A Davos, Sarkozy fait la leçon aux banques

Par , le 26 janvier 2010 à 16h53 , mis à jour le 27 janvier 2010 à 17h57

Son discours qui ouvre le Forum économique mondial doit porter essentiellement sur "l'après-crise" et la "régulation de la finance mondiale". Inquiets, les banquiers préparent leur lobbying...

Nicolas Sarkozy au Brésil, à l'invitation de Lula (à droite) pour parler climat (26/11/2009)Nicolas Sarkozy au Brésil, à l'invitation de Lula (à droite) pour parler climat (26/11/2009) © P. Whitaker / Reuters

Davos, qui compte hors saison quelque 13.000 habitants, voit affluer depuis ce mercredi pour son annuel Forum économique mondial (WEF) environ 2.500 participants et leur cohorte de limousines, des centaines de journalistes et 5.000 soldats qui doivent assurer la sécurité du gotha de la finance et de la politique. Nicolas Sarkozy devenait mercredi le premier président français à s'exprimer devant une assemblée très "select", en prononçant le discours inaugural de cette manifestation qui rassemble chaque année le gratin politique et des affaires de la planète.
 
Le discours du chef de l'Etat devait porter essentiellement sur "l'après-crise" et la "régulation de la finance mondiale". Le président français qui a fait de la régulation financière son cheval de bataille, ne devrait pas manquer d'aborder le sujet dans son discours d'ouverture du quarantième Forum, où sont attendus du 27 au 31 janvier une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernements, banquiers, et les patrons des plus grands groupes mondiaux.
 
Banquiers inquiets
 
Fervent avocat d'un nouvel ordre économique mondial, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva devrait lui emboîter le pas.  La question, à l'agenda des pays du G20 depuis avril, est devenue encore plus brûlante après l'annonce du président américain Barack Obama la semaine dernière de mesures visant à limiter la taille et les activités spéculatives des banques afin de mettre fin aux excès ayant mené à la crise.
 
Les banquiers, qui ont recommencé à distribuer d'énormes bonus quelques mois à peine après avoir été renfloué à coup de milliards par les gouvernements, craignent que ces mesures ambitieuses n'inspirent d'autres pays. Le Conseil de stabilité financière (CSF), chargé de réfléchir à la réforme du secteur, les a saluées tandis que Paris a d'ores et déjà fait savoir, par la voix de sa ministre de l'Economie Christine Lagarde, qu'elles correspondaient "tout à fait aux positions que la France a soutenues".   L'Espagne qui assure la présidence tournante de l'Union européenne les a bien accueillies. Berlin a jugé ces propositions "utiles" tout en appelant à les "évaluer dans des discussions internationales". Quant au ministre britannique des Finances, Alistair Darling, il s'est montré plus sceptique, notamment sur leur faisabilité.
 
Lobbying intensif
 
Du côté du WEF, on reconnaît la nécessité de réformes du secteur. "Quelque chose ne va fondamentalement pas" dans le secteur financier, a estimé récemment le patron fondateur du Forum, Klaus Schwab. "Nous voulons confronter les dirigeants" à cette réalité, a-t-il assuré.   Mais les banquiers, attendus nombreux cette année (Deutsche Bank, UBS, Credit suisse, Société générale, Morgan Stanley), sont bien décidés à ne pas tout accepter et préparent, selon les analystes, une grande opération de lobbying à Davos.
 
Le président Sarkozy aura aussi un entretien avec Doris Leuthard, présidente de la Confédération suisse. La reconstruction d'Haïti, trois semaines après le violent séisme qui l'a dévasté, la réforme du secteur financier et la crise sociale menaçante devraient également dominer les débats de ce 40e forum (27 au 31 janvier). Le prédécesseur de Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac, aurait dû être, en 2005, le premier chef d'Etat français à y être présent, mais il en avait été empêché au dernier moment par une tempête de neige qui l'avait contraint à s'exprimer par vidéoconférence.

 

Suivez en direct sur TF1 News, le discours inaugural de Nicolas Sarkozy à partir de 17 heures 45.

Par Olivier Levard le 26 janvier 2010 à 16:53
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9 Commentaires

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  • alain-paris, le 27/01/2010 à 16h05

    Comme ils sont polis, ils éviteront d'éclater de rire !

  • nicapae, le 27/01/2010 à 15h59

    Le politique face a la finance mondiale , le combat est perdu d avance

  • lem122, le 27/01/2010 à 10h31

    Pour la solvabilité, c'est déja le cas avec les normes Bale 2 ; mais ce ne sont que des recommandations, charge à chaque état de les tranposer ou pas dans son propre droit. Actuellement une centaine de pays les applique, et en France le système bancaire est l'un des plus sécurisé et solvable. Pour ce qui est de la protection des clients , la directive MIF va déja très loin dans ce sens

  • bour01, le 27/01/2010 à 10h10

    Les banques elles sont les premières coupables quand on voit tous les bonus qu 'elles donnent et nous les petites entreprises plus de découvert c est honteux.

  • poelemaitre, le 27/01/2010 à 09h43

    Je pense qu'il est grand temps de dire aux banquiers qu'ils ont le droit de jouer sur des actions à risques mais sur leur comptes propres en ayant au préalable mis un fond de garantie réel et non spéculatif. Et il faut leurs interdire tout les autres actifs ( tel que fond de pensions). Elles jouent et si elles perdent c'est pour leur pomme , elles en assument elles seules les pertes et même si cela doit les amener à fermer. Les clients doivent être clairement informés des risques et signés pour accepter ces risques en toute connaissance de cause. L'état ne doit plus les banques qui spéculent à risque.

  • bibi32000, le 27/01/2010 à 09h07

    Je croyais aussi que M.Sarkozy était ultra-libéral!? Mais c'est vrai aussi qu'il a tendance à suivre les Etats Unis... De toute façon, il a déjà fait la leçon aux banques, mais que feront-elles?

  • lem122, le 27/01/2010 à 08h30

    " Je suis pour le communisme, je suis pour le socialisme; et pour le capitalisme, parce que je suis opportuniste.......... Il y en a qui conteste Qui revendique et qui proteste Moi je ne fais qu'un seul geste Je retourne ma veste, je retourne ma veste Toujours du bon côté Je n'ai pas peur des profiteurs Ni même des agitateurs Je fais confiance aux électeurs Et j'en profite pour faire mon beurre........... Je suis de tous les partis Je suis de toutes les patries Je suis de toutes les coteries Je suis le roi des convertis" : Jacques Dutronc.

  • blucchini, le 27/01/2010 à 07h34

    Les subventions vont tomber dans els caisses de l'UMP.... merci les lobbyes..

  • ysgawin, le 27/01/2010 à 06h56

    Sarko - Lula da Silva même combat ! Qui l'aurait cru il y a 2 ans ? En tout cas, ça risque de "décoiffer"... Mais si ces deux là arrivent à trouver un terrain d'entente, une idée commune quelque part dans le "no mans land" entre l'ultra-capitalisme et le socialisme rénové, ça peut être intéressant. On a le droit de rêver...

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