Eric Woerth (30 août 2009) © TF1/LCICombattre le déficit public, c'était le dernier combat de Philippe Séguin, décédé ce jeudi. Ce déficit explose mais sera un peu moins lourd que prévu en 2009 et "ne devrait pas dépasser 8%" du produit intérieur brut (PIB), alors qu'il était attendu à 8,2%, a annoncé jeudi le ministère du Budget confirmant une information parue sur le site internet de L'Express. "Il se peut que ce soit un tout petit peu mieux que ce qu'on avait initialement prévu", a aussi déclaré la ministre de l'Economie Christine Lagarde en marge d'un colloque à Paris.
Déficit : Sarkozy annonce une nouvelle réunion
Le président de la République a clos jeudi la première conférence sur le déficit. Les associations des départements et des régions pilotées par des élus PS n'y étaient pas.
Publié le 28/01/2010
Dans la loi de finances pour cette année, le gouvernement prévoyait un déficit public (Etat, comptes sociaux et collectivités locales) à 8,2% du PIB en 2009, un record appelé à être battu en 2010 avec 8,5%. La nouvelle prévision doit être intégrée au collectif budgétaire (version rectifiée du budget) qui sera présenté le 20 janvier en conseil des ministres et qui intègrera le grand emprunt.
Selon Eric Woerth, cité par lexpress.fr, cette nouvelle estimation est liée à des rentrées fiscales un peu meilleures que prévu, l'impôt sur les bénéfices des sociétés devant finalement rapporter en 2009 21 milliards d'euros au lieu des 19 escomptés. Le ministre du Budget avait déjà annoncé que les dépenses de l'Etat étaient, elles, inférieures de 2 milliards à l'objectif fixé par la loi de finances initiale pour 2009. Mais il avait affirmé que ces 2 milliards seraient affectés à un remboursement exceptionnel de la dette de l'Etat envers la sécurité sociale.
Explosion de crise
En France, comme dans la plupart des pays, le déficit a explosé sous le poids de la crise économique mondiale, qui a lourdement affecté les recettes fiscales. Le gouvernement a de son côté multiplié les dépenses nouvelles dans le cadre de son plan de relance de l'économie. En 2008, avant la crise, le déficit public n'atteignait "que" 3,4% du PIB. La récession passée, la Commission européenne a demandé à Paris de ramener son déficit public sous la limite autorisée de 3% dès 2013. Un délai initialement jugé peu réaliste par le gouvernement qui a néanmoins fini par l'accepter, à condition qu'une croissance forte soit au rendez-vous d'ici là.
Le président Nicolas Sarkozy a annoncé l'ouverture, d'ici la fin du mois, d'une conférence nationale censée formuler des "propositions pour sortir de la spirale des déficits et de l'endettement". Mais il a d'ores et déjà précisé que l'assainissement des finances publiques passerait par la réduction des dépenses et non par l'augmentation des impôts. Plusieurs économistes estiment toutefois incontournable, à terme, une hausse des prélèvements obligatoires.
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