Ministère de l'Economie et de Finances à BercyLa liste est modeste : une petite vingtaine de noms. Dix-huit, pour être précis, dont aucun Etat européen : le droit communautaire empêche en effet d'étiqueter "paradis fiscal" un Etat membre, ce qui exclut des pays comme le Luxembourg ou l'Irlande. Elle figure sur un arrêté signé la semaine dernière par Eric Woerth et Christine Lagarde et qui doit être publiée cette semaine au Journal Officiel, donnant ainsi le jour à la première édition de la "liste noire" des "Etats ou territoires non coopératifs" sur le plan fiscal. Le principe de cette liste figurait dans la loi de finances rectificative pour 2009 votée en fin d'année dernière, et sa naissance officielle était attendue le 1er janvier. C'est donc avec six semaines de retard qu'elle voit le jour.
Le Figaro s'est procuré l'ensemble des noms de cette "liste noire". Elle compte beaucoup d'Etats d'Amérique centrale, beaucoup d'îles antillaises ou d'Océanie. Dans l'ordre alphabétique, on trouve donc : Anguilla (Caraïbes), Belize (Amérique centrale), Brunei (Asie), Costa Rica (Amérique centrale), Dominique (Caraïbes), Grenade (Caraïbes), Guatemala (Amérique centrale), îles Cook (Océanie), îles Marshall (Océanie), Liberia (Afrique), Montserrat (Caraïbes), Nauru (Océanie), Niue (Océanie), Panama (Amérique centrale), Philippines (Asie), Saint-Kitts-et-Nevis (Caraïbes), Sainte-Lucie (Caraïbes), Saint-Vincent et les Grenadines (Caraïbes).
Avis aux entreprises
Avec la publication de cette liste, les entreprises implantées dans les pays concernés doivent s'attendre à de lourdes sanctions financières. A partir du 1er mars, les taux de retenue à la source sur les revenus passifs (dividendes, intérêts, redevances) versés par des entités françaises à des destinataires domiciliés dans ces territoires seront relevés de 15% à 50%.
La "liste noire" française vise à prolonger les travaux du G20 et de l'OCDE sur les paradis fiscaux. Les Etats visés se voient reprocher un manque de transparence en matière fiscale : ayant signé moins de 12 accords d'assistance administrative, ils sont tous inscrits sur la liste grise de l'OCDE (la liste noire, si elle existe toujours, ne comportant désormais plus aucun nom). Sont toutefois exclus de la liste des Etats qui, bien qu'épinglés par l'OCDE, ont signé un accord avec la France, ce qui est le cas de pays comme l'Andorre ou la Malaisie. Cette liste est valable jusqu'au 1er janvier 2011. A cette date, elle sera réévaluée en intégrant notamment les gestes qu'auront pu faire les Etats et territoires visés.
Pourquoi une liste aussi réduite et aussi tardive ? S'il faut en croire Les Echos, Eric Woerth, le ministre du Budget, en a volontairement retardé la publication de manière à laisser le temps aux Etats qui voudraient faire preuve de bonne volonté de se mettre en conformité. Voilà pourquoi des Etats comme le Chili, la Malaisie, Singapour, les Bahamas, l'Uruguay et le Vanuatu ne figurent pas sur la liste noire française. Le Sénat avait aussi, un temps, menacé d'y intégrer la Suisse, après que Berne eut suspendu fin 2009 le processus de ratification de son accord de double imposition avec la France.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




