© DRLa décision française a été annoncée lundi : Paris a accepté de remettre à la Suisse les données bancaires saisies sur l'ordinateur d'un ancien employé de la banque HSBC dans l'espoir de sauver un accord de coopération franco-suisse. Cette décision répondait à l'ultimatum de la Suisse, qui réclamait ces documents avant le 25 décembre, faute de quoi Berne refusait de ratifier cet accord de lutte contre la fraude fiscale qui doit entrer en vigueur le 1er janvier prochain. "Aujourd'hui, la décision a été prise de remettre les données le plus rapidement possible", a indiqué le ministère français de la Justice, où la ministre, Michèle Alliot-Marie, a vérifié "qu'il n'y avait pas d'obstacle à cette restitution". C'est le parquet général d'Aix-en-Provence, compétent territorialement pour l'enquête en cours sur ces données pour "blanchiment", qui doit procéder techniquement à cette remise.
Evadés fiscaux : les fichiers de HSBC ne peuvent pas servir
Les fichiers HSBC, une liste comprenant les noms de 3.000 évadés fiscaux présumés, ne peuvent être utilisés pour des perquisitions fiscales du fait de leur origine illicite, selon un arrêt de la Cour de cassation consulté mercredi.
Publié le 01/02/2012
Mais les autorités helvétiques restent sur leurs gardes. Une porte-parole du ministère suisse des Finances a "pris acte" de la décision française en parlant de "premier pas". Mais "la question essentielle est de savoir ce que la France va faire des données", a-t-elle ajouté en référence aux poursuites qui pourraient être engagées par Paris contre les contribuables français dont les noms figurent sur la liste. Sur ce point, c'est le ministre français du Budget, Eric Woerth, qui s'est chargé de répondre mardi, depuis Pékin où il est en déplacement avec François Fillon. Et il a affirmé que les procédures visant des Français figurant sur les fameux fichiers ne seraient en rien affectées.
"La procédure française va continuer"
"Oui, bien sûr, elles (les listes) seront transmises par la justice à la justice suisse, ce qui est bien naturel et bien normal", a-t-il déclaré à la presse. Mais, a-t-il ajouté, "la procédure judiciaire française va continuer et la procédure fiscale aussi évidemment". Or c'est précisément ce que la Suisse dénonce. Du coup, l'accord de coopération franco-suisse, qui prévoit notamment l'échange d'informations fiscales entre les deux pays, est loin d'être remis sur les rails.
Mais pour Eric Woerth, sur ce point, "il faut un peu de temps". Et de temporiser : "Je n'imagine pas un instant que les autorités suisses puissent longtemps suspendre leur ratification parce qu'ils ont pris cet engagement comme tous les autres pays ont pris cet engagement".
"Il faut faire la part des choses entre les péripéties et la réalité. La réalité c'est qu'on en train de lutter contre les paradis fiscaux, le secret bancaire, la capacité à aller cacher ici ou là telle ou telle somme au vu ou à la barbe des fiscs nationaux", a jugé le ministre du Budget, ajoutant : "Les Américains l'ont bien fait, les Allemands l'ont fait, les Italiens le font. Les Français le font avec la même fermeté".
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