DSK ne veut pas tout sacrifier à la réduction des déficits

Par TF1 News (D'après agence), le 21 mai 2010 à 06h56 , mis à jour le 21 mai 2010 à 10h24

Interrogé sur France 2 à propos des inquiétudes entourant la zone euro, le patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a reconnu le risque qu'elle "tourne mal". Avant de pointer les dangers d'une réduction trop brutale des déficits.

dominique strauss-kahn fmiLe président du FMI, Dominique Strauss-Kahn, le 9 octobre 2008 © France 2

 
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"Je ne crois pas que la zone euro soit en risque d'exploser. En revanche, je pense que le risque c'est qu'elle tourne mal, qu'elle fonctionne mal". Depuis le siège du Fonds monétaire international à Washington, Dominique Strauss-Kahn a répondu aux questions de France 2 sur la tourmente financière qui agite l'Europe, et inquiète jusqu'aux Etats-Unis - à tel point que le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, doit se rendre la semaine prochaine au Royaume-Uni et en Allemagne. L'interview, enregistrée mercredi, a été diffusée jeudi lors de l'émission A vous de juger.

"Je ne suis pas rassuré parce que les causes de fond, notamment la croissance, ne se résolvent pas en claquant des doigts", a souligné le directeur-général du FMI, ajoutant néanmoins que des solutions existaient. "Mais ces solutions, il ne suffit pas de les invoquer ou de les évoquer à l'occasion de conférences de presse, il faut prendre des décisions et les prendre à temps", a encore déclaré Dominique Strauss-Kahn.

La solution c'est : plus d'Europe

Le directeur-général du FMI a évoqué la "crise de confiance du politique" qui touche selon lui actuellement l'Europe, appelant les Européens à l'action. "Tout tire à hue et à dia. Le monde entier regarde ça (...) et perd confiance dans l'Europe", a-t-il souligné. Interrogé sur la spéculation qui a fait l'objet de nombreuses critiques de la part des dirigeants européens, qui les ont comparés à des "bandes de loups", le directeur-général du FMI a reconnu qu'il fallait lutter contre les spéculateurs sans "aucune pitié". Mais, a-t-il ajouté, il faut aussi lutter contre les causes de la spéculation, et "la meilleure manière de lutter contre les spéculateurs, c'est de faire en sorte qu'ils se trompent".

Revenant sur l'euro, qui a fortement chuté ces derniers mois, le patron du FMI a reconnu que la monnaie européenne n'était "pas terminée", appelant à une meilleure coordination des Européens. "On ne peut pas partager une monnaie et ne pas partager d'autres décisions", a-t-il expliqué. Les Européens sont au "milieu de la rivière, s'ils reviennent sur la rive initiale, ils perdent l'euro", a-t-il averti. Il faut aller plus loin ; et selon lui, la solution c'est : plus d'Europe. "Pourquoi il y a des attaques contre l'euro ? Parce que l'Europe est structurellement à la traîne", a-t-il expliqué.

Interrogé sur les risques que font peser sur la croissance les plans d'austérité en oeuvre ou envisagés en Europe, le directeur-général du FMI a reconnu ce risque. Mais pour l'éviter, il a conseillé aux grands pays européens de ne pas ralentir trop vite, de ne pas mettre en oeuvre des plans d'austérité sur des périodes trop courtes. "Si tout le monde se met à dire on va se serrer la ceinture, alors là, vous avez raison, on va casser la croissance dans la zone euro", a-t-il averti. La Grèce ne représente que 2 à 3% du produit intérieur brut de la zone euro et donc, "ce n'est pas parce que la Grèce ralentit, que ça ralentit la zone euro". Dominique Strauss-Kahn a de ce point de vue averti sur les dangers de vouloir réduire trop vite les déficits. "Il n'est pas écrit dans le marbre qu'il faille absolument qu'en 2012 ou en 2013 on soit revenu à 3%" de déficit public par rapport au PIB, un des critères inclus dans les traités européens, a-t-il expliqué. "Ce qui est très important pour rendre la confiance c'est de montrer qu'on a un plan et qu'à l'arrivée les choses seront rétablies", a-t-il ajouté. Il faut réduire les déficits, mais, a-t-il souligné, "il ne faut pas le faire à marche forcée".

Par TF1 News (D'après agence) le 21 mai 2010 à 06:56
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16 Commentaires

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  • ras-le-bol31, le 21/05/2010 à 18h05

    Ce serait pas dérangeant de voter pour DSK - Très proche de Nicolas Sarkozy à tous points de vue - Quelques uns diraient : c'est le bling bling de gauche.

  • 421123, le 21/05/2010 à 14h06

    L e but n'est pas de plaire aux "Camarades", mais d'agir dans l'intérêt du pays, qui est également celui des "TRAVAILLEURS".

  • 421123, le 21/05/2010 à 14h04

    L e travail c'est la santé, le chômage m'a bousillé.

  • xxl.44., le 21/05/2010 à 13h04

    Pour l'instant il est bien au FMI et ayant pas les même idées qui ses collègues (Mme Aubry,MrBartelone,son collègue MrFabius,Mr Hollande MrHamon etc) l'on verras .bien au moment de la parution des listes des futurs candidats car comme beaucoup le pense il y aura du monde pour le de cette election qui est

  • beaurains62, le 21/05/2010 à 12h55

    A vous croyez !!!!! Il est comme les autres !!!!! double language!!!

  • cesco75, le 21/05/2010 à 12h42

    Plus d'Europe, il a tout résumé DSK. Mais alors que fait l'internationale socialiste ? Complètement inaudible depuis le début de la crise ...

  • philippe_94, le 21/05/2010 à 12h38

    Quoi qu'il arrive, quel que soient les problèmes rencontrés à cause de l'europe, la réponse qui fuse c'est "encore plus d'europe" ! C'est affligeant. C'est un peu comme un type qui bosse 100h par semaine. Il est exténué, il va chez son médecin qui lui répond "pour vous remettre en forme, il faut travailler encore plus"

  • humanoide56, le 21/05/2010 à 11h44

    C'est clair, il ne rentre pas dans le vif du sujet, faut pas accentuer la crise par des effets de spéculations, c'est l'institution CEE qui est en panne d'idée, parce qu'elle est trop axée "libéralisme mondiale" , ce n'est pas sa fonction principale !

  • monacfrance, le 21/05/2010 à 10h58

    Idem. J'ai trouvé sa prestation très bonne, claire, nette avec même un trait d'humour : quand vous avez du cholestérol on vous dit : "arrêtez la GRECE ...." Blague à part je ne pense pas qu'il l'ait voulu .....

  • monacfrance, le 21/05/2010 à 10h18

    Oui tout à fait ..... bien que je ne sois pas du tout du même bord, on ne peut que féliciter la prestation de DSK hier soir. Des propos clairs, nets, précis. Le téléspectateur lambda a pu comprendre quel était le rôle du FMI, la situation de la Grèce, bref je trouve qu'il a été très bon. Il a employé beaucoup de métaphores (ce que j'aime bien) et il a fait un trait d'humour sans le vouloir en disant que poue une maladie de foie le médecin demandait d'arrêter de boire et pour le cholestérol d'arrêter la GRECE ......

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