Nicolas Sarkozy au Brésil, à l'invitation de Lula (à droite) pour parler climat (26/11/2009) © P. Whitaker / ReutersDavos, qui compte hors saison quelque 13.000 habitants, voit affluer depuis ce mercredi pour son annuel Forum économique mondial (WEF) environ 2.500 participants et leur cohorte de limousines, des centaines de journalistes et 5.000 soldats qui doivent assurer la sécurité du gotha de la finance et de la politique. Nicolas Sarkozy devenait mercredi le premier président français à s'exprimer devant une assemblée très "select", en prononçant le discours inaugural de cette manifestation qui rassemble chaque année le gratin politique et des affaires de la planète.
Le discours du chef de l'Etat devait porter essentiellement sur "l'après-crise" et la "régulation de la finance mondiale". Le président français qui a fait de la régulation financière son cheval de bataille, ne devrait pas manquer d'aborder le sujet dans son discours d'ouverture du quarantième Forum, où sont attendus du 27 au 31 janvier une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernements, banquiers, et les patrons des plus grands groupes mondiaux.
Banquiers inquiets
Fervent avocat d'un nouvel ordre économique mondial, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva devrait lui emboîter le pas. La question, à l'agenda des pays du G20 depuis avril, est devenue encore plus brûlante après l'annonce du président américain Barack Obama la semaine dernière de mesures visant à limiter la taille et les activités spéculatives des banques afin de mettre fin aux excès ayant mené à la crise.
Les banquiers, qui ont recommencé à distribuer d'énormes bonus quelques mois à peine après avoir été renfloué à coup de milliards par les gouvernements, craignent que ces mesures ambitieuses n'inspirent d'autres pays. Le Conseil de stabilité financière (CSF), chargé de réfléchir à la réforme du secteur, les a saluées tandis que Paris a d'ores et déjà fait savoir, par la voix de sa ministre de l'Economie Christine Lagarde, qu'elles correspondaient "tout à fait aux positions que la France a soutenues". L'Espagne qui assure la présidence tournante de l'Union européenne les a bien accueillies. Berlin a jugé ces propositions "utiles" tout en appelant à les "évaluer dans des discussions internationales". Quant au ministre britannique des Finances, Alistair Darling, il s'est montré plus sceptique, notamment sur leur faisabilité.
Lobbying intensif
Du côté du WEF, on reconnaît la nécessité de réformes du secteur. "Quelque chose ne va fondamentalement pas" dans le secteur financier, a estimé récemment le patron fondateur du Forum, Klaus Schwab. "Nous voulons confronter les dirigeants" à cette réalité, a-t-il assuré. Mais les banquiers, attendus nombreux cette année (Deutsche Bank, UBS, Credit suisse, Société générale, Morgan Stanley), sont bien décidés à ne pas tout accepter et préparent, selon les analystes, une grande opération de lobbying à Davos.
Le président Sarkozy aura aussi un entretien avec Doris Leuthard, présidente de la Confédération suisse. La reconstruction d'Haïti, trois semaines après le violent séisme qui l'a dévasté, la réforme du secteur financier et la crise sociale menaçante devraient également dominer les débats de ce 40e forum (27 au 31 janvier). Le prédécesseur de Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac, aurait dû être, en 2005, le premier chef d'Etat français à y être présent, mais il en avait été empêché au dernier moment par une tempête de neige qui l'avait contraint à s'exprimer par vidéoconférence.
Suivez en direct sur TF1 News, le discours inaugural de Nicolas Sarkozy à partir de 17 heures 45.
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