Nicolas Sarkozy au conseil national de l'UMP à Aubervilliers. © TF1/LCILa City riposte. L'association des banquiers britanniques n'a pas goûté les dernières déclarations du président français et tient à le faire savoir. La "BBA" a estimé mercredi que les propos du président français Nicolas Sarkozy, suivant la nomination de Michel Barnier à la Commission européenne, ébranlaient la confiance dans les nouvelles institutions européennes.
Fronde anti-Sarkozy de la City: Barnier tempère, mais après ?
Le futur commissaire européen et Christine Lagarde ont cherché jeudi à rassurer les Britanniques qui soupçonnent la France de vouloir contrer la prééminence de la City, avant une rencontre Brown-Sarkozy... annulée.
Publié le 03/12/2009
Ces propos soulèvent en outre des doutes sur l'impartialité de Michel Barnier, juge la même source. La BBA a placé mercredi après-midi en première page de son site internet un communiqué intitulé "Sarkozy a ébranlé l'Union européenne". "Les commentaires hostiles du président français Sarkozy ont abîmé la confiance du public dans les nouvelles institutions de l'UE et soulevé de nombreuses questions sur l'impartialité du Français nommé à la Commission européenne", selon ce texte.
Woerth répond
"Ses propos selon lesquels la nomination de Michel Barnier au portefeuille du Marché intérieur restreindrait un modèle financier anglo-saxon débridé sape le principe selon lequel les Commissaires sont au service de tous les pays membres et pas simplement de leur propre pays, et jette un doute sur les raisons pour lesquelles les Français ont soutenu leur candidat pour ce poste", écrit encore la BBA.
La France "ne va quand même pas s'excuser d'avoir un commissaire européen" aux services financiers, a déclaré mercredi sur Public Sénat le ministre du Budget Eric Woerth, défendant la nomination de Michel Barnier à ce poste. "Combien il y a eu d'Anglais auparavant, (...) dont la politique ne convenait pas tout à fait à la France ? La France n'a jamais rien dit", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas le Commissaire français, il va défendre l'Europe (...), il va travailler pour l'Europe", a-t-il assuré.
Sarkozy préfère voir "l'inquiétude" à Londres...
Nicolas Sarkozy, s'exprimant samedi devant les cadres de l'UMP à Aubervilliers, près de Paris, avait dit "sa satisfaction et sa joie" à la nomination de Michel Barnier."On va aller ensemble rassurer la City, mais je préfère que l'inquiétude soit de ce côté de la Manche que chez nous", avait-il poursuivi, ajoutant que, "franchement, après tout ce qui s'est passé avec la crise financière, c'est quand même très rassurant que ce soient les idées françaises de régulation qui triomphent en Europe".
"Londres, qu'on le veuille ou non, est la seule place qui rivalise véritablement avec New York", et "il est dans l'intérêt de toute l'Europe qu'elle puisse prospérer", a plaidé, dans ce qui ressemble à une réponse, le ministre britannique des Finances Alistair Darling, mercredi dans le Times. Il a prévenu Michel Barnier contre les dangers d'une régulation trop lourde, que les Britanniques accusent la France de vouloir mettre en place, au détriment de l'approche plus souple en vigueur dans le monde financier anglo-saxon
Les bonus font tiquer
Par ailleurs, Royal Bank of Scotland a averti qu'elle devrait face à des risques accrus et à des difficultés pour recruter et retenir ses salariés clés si le gouvernement britannique faisait du contrôle de ses bonus l'une des conditions à sa participation au plan public de garantie des prêts "toxiques". RBS, dont l'Etat devrait détenir 84% une fois mis en œuvre le nouveau plan d'aides publiques annoncé le mois dernier, a décrit cette intervention directe sans précédent des pouvoirs publics dans un document publié mercredi en prévision de l'assemblée générale qui doit se prononcer avant la fin du mois sur la participation de la banque au plan gouvernemental pour les prêts "toxiques" (Asset Protection Scheme APS). L'une des clauses donne au Trésor "le droit de donner son accord à la taille et à la forme du pool de bonus pour 2009", explique le groupe.
Le gouvernement anglais doit aussi faire face au mécontentement de la rue, qui voit d'un mauvais oeil le retour des bonus et des rémunérations importantes dans des banques sauvées de la faillite grâce à des dizaines de milliards de livres de capitaux publics. Mais la menace d'un veto gouvernemental sur les rémunérations serait un handicap supplémentaire pour la banque, notamment pour la restructuration de ses activités de banque d'investissement et de marchés de capitaux, ce qui inquiète les actionnaires institutionnels de RBS et a poussé la banque à mettre en garde le gouvernement.
Au plus fort de la crise, certains observateurs estimaient que l'industrie financière britannique pourrait perdre entre 10% et 30% de ses effectifs. Le principal syndicat de cette branche d'activité avertissait mercredi que le secteur devrait finalement réduire ses effectifs d'environ 10%, ce qui représente plus de 110.000 emplois.
| Il y aura un gendarme européen des finances |
Les ministres des Finances de l'UE se sont mis d'accord mercredi après de difficiles négociations pour mettre en place pour la première fois des autorités de supervision financières pan-européennes, afin de tirer les leçons de la récente crise mondiale. "Nous venons de finaliser un peu plus de cinq heures de discussions sur le projet de directive concernant la supervision européenne. C'est un aboutissement", a déclaré à des journalistes la ministre française des Finances Christine Lagarde à Bruxelles. "Aujourd'hui, on a un document qui est un document de compromis, mais qui nous permet d'avoir des autorités européennes de supervision", a-t-elle ajouté, estimant "qu'aujourd'hui l'Europe a fait un réel progrès en matière bancaire et financière"."Cela a été un processus laborieux parce que tout le monde n'était pas sur la même longueur d'onde", a-t-elle reconnu. Les Européens discutaient de ce sujet depuis des mois, mais sans parvenir à un accord du fait de l'opposition britannique. Notre correpondant sur place, Hughes Beaudouin, relativise : "il faut rester prudent, le parlement européen est vent debout contre cet accord a minima (gauche, droite, libéraux et verts) et comme il est colégislateur sur ce sujet, le dossier est loin d'être clos". |
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