© AFP / B. KilicDepuis le jet d'une chaussure contre George W. Bush par un journaliste irakien, en décembre 2008 à Bagdad, le geste a été popularisé et est devenu synonyme de dénonciation politique dans de nombreux pays de la région. Ce jeudi, c'est le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, présent à Istanbul pour assister aux réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale les 6 et 7 octobre, qui en a été victime de la part d'un étudiant alors qu'il intervenait sur le campus de l'Université Bilgi. La chaussure de sport n'a pas atteint le chef du FMI et l'auteur de l'incident, un jeune homme portant une barbe de plusieurs jours, a rapidement été maîtrisé par de nombreux agents de sécurité présents sur les lieux qui l'ont vite sorti de l'amphitéâtre de l'établissement après l'avoir neutralisé au sol.
L'incident s'est passé très vite : l'étudiant, qui était accompagné d'une dizaine d'autres camarades membres du Parti communiste turc (TKP), est descendu en courant des gradins en vociférant "FMI, va-t-en de la Turquie" en direction de Dominique Strauss-Kahn vers la fin de son intervention, lors d'une séance de questions-réponses. Il a ensuite lancé une chaussure de sport blanche qu'il avait dans la main en direction du chef du FMI, qui est resté calme et a tenté de garder le sourire sur la plateforme avec un micro dans la main.
"FMI voleur, AKP police"
Les membres du TKP qui acocmpagnaient l'étudiant ont tenté de déployer une banderole avant de crier des slogans dénonçant une collusion entre le FMI et le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), au pouvoir en Turquie. "FMI voleur, AKP complice", ont-il scandé avant d'être eux aussi conduits en dehors de la salle par les forces de l'ordre. Le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan négocie depuis l'an dernier un nouveau prêt du Fonds, qui devrait remplacer un précédent prêt accordé en 2005 par le FMI qui avait permis au pays d'éviter l'effondrement financier après une grave crise survenue en 2001.
Une porte-parole du FMI Caroline Atkinson a affirmé que le directeur général du Fonds avait ironisé sur l'incident, disant que "les étudiants ont été au moins assez polis pour attendre la fin de la discussion" pour élever cette protestation. Dominique Strauss-Kahn s'est en outre félicité d'avoir eu une "bonne conversation" avec les étudiants présents dans la salle, selon la porte-parole. Le jeune lanceur a été libéré dans l'après-midi, selon le journal pour lequel il était accrédité. Dominique Strauss-Kahn n'a pas déposé plainte.
Selon le recteur de l'Université privée Bilgi, Halil Güven, il s'agit d'une protestation "normale". S'exprimant sur la chaîne d'information NTV, il a indiqué que le jeune homme interpellé par la police n'était pas un étudiant de son établissement mais d'un établissement universitaire public.
D'après agence
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