TF1- Drapeau Europe et France © tf1Un rapport de la Cour des comptes remis au Sénat critique sévèrement les 175 millions d'euros dépensés par la France pour sa présidence de l'Union dans le second semestre 2008, l'une des plus coûteuses de l'histoire. Rapport qui fait en l'occurrence fulminer le député apparenté socialiste René Dosière qui dénonce des "dépenses incroyables, insupportables et inacceptables".
La Cour des comptes a présenté la semaine dernière son rapport que lui avait commandé la commission des Finances du Sénat. Et, selon le compte-rendu d'audition, la présidence française a coûté "environ 175 millions d'euros", dont "20 à 25 millions d'euros" de "dépenses externalisées". Il est précisé en outre que le sommet de Paris pour l'Union pour la Méditerranée (13 juillet 2008), "organisé dans l'extrême urgence ainsi que dans des conditions de rare complexité", avait coûté "environ 16,6 millions d'euros".
"Un repas qui coûte 5 smic par personne"
René Dosière, qui a consulté le rapport, s'est penché plus spécialement sur les dépenses engendrées par ce sommet, en insistant sur "un dîner des chefs d'Etat pour un coût de 1.010.256 euros, soit 5050 euros par personne", et "l'installation -pour 4 heures !- d'une douche à l'usage du président, pour un prix de 245.772 euros". "Alors que tous les Français doivent se serrer la ceinture, apprendre que le chef de l'Etat organise, avec l'argent des Français, un repas qui coûte 5 fois le Smic par personne, c'est inimaginable et intolérable", s'est indigné le député de l'Aisne. "Quand on prend connaissance de tels gaspillages, on se dit que le président de la République a perdu pied avec la réalité. Il doit arrêter de dépenser sans compter", a ajouté le député.
Autre personnage qui tire à boulet rouge sur le caractère somptuaire de ce budget : Philippe Seguin. Dans une lettre publiée par le site Mediapart envoyée par le président de la Cour des comptes le 9 octobre au Sénat, il remarque d'abord que les dépenses ont été très supérieures aux présidences françaises précédentes de 1995 (14,1 millions d'euros) et de 2000 (56,9 millions), et aussi à celles des autres présidences les plus récentes, qui se sont situées entre 70 et 80 millions d'euros, souligne la Cour. Philippe Séguin relève un "nombre considérable d'opérations financées sur ce programme", en dénombrant 489 en six mois dont neuf sommets, 227 réunions ministérielles ou de niveau ministériel, 328 séminaires ou symposiums. Le président de la Cour remarque aussi que c'est l'Elysée qui aura finalement mobilisé le plus de crédits pour ses réunions : 76 millions d'euros.
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