Les dirigeants du G20 Finances à Saint Andrews en Ecosse, le 7 novembre 2009 © ReutersSi la ministre de l'Economie française, Christine Lagarde, s'est félicitée samedi à l'issue du G20 Finances de Saint Andrews, en Ecosse, d'avoir obtenu des "clarifications" des Américains sur leur application des nouvelles règles sur les bonus, c'est peut-être bien le seul sujet de satisfaction. Les pays du G20 se sont montrés divisés sur la délicate question du financement de la lutte contre le changement climatique et sur la mise en oeuvre d'une taxe sur la finance, en dépit des encouragements de Londres.
Le communiqué final du G20
Les chefs d'Etat et de gouvernement du G20, réunis depuis la veille à Pittsburgh, ont achevé vendredi leurs discussions et ont publié un communiqué final dont voici le préambule traduit de l'anglais.
Publié le 25/09/2009
New York pour sauver Copenhague
Deux mois et demi avant la grande conférence prévue dans la capitale danoise, l'Onu tente d'aplanir les divergences sur la réduction des gaz à effet de serre.
Publié le 22/09/2009
Des happenings partout dans le monde avant Copenhague
Paris, Sydney, Berlin... Des milliers de manifestants se sont réunis samedi pour mobiliser sur le climat, à 5 semaines du sommet de Copenhague.
Publié le 24/10/2009
La Grande-Bretagne, hôte de cette réunion des grands argentiers du G20, avait pourtant solennellement appelé ces pays à s'attaquer de front au problème du changement climatique et à se montrer novateur dans la régulation financière, y compris par la fiscalité. Le Premier ministre britannique Gordon Brown est venu en personne à Saint Andrews pour appeler le G20, qui rassemble Etats riches et émergents, à envisager une taxe sur les transactions financières, entre autres mesures destinées à ramener la stabilité dans la planète finances. "Parmi les propositions figurent une prime d'assurance reflétant le risque systémique, la création d'un fonds, des dispositions sur le capital, ou une taxe sur les transactions financières internationales", a-t-il énuméré.
Pas d'avancée avant Copenhague
Mais les participants à ce G20 Finances semblent n'avoir guère partagé cet enthousiasme. Le sujet ne figure pas dans la déclaration finale et n'a même pas été abordé lors de la réunion, a assuré devant la presse le président de la banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet. Le secrétaire américain au Trésor, Tim Geithner, interrogé sur le sujet par la télévision britannique SkyNews, l'a tout simplement écarté en soulignant que cette taxe n'était nullement à l'ordre du jour. Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) qui doit réfléchir sur de telles mesures d'ici au mois d'avril, a souligné avec insistance que la mesure envisagée, qu'il appelle pour l'instant "taxe FMI", ne porterait pas sur les transactions financières, une solution impossible à mettre en oeuvre en pratique, selon lui. Il s'agirait plus d'une sorte d'assurance, à laquelle les banques qui prennent le plus de risques contribueraient davantage. Christine Lagarde a considéré pour sa part que l'idée à l'étude était "une très bonne chose", observant que "certaines idées doivent faire leur chemin".
Le gouvernement britannique, a également dû en rabattre sur ses ambitions concernant le climat. Les ministres se sont contentés d'évoquer la nécessité d'un accord ambitieux et de moyens financiers substantiels pour y parvenir, mais sans fournir aucun engagement chiffré en dépit des pressions britanniques. Le ministre des Finances Alistair Darling avait exhorté samedi matin ses collègues à trouver les bases d'un accord sur ce financement, alors que la plupart des pays rechignent à parler chiffres: "Si nous ne parvenons pas à nous entendre sur le financement de la lutte contre le changement climatique, ce sera beaucoup, beaucoup plus difficile d'obtenir un accord à Copenhague".
La communauté internationale est censée trouver en décembre à Copenhague un accord visant à lutter contre le réchauffement climatique pour remplacer le protocole de Kyoto, qui expire en 2012. Mais un mois avant ce grand rendez-vous, les négociations piétinent. Le chancelier britannique a également appelé ses collègues à ne pas ménager leurs efforts pour assurer les conditions d'une reprise durable. Faute de quoi, a-t-il lancé, nous ferons face à une "décennie d'austérité". Sur ce point, le G20 a confirmé, comme il le fait à chacune de ses réunions depuis un an, sa ligne de pas baisser la garde et de maintenir ses politiques de soutien tant que la reprise ne serait pas assurée.
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