Grèce : l'Europe promet mais tarde à agir

Par , le 28 avril 2010 à 16h01 , mis à jour le 28 avril 2010 à 22h04

Alors que les négociations sur une aide européenne se poursuivent, Angela Merkel appelle à les "accélérer". Daniel Cohn-Bendit déplore une gestion "catastrophique".

Union européenne horloge drapeau Europe commission Bruxelles © DR

Le temps presse. Au lendemain d'un nouvel abaissement de la note de la dette souveraine grecque,  l'euro a touché mercredi un nouveau plus bas d'un an contre le dollar. Nerveuses, les Bourses européennes sont reparties vers le bas dans l'après-midi après que l'agence d'évaluation financière Standard and Poor's a abaissé d'un cran la note de l'Espagne de "AA+" à "AA", au lendemain de décisions similaires concernant la Grèce et le Portugal.  L'indice CAC 40  a cloturé en baisse de 1,5% à 3.787,00 points au lendemain d'une chute de 3,82%. Londres s'est retourné à la baisse (-0,3%). Francfort a perdu 1,22% et la Bourse de Madrid a plongé de 3,15%.

 
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Critiquée pour sa passivité, la chancelière allemande Angela Merkel a appelé en fin de journée  à "accélérer" les négociations en cours avec le gouvernement grec sur un redressement des finances publiques, afin d'activer le plus rapidement possible le plan d'aide au pays. Elles devraient aboutir dans les tout prochains jours "à un très bon résultat", à déclaré de son côté Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne. Le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, qui participait avec lui à une conférence de presse commune à Berlin avec le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, a précisé que le montant définitif du plan d'aide n'était pas encore déterminé. Il a ajouté mercredi que la confiance dans l'ensemble de la zone euro était en jeu. La Grèce aura besoin de 100 à 120 milliards d'euros d'aide d'ici fin 2012, ont déclaré mercredi des députés  allemands après une rencontre avec les deux hommes. Le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, a confirmé vouloir convoquer un sommet des chefs d'Etat ou de gouvernement de la zone euro, sans doute le 10 mai, pour approuver le versement à Athènes du montant du programme de prêts.
 
L'Union européenne et les Etats de la zone euro assumeront toutes leurs responsabilités vis-à-vis de la Grèce, a aussi promis mercredi François Fillon. Le chef du gouvernement français a ajouté qu'il fallait arrêter la "spéculation irrationnelle" dont est victime la Grèce, en assurant la mise en place immédiate du plan d'aide de 30 milliards d'euros prévu par les pays de la zone euro. François Fillon a déclaré à ce propos qu'il ne doutait pas que la chancelière allemande Angela Merkel adopterait la même position que la France. Il a assuré aussi que la France entendait être en pointe du "combat pour une réforme profonde du système monétaire", destinée à renforcer le contrôle des Etats sur les institutions financières. Mais il a déploré avoir "du mal à convaincre l'ensemble des pays qui ont une  responsabilité s'agissant de cette crise financière", citant notamment les  Etats-Unis "où les débats devant le Congrès ne vont pas dans le bon sens" et la Chine, où se trouve actuellement Nicolas Sarkozy. 
 
La charge de Cohn-Bendit
 
Pour Daniel Cohn-Bendit, l'Europe a jusqu'ici géré la crise grecque de manière "catastrophique" en tardant beaucoup trop à promettre son aide. Il juge désormais "inévitable" un rééchelonnement de la dette du pays. "Plus on attend, plus on perd de l'argent car nous sommes otages des marchés" financiers, a estimé mercredi le chef de file des Verts au Parlement européen. A ses yeux "tout le monde" est responsable parmi les dirigeants européens, mais la chancelière allemande Angela Merkel porte une responsabilité  particulière pour avoir traîné des pieds pendant des mois. "Merkel est à côté de la plaque", a-t-il dit. A ses yeux, "si la chancelière accepte aujourd'hui de venir en aide au pays, ce n'est pas en raison de la Grèce, c'est parce que les banques allemandes détentrices de titres obligataires grecs sont menacées".
 
La dette grecque atteint actuellement quelque 300 milliards d'euros. Dans l'immédiat, l'Europe doit donc "permettre à la Grèce de souffler" via des prêts, et ensuite l'aider "à mettre en place des réformes nécessaires qui auront besoin de temps". La priorité devra être, selon lui, "de réduire des deux-tiers le budget de la Défense grec, ainsi que la dépendance au pétrole du pays". Daniel Cohn-Bendit, ainsi que les socialistes au Parlement européen, jugent par ailleurs trop élevé le taux d'intérêt de 5% environ offert pour les prêts de la zone euro à la Grèce. L'Allemagne par exemple, qui elle peut emprunter à environ 3% sur dix ans, va pouvoir ainsi réaliser un gain financier important en prêtant ces fonds à la Grèce à 5%, font-ils valoir.

