Le Premier ministre a estimé que "la faible participation ne permet pas de tirer d'enseignement national de ce scrutin". Selon lui, rien n'est joué pour le second tour et les électeurs doivent à tout prix se mobiliser. © TF1/LCI
Taxe carbone: Borloo et Jouanno ne démissionneront pas
La secrétaire d'Etat et le ministre de l'Ecologie ont exclu mercredi de démissionner après l'annonce du report sine die de la mise en place d'une taxe carbone en France.
Publié le 24/03/2010
Jouanno "désespérée" de l'abandon de la taxe carbone
La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, s'est déclarée mardi "désespérée de ce recul" après que François Fillon eut annoncé que la taxe carbone ne pourrait être mise en place qu'au niveau européen.
Publié le 23/03/2010
"Il ne faut pas arrêter les réformes, car les Français ne nous le demandent pas", a par ailleurs affirmé le Premier ministre, selon ces témoins. "Priorité à la croissance, l'emploi, la compétitivité, la lutte contre les déficits", a-t-il dit, ajoutant qu'il fallait "terminer la réforme des collectivités et faire celle des retraites". Le chef de gouvernement s'exprimait deux jours après la sévère défaite de la majorité aux élections régionales, devant les députés UMP réunis salle Colbert d'abord à huis clos.
Ovations
C'était jour de rentrée mardi à l'Assemblée. Quand il est arrivé vers midi, François Fillon a été accueilli par une standing ovation, ont indiqué plusieurs témoins. Après son discours d'environ un quart d'heure, nouvelle ovation debout. "Je veux une confiance mutuelle", a-t-il lancé à son auditoire. Avant l'arrivée du Premier ministre, les députés UMP avaient exprimé toutes leurs colères et inquiétudes, dans ce que leur patron Jean-François Copé a qualifié de "réunion de vérité".
Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, a annoncé mardi à son tour que la taxe carbone ne serait pas mise en oeuvre en France le 1er juillet prochain. Prié de dire si les propos du Premier ministre François Fillon, qui a déclaré devant les députés UMP que cette taxe devait se faire au niveau européen pour ne pas "plomber la compétitivité" des entreprises françaises, signifiaient que ce mécanisme ne pourrait pas être appliqué à la date prévue, il a répondu: "Vous l'avez bien dit". "S'il n'y a pas d'accord européen avant le 1er juillet, ça se fera plus tard", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion.
Mise au point
Dans un deuxième temps, François Fillon a assuré dans un communiqué que son gouvernement est convaincu de la nécessité de sa mise en oeuvre de la taxe carbone, "qui constitue un engagement du Grenelle de l'environnement". Selon Matignon, le Premier ministre a dit qu'il souhaitait que "toutes les décisions prises en matière de développement durable soient analysées à l'aune de notre compétitivité". "Cela vaut pour la taxe carbone. Nous voulons que les décisions soient prises en commun avec les autres pays européens", a-t-il ajouté, selon ses services. "C'est pourquoi, le gouvernement va demander à la Commission européenne d'accélérer la mise au point d'une proposition en vue d'une harmonisation des dispositifs de fiscalité écologique dans l'Union européenne", conclut le communiqué de Matignon.
Dans un entretien au Figaro Magazine à la veille du premier tour des régionales, le président Nicolas Sarkozy avait laissé présager un changement de calendrier sur la taxe carbone dont la première mouture a été recalée par le Conseil constitutionnel. "Nous n'imposerons pas à nos industriels des contraintes si, dans le même temps, on autorise les importations venant de pays qui ne respectent aucune des règles environnementales à inonder nos marchés", avait dit le chef de l'Etat.
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