A Bruxelles, Sarkozy déclare la guerre aux spéculateurs

Par TF1 News (d'après agences), le 08 mai 2010 à 08h16 , mis à jour le 08 mai 2010 à 14h52

Retrouvant les accents qui avaient contribué au succès de la présidence française de l'UE en 2008, Nicolas Sarkozy a assuré que les spéculateurs en seraient "pour leurs frais", grâce aux décisions prises par les Seize.

Nicolas Sarkozy à Bruxelles (8 mai 2010)Nicolas Sarkozy à Bruxelles (8 mai 2010) © TF1/LCI

"Lundi à l'ouverture des marchés, l'Europe sera prête à défendre l'euro". Contre qui ? Contre les spéculateurs, bien sûr. En s'exprimant devant les journalistes dans la nuit de vendredi à samedi, à l'issue du sommet des dirigeants européens à Bruxelles, Nicolas Sarkozy a retrouvé les accents qui avaient contribué au succès de la présidence française de l'Union européenne en 2008, dans la dénonciation des spéculateurs et la défense d'une gouvernance économique européenne. Pour lui, il faut faire vite car "cette crise est systémique, la réponse doit être systémique".

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Après huit heures de discussions bilatérales avec ses pairs des seize pays membres de la zone euro, le président français a estimé que celle-ci traversait la crise "sans doute la plus grave" de son existence. Mais il a assuré que les spéculateurs en seraient "pour leurs frais", grâce aux décisions prises par les Seize lors de ce sommet extraordinaire consacré à la crise grecque et à ses retombées. "Nous sommes décidés à tout mettre en oeuvre, toutes les institutions européennes et tous les Etats membres de la zone euro, pour assurer la stabilité et l'unité de la zone euro", a-t-il déclaré. "C'est donc une mobilisation absolument générale qui est décidée".

"L'heure de vérité pour la zone euro"

Il a souligné que la stabilisation de l'euro était dans l'intérêt de tous les pays, y compris hors de la zone euro. "Si nous ne stabilisons pas la situation, c'est l'ensemble des autres places financières dans le monde qui seraient aussi impactées", a-t-il expliqué. Et il a assuré que les pays de la zone euro étaient décidés à combattre "sans merci" la spéculation, notamment par le biais d'un mécanisme européen d'intervention, dont il n'a cependant pas voulu révéler les modalités. "Je ne peux pas rentrer dans le détail car je n'ai pas l'intention de dévoiler l'ensemble de notre plan afin que celui-ci soit le plus efficace possible", a-t-il dit. Il s'est borné à expliquer que si les Seize activaient pour la Grèce des mécanismes bilatéraux, ils en étaient maintenant à des mécanismes communautaires pour défendre toute la zone euro.

"Aujourd'hui, c'était l'heure de vérité pour la zone euro : soit nous laissions les marchés décider de l'avenir de l'euro à notre place, soit nous étions capables de prendre les mesures nécessaires pour faire échec à la spéculation et pour sortir de cette crise plus forts et plus unis", a-t-il expliqué. "Nous ne pouvons pas laisser aller l'euro au gré de la spéculation et des intérêts de quelques spéculateurs. L'euro c'est l'Europe, l'Europe c'est la paix sur ce continent. Nous ne pouvons pas laisser défaire ce que les générations précédentes ont construit. C'est ça qui est en cause", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy, qui avait proposé en vain pendant la présidence française de l'UE de réunir régulièrement les Seize au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement, est revenu à la charge en proposant de renforcer la direction de l'Eurogroupe. Il a dit que les pays de la zone euro allaient travailler au niveau national et international à "une contribution significative du secteur financier au coût des crises". Enfin, il a balayé des informations qui circulaient vendredi soir dans les couloirs du Conseil européen sur une prise de bec avec la chancelière allemande Angela Merkel. "Nous avons tout fait, Mme Merkel et moi, pour que l'axe franco-allemand soit un axe indestructible", a-t-il assuré. "Je me suis donné beaucoup de mal pour qu'on rassemble tout le monde. Vous ne croyez pas que je vais dire un mot pour créer de la division en Europe alors qu'on a besoin d'unité".