Par Olivier Levard le 28 avril 2010 à 16:01
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26 Commentaires

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  • nicolasleroidec, le 29/04/2010 à 08h01

    Surtout ne pas paniquer. Tout ceci est un coup des banques de Wall Street et des agences de notation américaines en quête d'argent facile. Bonne idée pour ces investisseurs privés, qui va se retourner contre les US dans leur ensemble au final. La Grèce ne pourra jamais payer les intérêts qu'on lui demande. Solution: interrompre le service de la dette (intérêts et capital) et utiliser l'argent disponible pour remettre de l'ordre dans le système économique, financier et social de la Grèce. Le remboursement des dettes se fera plus tard; les créanciers, mis devant le fait accompli, ne pourront qu'attendre (longtemps) un geste de bonne volonté du gouvernement grec. La baisse de l'euro? Une aubaine pour l'Europe. Tous les produits européens (cela inclus les olives grecques) retrouvent leur compétitivité. Lors de sa création, l'euro valait moins de 1 dollar US. A 1.3 US$, l'euro est toujours surévalué et doit donc perdre en valeur. Cela gonflera les exportations européennes (allemandes en particulier, ce qui explique le manque d'empressement de Merkel vis-à-vis d'un sauvetage de la Grèce) et favorisera la reprise des embauches. Tous les Européens seront gagnant, au détriment des Américains dont la compétitivité diminuera corrélativement. Alors, vive l'euro à la baisse!

  • arda, le 29/04/2010 à 04h50

    il n y a plus qu'a assumer les regle de l U.E. c est a dire etre solidair entre les pays qui en font partis. mais tout au contraire on voi l egoisme de ceux la.

  • nicapae, le 29/04/2010 à 02h55

    A un moment donné il va bien falloir poser la question de la stratégie allemande dans la zone euro , on sait pas ou ils nous emmenent mais on y va ..

  • 421123, le 29/04/2010 à 02h31

    Accorder un prêt à quelqu'un de surendetté n" a jamais réduit le dette!

  • panpan2727, le 29/04/2010 à 00h51

    N'oublions pas une chose ! Certes la Grèce a triché, mais cette dette a atteint, en quelques mois des proportions intolérables, à cause des envolées sur les taux, dues à la spéculation. Il faut garder à l'esprit que nous sommes en situation de guerre économique permanente et que déstabiliser la zone Euro, peut servir les intérêts de Pays ou zones économiques concurrentes.......C'est maintenant ou jamais que l'Europe doit être forte et solidaire. Bien sûr, on peut comprendre les réticences de l'Allemagne, Pays à la rigueur reconnue, mais tergiverser, c'est prendre le risque de mettre de l'huile sur le feu..............

  • al38240, le 28/04/2010 à 22h46

    Ce genre d'argument plein de dérision ne sert strictement à rien !!!

  • al38240, le 28/04/2010 à 22h44

    C'est certain si le gouvernement grecque s'avère incapable de redresser la barre économique !

  • paqueu, le 28/04/2010 à 22h17

    Il y a 3 ou 4 ans, Warren Buffett disait que nous allions être confrontés à 3 problèmes, la montée en puissance de la Chine, la hausse des matières premières et la désintégration de l'euro. Pour les 2 premiers c'est fait, j'ai l'impression que sa troisième prophétie est en bon chemin...

  • xav005, le 28/04/2010 à 22h12

    C'est clair que les allemands jouent la montre. Mais ça ne devrait étonné personne, tellement la raison est évidente. Un Euro faible leur permet d'accélérer leurs exportations. L'Allemagne est forte grace principalement à ses exports, c'est donc son interet à ce que l'euro soit faible (les pays acheteurs de produits allemands paient moins en terme de devise locale et les cahiers de charges des boites allemandes se portent bien, très bien même!). Les Allemands vont donc faire durer le suspens jusqu'au bout, afin que cette situation floue continue de paniquer les marchés et fasse vasciller l'euro un peu plus. Mais, rassurez vous, la fin du feuilleton, c'est qu'évidemment la Grèce aura son aide. Aide qui lui permettra de survivre les 18 prochains mois ... dans un an et demi, après avoir jouer avec la trésorie, le même problème de refinancement de milliards de dettes se représentera.

  • silver.swan, le 28/04/2010 à 21h36

    Entièrement d'accord, vu où cela nous mène.

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