 10% fin 2010, est maintenue par l'OCDE malgré un espoir de reprise de l'activité à l'horizon, pointé dans le rapport.
Sombres perspectives pour les jeunes Français
En moins de trois ans, entre fin 2007 et fin 2010, le nombre de chômeurs aura progressé de plus de 25 millions dans la zone OCDE qui inclut 23 pays européens, ainsi que l'Australie, la Turquie, la Nouvelle-Zélande, le Canada, le Mexique, les Etats-Unis, le Japon et la Corée du sud. Cette hausse est, à elle seule, à peu près équivalente à celle constatée en dix ans lors des deux grands chocs pétroliers. "L'un des principaux risques", selon l'OCDE, "est de voir une grande part de cette forte hausse du chômage prendre un caractère structurel" et se muer en "crise sociale à part entière", avec à la clé une santé dégradée, une baisse de niveau de vie, une augmentation de la délinquance et de la criminalité, et une diminution du potentiel de croissance.
Le taux de chômage moyen de l'OCDE a déjà atteint son plus haut niveau depuis l'après-guerre en juin à 8,3%. L'OCDE s'attendait à une augmentation du nombre de chômeurs mais pas de cette ampleur (elle pronostiquait l'an dernier un taux de chômage de 6% en moyenne dans la zone en 2009). En particulier, l'Espagne et l'Irlande connaissent, après une décennie d'amélioration, une hausse brutale du chômage qui devrait grimper à respectivement 19,8% et 15,1% fin 2010, selon l'OCDE. Aux Etats-Unis, le taux de chômage, qui depuis 1990 oscillait entre 4 et 6%, devrait atteindre 10,1% en fin d'année prochaine. Il devrait atteindre 11,3% en France fin 2010, et 11,8% en Allemagne et 10,5% en Italie. S'agissant de la France, l'OCDE souligne que les perspectives d'emploi des jeunes sont "particulièrement préoccupantes" et suggère de "renforcer les incitations à recruter et former des jeunes sans qualification".
D'après agence