 

Crise financière: Sarkozy renonce à un voyage en Russie

Le président français Nicolas Sarkozy n'assistera pas comme prévu aux cérémonies organisées à Moscou dimanche pour le 65e anniversaire de la victoire des alliés en 1945, en raison de la "crise financière" en zone euro, a indiqué samedi l'ambassade de France à Moscou.
"Compte tenu de la crise financière que traverse la zone euro, le président
de la République doit rester dimanche sur le territoire français pour notamment
s'entretenir avec différents interlocuteurs", a déclaré le porte-parole de
l'Ambassade, Thomas Buffin, dans un communiqué. "Le chef de l'Etat ne se rendra donc pas à Moscou pour le 65e anniversaire de la victoire de 1945", a-t-il ajouté. La France sera représentée aux cérémonies par son ambassadeur à Moscou, Jean De Gliniasty, a-t-il précisé.

Par TF1 News (d'après agences) le 08 mai 2010 à 08:16
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77 Commentaires

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  • leduofusionne, le 10/05/2010 à 06h33

    Je fais partie de ce qu'on appelle "les spéculateurs" et je voudrais témoigner à ce titre: la seule et unique façon d'endiguer le problème est d'interdire la revente d'actions avant un terme (qui reste à definir). Ainsi le bénéfice immédiat serait oublié et remplacé par un bénéfice à long terme. (mais bénéfice quand même) Si cette mesure n'est pas votée c'est que les politiques sont vraiment des nains.

  • fabrice93300, le 09/05/2010 à 20h56

    Moi aussi je fais partie des 30% et en 2012 je voterai à nouveau Sarkozy; de toute façon il faut être un mouton de panurge pour écouter et répèter les critiques absurdes des socialistes

  • inspatatrac, le 09/05/2010 à 18h48

    @suisperdu. Donc vous traitez Merkel et tous les autres chefs d etats de l Euro de speculateurs. En fait d apres vous la principale motivation de l aide a la Grece tient au fait que les differents dirigeants pensent faire une bonne affaire....ca tient a peu de chose alors la politique...On en apprend tous les jours! Merci pour avoir eclaire ma lenterne....

  • inspatatrac, le 09/05/2010 à 17h39

    Faites votre revolution pendant que l on vous plume...continuez avec vos histoires....

  • syberya, le 09/05/2010 à 17h09

    Dommage qu'ils soient déchus, et nous déçus....

  • gitanlebo, le 09/05/2010 à 15h33

    Bientôt la révolution française, trop de nouveaux rois dans notre pays ...

  • syberya, le 09/05/2010 à 13h13

    @mcg35--Au détail près que c'est Mr Shuman ministre des affaires étrangères français qui en est à l'origine et qu'elle (CECA ) regroupait six Pays : France, la RFA, l'Italie, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. Cordialement syberya

  • nanardesbordes, le 09/05/2010 à 13h02

    Moi quand je vote pour un président (ou un gouvernement) j'aime que ce soit lui qui dirige et non ceux qui ont voté contre (fla/Wal). La Spéculation consiste à faire des combinaisons abstraites financières ou commerciales plus ou moins justifiées, et ne reflète jamais l'état réel de la chose avec lequel il joue . Moi mes assureurs me GARANTISSENT la sécurité d'une réparation financière sur une chose ou une action en cas d'accident. Leurs métiers sont très différents. Quand à la grève , la seule que j'ai SUBI par force c'était en 1968 , mon entreprise a du fermer du 20mai au 30 juillet 68 et ce n'est pas les quelques francs d'augmentation décidés aux accords de Grenelle qui m'ont remboursé mes 2 mois de salaires perdus (le chomage partiel 300 frs pour un mois au lieu de 180.000frs. Mais bon, un pour tous tous pour un.

  • miloubruxelles, le 09/05/2010 à 10h57

    Quand je me met en grève , je spécule que le salaire que je vais perdre va être compenser par les concessions que je vais obtenir . Quand je prend une assurance , je spécule que je peux avoir un sinistre etc ... Supprimer la spéculation est donc une illusion . Mais Sarko est meilleur en paroles qu'en économie , il a ça en commun avec beaucoup de Français ? Par contre mieux contrôler ce que font les traders dans les salles de marché (avec l'argent des autres ) est certainement nécessaire .

  • l5e6o, le 09/05/2010 à 10h41

    La mauvaise foi dans ce pays est effarante, 30 % !

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