La Grèce paralysée, le Portugal bientôt "dégradé"

Par TF1 News d'après agences, le 05 mai 2010 à 08h00 , mis à jour le 05 mai 2010 à 18h29

La grève générale contre les mesures d'austérité paralyse la Grèce. Moody's a annoncé qu'elle envisageait d'abaisser la note souveraine du Portugal "dans les trois mois"

Manifestation à Athènes le 5 mai 2010Manifestation à Athènes le 5 mai 2010 © DR

Au moins 20.000 personnes étaient rassemblées mercredi à la mi-journée dans le centre d'Athènes  pour protester contre les nouvelles mesures d'austérité négociées par le gouvernement avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international.  En début d'après-midi, des incidents violents entre jeunes et forces de l'ordre ont été signalés, ils ont fait plusieurs morts (Voir notre article).

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Plus d'infos

Une grève générale paralyse le pays. Tous les avions sont cloués au sol, le service minimum est assuré dans les hôpitaux, les transports publics ne fonctionnent pas et certaines boutiques ont fermé leurs rideaux. Parmi les mesures annoncées figurent une hausse de la TVA, qui passera de 21 à 23%, une augmentation de 10% des taxes sur les carburants, l'alcool et le tabac, et un gel des salaires et retraites du secteur public. "Ces mesures sont injustes, elles pèsent uniquement sur les personnes pauvres et vulnérables", a dénoncé, le secrétaire général d'Adedy, syndicat de la fonction publique. "Nous continuerons à manifester et nous invitons les salariés à nous soutenir", poursuit-il.

L'agence de notation Moody's a annoncé mercredi qu'elle envisageait d'abaisser la note souveraine du Portugal "dans les trois mois" en raison de la "récente détérioration des finances publiques et des faibles perspective de croissance à long terme" du pays, ce qui a jeté un nouveau coup de froid sur les Bourses européennes.  La Bourse d'Athènes perd de nouveau 5,40 % mercredi en milieu d'après-midi.

"Un objectif: sauver la Grèce"

Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI),  affirme dans une interview au Parisien ce mercredi qu'il "comprend tout à fait la colère de la population grecque et son incompréhension devant l'ampleur de la catastrophe économique".  "Je mesure les sacrifices qui sont nécessaires", poursuit-il, ajoutant que l'Europe et le FMI sont là "pour les aider" et que "s'ils ne le faisaient pas, la situation serait infiniment plus dramatique". Dominique Strauss-Kahn estime encore que le taux auquel les Européens prêtent à la Grèce "aurait dû être égal à celui du FMI, qui est plus faible de plus d'un demi-point". "Je pense qu'on aurait pu faire un effort plus grand car moins on  prête cher, mieux on aide les Grecs", lance-t-il. Il affirme en outre que le plan d'aide à la Grèce "a un objectif: sauver la Grèce". 

Le directeur du FMI souligne qu'"il faut réussir à éviter la contagion" de la crise grecque en Europe et considère que "le plan grec a été dimensionné aussi pour cela". "Il y a toujours des risques" de contagion et "il faut cependant que chacun reste extrêmement vigilant", ajoute-t-il. Dominique Strauss-Kahn observe que "le Portugal est déjà en train de prendre  des mesures" et que "les autres pays sont dans une situation beaucoup plus  solide". Il considère "qu'il n'y a pas de risque réel pour la France, ni pour l'Allemagne ou les grands pays européens".

Sur le dossier espagnol, le FMI affirme qu'il n'y avait "aucune vérité" dans les rumeurs ayant fait chuter les Bourses. Elles laissaient entendre que l'Espagne serait acculée à demander une aide internationale colossale pour faire face à une crise de la dette sur le modèle grec. Cette annonce avait provoqué une panique boursière sur le Vieux continent, la bourse d'Athènes avait par exemple perdu plus de 5% mardi. Mercredi, la frénésie semble se résorber, l'indice vedette Ibex-35 de la Bourse de Madrid a  ouvert sur une légère hausse de 0,09%. 

Un suivi tous les trois mois

La Grèce est selon lui  confrontée à "deux problèmes: une dette trop forte et une compétitivité trop faible". Dans ce contexte, le FMI a insisté sur trois points, explique encore Dominique Strauss-Kahn: "étaler jusqu'en 2013-2014", la réduction du déficit de la Grèce de plus de 13% à 3%, "mettre la Grèce à l'abri de la spéculation pendant 18 mois" en engageant des sommes "beaucoup plus considérables que ce qui était prévu initialement". Enfin, "veiller à ce que l'on protège les plus vulnérables", les petits salaires et petites retraites.
 
Le directeur général du FMI rappelle que le plan fera l'objet d'un suivi  tous les trois mois et que si les mesures prévues n'ont pas été prises, la communauté internationale "pourrait être amenée à se retirer". "Mais on n'en est pas là du tout", ajoute-t-il.

Les grandes banques françaises ont prisl'engagement de maintenir leur exposition sur la Grèce, a affirmé mercredi la ministre de l'Economie Christine Lagarde, sur LCI, alors que leurs homologues allemandes s'étaient engagées mardi à faire un geste envers la Grèce. A Berlin, Angela Merkel a estimé que l'avenir de l'Europe était en jeu, ajoutant que d'autre pays pourraient connaître le même sort que la Grèce si le pays ne parvenait pas à sortir de ses difficultés malgré le plan de l'Union européenne et du FMI. Le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, s'est dit favorable mercredi à un "renforcement" du Pacte de stabilité, l'instrument qui limite les déficits dans l'UE, comme le demandent l'Allemagne et la France.

