© AFPLes géants du supermarché vont grincer des dents. Nicolas Sarkozy a apporté vendredi son soutien aux agriculteurs trois jours après une manifestation des céréaliers à Paris, en prenant leur défense face aux distributeurs agroalimentaires. "Les distributeurs devront signer avant l'été un accord de modération de marges sur la vente de fruits et légumes en magasin lorsque les prix des fruits et légumes payés aux producteurs sont en crise", a annoncé le président de la République dans un entretien à l'hebdomadaire la France Agricole. Il compte réunir le 17 mai à l'Elysée les distributeurs, les agriculteurs et l'industrie agroalimentaire à ce sujet.
Les agriculteurs à l'assaut des Champs-Elysées
Vingt ans après la "Grande Moisson" des Champs-Elysées, 600 agriculteurs investissent ce week-end la prestigieuse avenue parisienne pour une manifestation destinée à faire entendre la "voix de l'agriculture".
Publié le 22/05/2010
Ce que veulent les agriculteurs... et ce qu'on leur propose
Face aux cours qui s'effondrent et grèvent leurs revenus, les agriculteurs, céréaliers en tête, réclament des mesures d'urgence. Bruno Le Maire insiste sur la nécessité d'adapter l'agriculture française au nouveau monde agricole.
Publié le 27/04/2010
Plus d'une dizaine de milliers de céréaliers, juchés sur des tracteurs, avaient défilé mardi dans les rues de Paris pour dénoncer la baisse de leurs revenus et manifester leurs craintes sur l'avenir de la Politique agricole commune (PAC). Les prix des produits agricoles à la production en France ont d'ailleurs poursuivi leur recul en mars sur un an, avec une baisse particulièrement marquée pour les céréales, selon des chiffres publiés vendredi par l'Insee. Les prix à la production ont certes progressé de 0,6% sur un mois, mais ils ont continué à reculer sur un an (-1,7%). "Les prix des céréales ont continué de baisser en mars en raison d'une offre excédentaire", explique l'Insee. La baisse est de 11% sur un mois et de 2,4% sur un mois.
Nicolas Sarkozy a également annoncé l'autorisation à partir de l'été de l'utilisation de camions de plus forte capacité: 44 tonnes au lieu de 40 tonnes, pour le transport de marchandises dans l'agriculture et l'agro-alimentaire. La mesure aura "un double effet: réduire les émissions des gaz à effet de serre et apporter un gain de productivité de 11% sur le prix des matières premières agricoles", a-t-il expliqué, assurant que ce gain représenterait "80 millions d'euros par an pour ces filières".
Les syndicats applaudissent, pas les écolos
Ces annonces ont été saluées par le président de la FNSEA, principal syndical agricole français, Jean-Michel Lemétayer s'est félicité de la "détermination sur les questions agricoles" du chef de l'Etat., "Le rendez-vous avec les distributeurs correspond à un appel fort de la part de notre profession et à notre exigence de transparence sur les prix", a-t-il indiqué. "Quant au transport par 44 tonnes, c'était l'un des éléments fondamentaux pour la compétitivité du secteur: le président a compris l'importance qu'il y a à corriger des distorsions grandissantes au sein même de l'Union (européenne) agricole", a-t-il ajouté.
Les agriculteurs et l'industrie agroalimentaire réclament de pouvoir transporter les marchandises sur des 44 tonnes, comme c'est déjà le cas dans nombre d'autres pays européens, parmi lesquels certains autorisent même les 50 tonnes. Le poids maximal autorisé pour les camions est actuellement de 40 tonnes en France, mais plusieurs dérogations existaient déjà, notamment dans les opérations de transport combiné rail-route ou aux alentours de zones portuaires maritimes ou fluviales.
La Fédération nationale des transports routiers (FNTR) s'est également félicitée de l'annonce présidentielle. "Nous avons toujours été favorables à une généralisation progressive du 44 tonnes, filière par filière. Selon le Comité national routier, cela permet un gain de productivité de l'ordre de 9 à 11% pour les transporteurs", a indiqué Nicolas Paulissen, délégué général adjoint de la fédération. France Nature Environnement, qui fédère la plupart des associations françaises de protection de la nature, quant à elle, "déplore vivement ce cadeau supplémentaire aux transporteurs". "Quelle que soit la taille du camion, les émissions restent toujours 10 à 100 fois plus élevées par rapport au transport ferroviaire ou fluvial, alors que les produits céréaliers s'y prêtent bien", souligne Michel Dubromel, responsable transports de la fédération.
| La PAC, c'est 11 milliards d'euros en 2009 |
Les aides 2009 de la Politique agricole commune (PAC) sont allées à près de 500.000 bénéficiaires en France, pour un montant total de 11 milliards d'euros, a-t-on indiqué de source officielle vendredi à Paris. Conformément aux règlements communautaires, la liste de ces bénéficiaires - 488.141 exactement, en métropole et dans les départements d'outre-mer - a été mise en ligne par le ministère l'Agriculture (lien Internet : http://agriculture.gouv.fr/beneficiaires-pac) et sur le site de la Commission européenne. Cette liste, consultable via un moteur de recherche, présente l'ensemble des bénéficiaires (nom-prénom ou raison sociale, commune et code postal) de tous les dispositifs de la PAC. Derrière les bénéficiaires, il y a souvent des sociétés sur lesquelles travaillent plusieurs chefs d'exploitation et des salariés. 10,7% ont reçu plus de 50.000 euros, soit 40% des aides, alors que 32% des agriculteurs ont touché moins de 5.000 euros, soit 2,4% des aides. |
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