Fronde anti-Sarkozy de la City: Barnier tempère, mais après ?

Par , le 03 décembre 2009 à 22h41 , mis à jour le 03 décembre 2009 à 23h12

Le futur commissaire européen et Christine Lagarde ont cherché jeudi à rassurer les Britanniques qui soupçonnent la France de vouloir contrer la prééminence de la City, avant une rencontre Brown-Sarkozy... annulée.

michel barnierArchives : Michel Barnier, le 25 mai 2009 © Reuters

Cette polémique "n'a pas de sens !". Le futur commissaire européen au Marché intérieur et aux Services Financiers -en charge de la régulation financière-, Michel Barnier, réagit à la nouvelle tension franco-britannique. La City n'a pas du tout apprécié les propos de Nicolas Sarkozy la semaine dernière se félicitant samedi du "triomphe des idées françaises de régulation" et s'inquiète maintenant de la nomination de Michel Barnier. "Je souhaite que tout le monde retrouve un peu le calme et la sérénité. Ce que je lis dans certains journaux britanniques n'a pas de sens. Je n'ai pas besoin qu'on m'explique l'importance de la City", affirme-t-il dans La Tribune (de vendredi). "Je partage l'avis du chancelier de l'Echiquier, Alistair Darling : une City forte c'est l'intérêt de l'ensemble de l'Europe. Ma feuille de route est très claire : elle repose sur les décisions du G20 auxquelles Londres a largement contribué", ajoute-t-il.

  • La fronde de la City contre Sarkozy

    Les banquiers britanniques dénoncent "les commentaires hostiles du président français" et attaquent l'impartialité de Michel Barnier.

    Publié le 02/12/2009 La fronde de la City contre Sarkozy
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Les Britanniques perçoivent M. Barnier comme le porte-drapeau d'une offensive française contre la prééminence de la City, plus grande place financière européenne, et en faveur d'une régulation stricte du secteur. Quant aux déclarations de Nicolas Sarkozy, Michel Barnier répond : "je n'ai pas envie de présenter les choses de cette manière-là". "Les idées françaises ont une valeur ajoutée. Mais il y a aussi l'expertise fondamentale du Royaume-Uni dans le domaine de l'intermédiation et dans d'autres secteurs financiers où la place de Londres est inégalée", dit-il. Se définissant comme "très pragmatique", le nouveau commissaire estime que "toute rivalité à l'intérieur de l'Europe nous (ndlr: l'Europe) affaiblit vis-à-vis de l'extérieur". Et pour ceux qui ne seraient toujours pas convaincus, Michel Barnier se dit "prêt à travailler avec un directeur général britannique" pour diriger ses services et assure avoir "confiance" en Jonathan Faull, qui va occuper ce poste.
 
Pour être rassurée par Sarkozy, Londres attendra
 
Vrai ou fausse excuse ? Censée apaiser la tension et rassurer Londres, une réunion envisagée vendredi à Londres entre le Premier ministre Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy a finalement été abandonnée jeudi soir pour raisons d'"emplois du temps", a indiqué jeudi Downing Street. "Il y a eu des discussions comme c'est toujours le cas sur la date possible de la prochaine rencontre bilatérale", a commenté jeudi le porte-parole de Gordon Brown, rappelant que les deux dirigeants s'étaient vus lors du récent sommet du Commonwealth à Trinidad-et-Tobago, fin novembre. "Evidemment c'est plus sensé, étant donnés leurs emplois du temps chargés, qu'ils se rencontrent lorsqu'ils seront ensemble à Bruxelles" pour le Conseil européen de la semaine prochaine, a-t-il ajouté.
 
Autre offensive pour rassurer : celle de Christine Lagarde. Interrogée sur la chaîne Sky News, la ministre de l'Economie a nié jeudi soir tout différend entre les leaders français et britannique. La ministre a souligné que les Français "respectaient et estimaient" la City, la place financière de Londres, mais a souligné que les règles qui régissent son activité, et notamment les bonus, devaient être renforcées. "Nous avons besoin de Londres, nous avons besoin de la City, mais nous avons besoin d'une City qui joue selon des règles différentes", a insisté Christine Lagarde. Priée d'expliquer les commentaires de Nicolas Sarkozy sur le fait que les Britanniques seraient "les grands perdants" de la nomination de Michel Barnier, la ministre a estimé que ces propos reflétaient simplement le plaisir du président de voir un Français nommé pour la première fois commissaire européen chargé du marché intérieur et des services financiers. Les arguments français suffiront-ils aux Britanniques ?

Par Diane Heurtaut le 03 décembre 2009 à 22:41
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1 Commentaires

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  • nicapae, le 04/12/2009 à 06h11

    Quand c etait peter mandelson , un neoliberal , commissaire au marché interieur les anglais etaient bien content , il a pu dereglementer a fond l europe , une europe dans laquelle l angleterre n est pas membre de l eurogroupe mais imposait pourtant ses vues ! fini la récré , la city doit se remettre en question et les anglais doivent cesser de tout miser sur leur finance

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