Les croissances revues à la hausse...sauf celle de la Grèce

La Commission européenne a revu à la  hausse  mercredi ses prévisions de croissance pour la zone euro en 2010 mais à la baisse celle de la Grèce, qui devrait enregistrer une récession de 3%. La commission s'est dite inquiète de l'impact des turbulences financières sur l'activité économique. Mais pour l'ensemble de la zone euro, l'exécutif européen table à présent sur  0,9% de croissance cette année.
 
Concernant l'Espagne et le Portugal, deux pays considérés comme les plus fragiles économiquement dans la zone euro par les marchés, la Commission a revu  ses prévisions de croissance en hausse. Elle table pour l'Espagne sur un recul de l'activité limité à 0,4% cette  année (contre un repli de 0,6% en février), et pour le Portugal sur une  croissance de 0,5%, contre 0,3% auparavant. La France voit sa prévision de croissance également relevée à 1,3% cette année, contre 1,2% escompté jusqu'ici. Pour 2011, elle est maintenue à 1,5%.  L'Allemagne, première économie de la zone euro, voit son pronostic de croissance en 2010 maintenu à 1,2%.

"L'amélioration des perspectives de croissance cette année est une bonne  nouvelle pour l'Europe. Nous devons veiller à ce que les risques qui pèsent sur  la stabilité financière ne compromettent pas cette évolution", a commenté le  commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn. Toutefois, "une incertitude élevée continue à entourer la relance économique, comme le montrent les tensions récentes observées sur les marchés  d'obligations d'Etat".

Par TF1 News d'après agences le 05 mai 2010 à 08:00
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53 Commentaires

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  • 421123, le 06/05/2010 à 21h06

    Les agences de notation ne font que constater les situations, saines ou mauvaises des pays ou sociétés, elles n'agissent pas mais vous pouvez très bien suivre leurs bons (ou mauvais ) conseils, vous restez libres. Si vous avez de l'argent elles vous dissuadent de faire de mauvais placement et vous en recommandent de meilleurs.

  • cars38, le 06/05/2010 à 07h22

    Pour rebondir sur vos propos : dans mon canton -10 % d'emplois privés et dans le meme temps +4.5 %de fonctionnaires embaucher par les communes , communauté de communes , parc naturel , etc ..(chiffres avant la crise 95-2007)..le canton se meurt à petit feu .....et on continue à nous servir la soupe des services publics plétoriques ...

  • corsicajoe, le 06/05/2010 à 05h57

    Si je comprends bien, Le Pen en a parlé il y a 3 jours, donc il dit pas n'importe quoi !!! et bè!

  • christophe6544, le 05/05/2010 à 23h41

    La fonction publique ? C'est un service que l'on se rend, ils travaillent pour nous . Le coût des fonctionnaires étant payés par les richesses d' un pays (dégagées par ceux qui produisent) . Nous devrions pouvoir en être fiers ! Mais lorsque qu'une partie de ces gens n'est pas là, parce-qu'on l'a voulu, voir même dans certains cas ne correspond à aucun besoins (pour la société), cela devient du masochisme que de continuer à entretenir une ribambelle de " rentiers ". Que ce système attire dans certains cas , une catégorie de personne (fainéants) uniquement pour se procurer un revenu sans trop d'efforts est tout à fait logique ( l'homme n'étant pas fait pour le travail, la preuve, ça le fatigue)........ Après, lorsque les "payeurs" ne maîtrisent plus les quantités qu'ils embauchent, qui plus est , sans en avoir les moyens, on va droit dans le mur !!! ,,,,,,,,,,,La France peut quand à elle continuer d'en recruter plus que nécessaire, ceci fonctionnera tant qu'il restera un morceau de pain pour ceux qui produisent !! Après on verra, s'il y a révolte, elle ne pourra venir que du peuple, j'entends par peuple: ceux qui produisent et s'offrent les services de la fonction publique !

  • frozengod, le 05/05/2010 à 22h47

    Si le problème était les fonctionnaires ce serai simple, on privatise tout et désengageons l'etat. leprobleme c'est que les gens toute categorie socio professionnelles confondues travaillent de plus en plus et gagnent de moins en moins....

  • hc46, le 05/05/2010 à 22h47

    C'est marrant les seuls fonctionnaires qui ne se plaignent jamais de leur condition individuelle ce sont ceux qui sont indispensables(justice,police,armée...) au rôle régalien de l'Etat.Tous les autres pourraient très bien avoir un statut de salarié ordinaire:infirmières,postiers,jardiniers ou cuisiniers municipaux,crèches,enseignants:Pourquoi faut il être fonctionnaire pour peser des lettres et coller des timbres,ou faire des piqûres ou planter des roses ou faire cuire de la purée ou apprendre à compter

  • hc46, le 05/05/2010 à 22h37

    Comment je fais pour acheter ma maison sans credit?

  • hc46, le 05/05/2010 à 22h01

    La grèce pourrait commencer par reduire le nombre de sociologues

  • hc46, le 05/05/2010 à 21h58

    @Syberia:pour une fois je suis d'accord avec vous.pourtant j'ai été 10 ans fonctionnaire:personne n'est parfait

  • inspatatrac, le 05/05/2010 à 21h55

    @syberya. Les reformes sont en cours, mais vous les freinez en permanence...donc ne vous plaignez qu elles ne viennent pas assez vite...ca n est pas la faute du gouvernement mais la faute de la population...qui ne sait pas ou est son interet....Il me semblait que recemment on se plaignait parce qu en France il y aurait 32000 fonctionnaires de moins en 2010...ce qui est une goutte d eau mais au moins on a reussi a inverser la tendance...cela me suffit quand on considere la difficulte a bouger le peuple francais...donc pour l instant notre gouvernement me satisfait il n a fait qu amorcer les reformes et cela me suffit...

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