© AFPLes Grecs sont K.O. La presse grecque relayait jeudi l'état de choc du pays après l'annonce la veille de mesures d'austérité draconiennes prises par le gouvernement pour sortir de la crise budgétaire sans précédent en économisant 4,8 milliards d'euros. "Choc! Une austérité ravageuse pour tous. Des mesures les plus douloureuses, antidote à la banqueroute", titrait sur toute sa Une le quotidien Ta Néa, proche du gouvernement socialiste. "Les mesures que le gouvernement a prises hier ont été reçues par la société grecque comme un électrochoc. Elles la bouleversent (...) mais elles les affrontent comme une thérapie nécessaire", estime le journal.
Bruxelles songe à se doter d'un FMI européen
La Commission européenne réfléchit à la création d'un fonds monétaire européen visant à aider les pays comme la Grèce confrontés à de graves crises financières. Une révolution.
Publié le 08/03/2010
Les Grecs vont en baver
Face à la crise financière que le pays traverse, le gouvernement grec a annoncé mercredi de nouvelles mesures d'austérité pour réduire son déficit budgétaire.
Publié le 03/03/2010
Pour Elefthérotypia (gauche indépendante) mercredi était "Un jour inoubliable! Une avalanche de mesures change notre vie". Le journal affirme dans son éditorial que "le gouvernement a annoncé hier les premières victimes de la guerre qu'il a déclaré contre la banqueroute. Ce ne sont pas ceux qui ont créé les conditions de la guerre, ce sont les travailleurs du secteur public auxquels on a coupé dramatiquement les salaires". "Des mesures sévères contre la faillite", relève le quotidien libéral Kathimérini dans son titre de Une. "C'est maintenant l'heure de l'Europe" et que "le test crucial sera le lancement d'une obligation d'Etat", souligne-t-il également. De son côté, le journal d'informations économiques et financières, Naftemporiki, qualifie les mesures d'économies de 4,8 milliards d'euros de "sans précédent". Le quotidien de la gauche radicale Avgi titre sur "la colère contre le vol", tandis que Rizospastis, l'organe du parti communiste grec (KKE -ultra-orthodoxe), appelle à "une grève générale" pour vendredi et annonce pour la soirée de jeudi "des rassemblements dans 62 villes contre les mesures incendiaires".
"On vous donne du fric, vous nous donnez Corfou"
Tous les moyens sont bons pour trouver de l'argent frais. La Grèce a lancé jeudi une émission obligataire sur dix ans visant à rapporter quelque 5 milliards d'euros, selon une source du ministère grec des Finances. A l'étranger des idées plus radicales émergent. Des députés allemands ont appelé la Grèce à vendre des îles pour aider à financer sa dette, rapporte jeudi le quotidien populaire allemand Bild qui résume l'idée en ces termes: "On vous donne du fric, vous nous donnez Corfou". "L'Etat grec doit renoncer à sa participation dans des sociétés, et vendre des propriétés foncières, comme par exemple des îles inhabitées", a affirmé au journal le député libéral Frank Schäffler, du parti FDP au pouvoir. Pour le député du parti CDU d'Angela Merkel, Marco Wanderwitz, "si l'Union européenne et donc l'Allemagne venait à aider financièrement la Grèce, il faudrait qu'elle consente des garanties en échange". "Quelques îles pourraient ainsi faire l'affaire", selon le député.
Selon le ministère du tourisme grec, la Grèce compte quelque 6.000 îles, pour la plupart inhabitées. Une entreprise privée basée à Hambourg (nord de l'Allemagne) cherche actuellement à vendre une île grecque inhabitée pour 45 millions d'euros, souligne Bild. En 1993, plusieurs députés allemands avaient déjà provoqué une vive querelle avec l'Espagne en suggérant que Berlin achète l'île de Majorque, haut-lieu de villégiature pour les touristes allemands. La chancelière Angela Merkel doit recevoir vendredi le Premier ministre grec Georges Papandréou.
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