Bruxelles veut faire redescendre la France sur Terre

Par , le 17 mars 2010 à 17h08 , mis à jour le 23 mars 2010 à 17h48

Dossier : UE

La Commission européenne, inquiète de l'ampleur des déficits dans toute l'UE, a envoyé un coup de semonce à plusieurs pays dont la France trop "optimiste".

Eric WoerthEric Woerth/Image d'archives © Abaca

Ça ressemble à un bon coup de règle sur les doigts. La Commission européenne, inquiète de l'ampleur des déficits dans toute l'UE, a envoyé un coup de semonce mercredi à plusieurs pays dont le Royaume-Uni, où ce rappel à l'ordre attendu provoque un tollé, et... la France. Bruxelles, qui fait office de gendarme budgétaire de l'Union européenne, a publié des évaluations portant sur la crédibilité des programmes de réduction des déficits de 14 pays: France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Pays-Bas, Suède, Finlande, Belgique, Autriche, Irlande, Bulgarie, Estonie et Slovaquie.
 
"D'une manière générale, pour la majorité des 14 programmes examinés, les hypothèses de croissance sous-tendant les projections budgétaires sont jugées plutôt optimistes", a conclu la Commission.  "En outre, dans plusieurs cas, la stratégie d'assainissement budgétaire proposée n'est pas suffisamment étayée par des mesures concrètes à compter de 2011", a-t-elle ajouté. Du fait de la crise, les trous budgétaires nationaux atteignent des proportions historiques: un déficit de 7,5% du Produit intérieur brut dans l'UE est prévu en moyenne cette année. Et Bruxelles redoute que les pays européens ne tiennent pas l'engagement qu'ils ont pris de s'attaquer sérieusement à sa réduction à partir de l'année prochaine. Dans les prévisions transmises à Bruxelles en début d'année, les Etats parient souvent sur un trop prompt rétablissement économique, juge la Commission.
 
Inconscience ou volontarisme ?
 
C'est le cas de la France, qui dans son programme table sur un fort rebond de la croissance, de 2,5% par an dès 2011, pour parvenir à réduire le déficit de 8,2% du PIB cette année à 3% en 2013, comme le lui demande Bruxelles. Ces hypothèses sont "très optimistes", juge l'exécutif européen qui ne semble pas y croire une seconde, et "la stratégie définie ne laisse aucune marge de sécurité si la situation économique évolue moins bien que prévu". Par ailleurs, "certaines mesures annoncées du côté des dépenses ne sont pas précisées", regrette-t-il. Le ministre français du Budget, Eric Woerth, a défendu mercredi l'hypothèse de croissance française, estimant qu'il s'agissait de "prévisions volontaristes" traduisant la sortie de crise attendue par le gouvernement.
 
Bruxelles adresse des reproches similaires, voire plus durs, à d'autres pays, comme le Royaume-Uni sèchement rappelé à l'ordre. La stratégie prévue par Londres "ne prévoit pas de corriger son déficit excessif (le ramener sous la limite de 3% du PIB autorisée, ndlr) d'ici à l'exercice 2014/2015", comme cela devrait être le cas, déplore Bruxelles. Par ailleurs, "l'absence de plafonds de dépenses détaillés par ministère représente une source d'incertitude majeure", ajoute la Commission. Elle invite le Royaume-Uni "à tout mettre en œuvre" pour "accélérer le rythme de son assainissement budgétaire". Le gouvernement britannique, qui se prépare à de difficiles élections législatives, a rejeté ces recommandations.

Le mot de DSK

Le directeur général du Fonds monétaire international a lui aussi mis la pression mercredi: "Notre conseil pour résoudre le problème de la dette publique auquel sont confrontés aujourd'hui la plupart des pays en Europe est de s'y atteler rapidement", a dit Dominique Strauss-Kahn.

 

Par Olivier Levard le 17 mars 2010 à 17:08
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31 Commentaires

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  • moosehead25, le 20/03/2010 à 10h29

    @Quincy: Ah oui, la Suisse aussi ! Ca me semble utile de le rapeller car ça change tout. Pour NY, révisez vos stats.

  • quincy08, le 19/03/2010 à 13h22

    @mossehead25: faux l'ISF n'existe pas seulement qu'en France et dans une moindre mesure en Espagne. L'ISF existe aussi en Suisse par exemple. Quand à Paris, ville la plus chère du monde, c'est seulement concernant les prix des biens et services. Au niveau du coût de la vie, Moscou est la plus chère, la 2ème position est pour NY. Vous êtes libre de partir mais rien ne vous dit que ce sera moins cher dans une autre capitale.

  • 566456, le 19/03/2010 à 12h37

    Oui car les "grands" payent déjà le prix fort depuis 30 ans !

  • cast12, le 19/03/2010 à 09h17

    Martine arrive !!!! attendez !!!

  • moosehead25, le 18/03/2010 à 17h25

    Rappel: l'ISF n'existe qu'en France (et dans une moindre mesure, en Espagne). Autre rappel: Paris, ville la plus chère du monde, France prélèvements obligatoires parmi les plus élévés au monde. Si j'étais riche et qu'on veuille me ponctionner encore plus qu'aujourd'hui, c'est très simple, je partirais.

  • yann-87, le 18/03/2010 à 14h28

    Mesurettes, réduction des fonctionnaires et taxes sur les plus faibles sont les seuls leviers que le gouvernement actionne pour maîtriser notre budget... J'oubliais un optimisme démesuré concernant une hypothétique croissance à venir, optimisme déjà démenti les 2 dernières années puisque madame Lagarde nous avait annoncé des taux de croissance complètement bidon! En attendant le bouclier fiscale qui ne profite qu'aux très riches, les exonérations de charges pour les très grandes entreprises... bref tout ce qui rapporterait beaucoup à l'État n'est pas mis en oeuvre. Que le gouvernement arrête de jouer le jeux du MEDEF et des entreprises du CAC40 pour s'inquiéter des français.

  • no2r, le 18/03/2010 à 02h36

    Et qui freinera l'arrogance de Bruxelle qui a bien contribué à mettre à mal nos finances en nous contraignant à financer sa politique effrénée d'intégration expansionniste, sans compter que ce machin coûte plus cher qu'il ne rapporte.

  • barrny, le 17/03/2010 à 21h52

    Fabrice: pourquoi voulez vous comparer le chomage en France et au Royaume Uni ? Dans les pays anglo saxons, il est plus facile de perdre son travail parce que la législation est souple, mais en cas de retournement de situation, l'inverse est vrai. Donc un pic maintenant se retournera dès que la situation globale s'améliorera alors qu'en france, la tendance est lourde et longue et il a fallu utiliser tous les artifices comptables pour faire baisser la valeur ces dernières années...

  • ceriums, le 17/03/2010 à 20h19

    Je suis entièrement d'accord. Au moins vous faites preuve d'honnêteté. Dernièrement à gauche, ils préfèrent accuser la droite, comme si avant Sarkozy, il n'y avait ni dette, ni chômage. Pourtant la dette n'a jamais cessé d'augmenter régulièrement depuis plus de 25 ans, et ceux sous les gouvernements de gauche comme de droite...

  • syberya, le 17/03/2010 à 20h19

    @belgradeparis-- Pour mémoire à l'époque 1929 c'est Gaston Doumergue qui était à la présidence et lors de son mandat d'investiture, il à clairement dit : " Je suis un républicain de gauche. Je ne fais appel qu'aux voix de gauche. J'entends gouverner à gauche avec une majorité de gauche. ", La crise la France ne l'a ressentie qu'en 1931.. et ses tristes soupes populaires...Cordialement syberya

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