© LCILa "rigueur" prend lentement un visage. Après un premier tour de vis budgétaire qui a ranimé ce spectre qui inquiète les Français, Nicolas Sarkozy préside jeudi la deuxième manche de la conférence sur la réduction des déficits, sous la pression insistante de Bruxelles en pleine crise de la zone euro. Fin janvier, le chef de l'Etat avait conclu le premier "round" de la réunion en assumant, au nom de la relance de l'économie, le dérapage vertigineux des comptes publics de la France, mais en renvoyant à avril les "décisions extrêmement importantes" pour l'enrayer.
Taxer les hauts revenus pour les retraites : "chiche", dit Mailly
Alors que les partenaires sociaux doivent recevoir le document d'orientation détaillant les pistes envisagées par le gouvernement pour réformer les retraites, le secrétaire général de FO veut prendre Sarkozy au mot.
Publié le 16/05/2010
Sarkozy veut mettre la bonne gestion dans la constitution
Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi une réforme constitutionnelle pour "inscrire dans la durée" le redressement des finances publiques.
Publié le 20/05/2010
Du mieux dans l'économie ? Les Français pessimistes
77% des Français ne croient pas en une amélioration de la situation économique en France, selon un sondage.
Publié le 17/05/2010
Thibault/Woerth : friture sur la ligne des 60 ans
Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault est sorti très amer d'un entretien avec Eric Woerth. Selon lui, la future réforme marquera la fin de la retraite à 60 ans, ce que conteste le ministre du Travail.
Publié le 19/05/2010
Sarkozy a-t-il menacé de quitter l'euro ?
Pour faire pression sur l'Allemagne, réticente face au plan d'aide à la Grèce, le chef de l'Etat français aurait menacé de "réexaminer sa situation dans l'euro", selon des propos de Zapatero rapportés à El Pais. Madrid dément.
Publié le 14/05/2010
Entre-temps, la débâcle financière grecque et la panique conséquente sur les marchés financiers ont contraint le gouvernement à accélérer son calendrier. Avant le rendez-vous de jeudi à l'Elysée, François Fillon a donc annoncé il y a quinze jours un premier coup de ciseaux dans le train de vie de l'Etat, aussitôt dénoncé à gauche comme un "plan de rigueur". Le Premier ministre a décrété un "gel en valeur" des dépenses de l'Etat pour les trois ans à venir, au prix d'une baisse de son train de vie, d'une remise à plat de ses aides sociales et d'un rabotage des niches fiscales. Mais, de l'avis général, ces mesures seront insuffisantes pour permettre à la France de ramener, comme elle s'y est engagée, fin 2013 dans la limite européenne de 3% du produit intérieur brut (PIB) un déficit public qui a atteint 7,5% du PIB en 2009 et devrait passer à 8% en 2010. Elle n'a plus guère le choix : l'Allemagne, après avoir accepté de payer pour les pays de la zone euro en difficulté, entend en contrepartie imposer une discipline budgétaire renforcée.
100 milliards, rien que ça
La facture de ce retour à l'orthodoxie budgétaire est évaluée par le ministère de l'Economie à presque 100 milliards d'euros sur trois ans. La Commission européenne a jugé le scénario français exagérément optimiste et, plutôt que sur les 2,5% espérés par Paris, continue à tabler sur une croissance plus modeste de 1,5% en 2011. "Pour atteindre cet objectif, il faudrait de la croissance que nous n'avons pas", concède le président centriste de la commission des Finances du Sénat Jean Arthuis, "même si le rééquilibrage attendu de l'euro pourrait nous rapporter de l'ordre d'un demi-point".
Après les mesures annoncées pour l'Etat le 6 mai, le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a suggéré mercredi que la conférence de jeudi insisterait sur les contributions des secteurs de la santé et des collectivités locales à l'effort de réduction des déficits, ce que conclut un rapport remis jeudi à Nicolas Sarkozy. L'affaire ne s'engage pas pour le mieux. De nombreux sièges resteront vides, car, comme en janvier, les présidents PS des associations des départements et des régions ont annoncé qu'ils bouderaient la réunion, en répétant que l'Etat était le seul responsable de la hausse de leurs dépenses.
Incontournable bouclier fiscal
Même si Nicolas Sarkozy a encore écarté cette hypothèse la semaine dernière, la réunion de jeudi devrait raviver le débat sur la hausse des impôts et la modification du bouclier fiscal, mesure emblématique du quinquennat de Nicolas Sarkozy que nombre d'économistes et d'élus, y compris à droite, jugent incontournable pour réduire les déficits.
Le gouvernement lâche un peu de lest et le bouclier risque de subir des "entailles". "Quand on doit couper dans la dépense publique, il faut aller chercher dans tous les fonds de tiroirs, et partout", a expliqué Christine Lagarde sur RTL, tout en excluant une augmentation "massive" des impôts, qui "serait mauvaise pour la croissance", mais en concédant que de nouvelles taxes devraient être créées pour financer le système des retraites. "En matière de financement d'un certain nombre de dépenses légitimes, comme la réforme des retraites, on sait très bien qu'il va falloir prévoir une fiscalité, hors bouclier sans doute, en ce qui concerne à la fois les revenus du capital et les ménages à très hauts revenus", a-t-elle dit.
Mais les élus communistes et socialistes en veulent plus. Ils repartent jeudi au Parlement à l'assaut du bouclier. Après leurs collègues communistes au Sénat le matin, les élus PS défendront dans l'après-midi une proposition de loi "visant à abroger le bouclier fiscal", mécanisme qui plafonne l'impôt à 50% des revenus d'un contribuable (CSG et CRDS comprises), contre 60% avant 2007. Bien évidemment, c'est moins le résultat qui importe - les textes n'ont aucune chance d'être adoptés- que la tonalité des débats et surtout le contexte dans lequel ils interviennent.
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