Aide à la Grèce : le plan activé, 110 milliards sur 3 ans

Par S.M. et D.H. (avec agences), le 02 mai 2010 à 10h23 , mis à jour le 02 mai 2010 à 21h23

C'est donc acté : la Grèce va bénéficier à compter du 19 mai d'un plan de sauvetage de 110 milliards d'euros (dont 80 milliards de la part de l'UE), sans précédent par son ampleur, en contrepartie d'une cure d'austérité impliquant de douloureux sacrifices pour la population, au terme d'un accord annoncé dimanche.

grèce athènes drapeauImage d'archives © TF1/LCI

C'est la plus grande aide jamais fournie à un Etat au niveau mondial, un sauvetage motivé par l'idée d'éviter une contagion de la crise, au Portugal ou à l'Espagne notamment. Et le feux vert est désormais donné. Les ministres des Finances de la zone euro se sont réunis dimanche après-midi durant près de 3 heures à Bruxelles pour entériner le plan d'aide à la Grèce. Et ont décidé "d'activer" un plan d'aide de 110 milliards d'euros, dont 80 milliards à leur charge et le reste apporté par le FMI, a annoncé leur chef de file, Jean-Claude Juncker, annonçant un sommet extraordinaire à Bruxelles vendredi prochain 7 mai afin de ratiifié ce plan.
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Comme annoncé début avril, la contribution européenne sera de 30 milliards dès 2010 et les premiers fonds parviendront à Athènes avant le 19 mai, a précisé Jean-Claude Juncker. Le gouvernement grec fait face à cette date à une échéance de refinancement de sa dette pour un montant total de 8,5 milliards d'euros. Dès cette année, la Grèce va percevoir 45 milliards d'euros de prêts. Les ministres des Finances de la zone euro vont en outre examiner les possibilités de "contributions volontaires" des banques de leurs pays respectifs pour participer aux efforts d'aide. Le FMI, lui, devrait donner son feu vert (pour 30 milliards) dans le courant de la semaine, a assuré Dominique Strauss-Kahn dimanche soir.

Reste une dernière étape : la validation du plan par chaque Etat. La France s'est engagée à débloquer un montant maximum de 6,3 milliards d'euros -dont 3,9 dès 2010- sur les 30 milliards de l'UE. Cela correspond à la part contributive de la France au sein de l'UE (21%). L'Assemblée devrait adopter lundi -ou au plus tard mardi- à la quasi-unanimité la version française du plan d'aide UE/FMI à la Grèce, avec des débats à la marge sur des sujets échappant à ses compétences : le taux d'intérêt (5%) et le danger d'attendre face à la spéculation. Au Parlement, cette aide prend la forme d'un collectif budgétaire qui a été -fait rare- adopté à l'unanimité et sans amendement mercredi en commission des Finances à l'Assemblée. Marie-George Buffet (PCF) a déjà indiqué qu'elle ne voterait pas le projet. De son côté, l'Allemagne, après avoir longtemps renâclé, a finalement accepté de payer. Elle fournira la contribution la plus importante sur trois ans, soit 22,4 milliards d'euros.

L'effort grec, le Syndicat des fonctionnaires dit 'non' 

Dimanche matin, c'est la Grèce qui s'est exprimée sur sa part de l'effort. Dire que la Grèce va devoir se serrer la ceinture est un doux euphémisme. Le plan d'austérité adopté par Athènes prévoit des économies supplémentaires de 30 milliards d'euros sur trois ans pour ramener le déficit public sous le seuil européen de 3% du PIB d'ici fin 2014, a annoncé dimanche le ministre grec des Finances Georges Papaconstantinou, après l'adoption d'un accord entre la Grèce, les Européens et le FMI pour le déclenchement d'une aide financière au pays. Le tout en plus des 4,8 milliards déjà annoncés pour 2010. Selon le ministre, cela permettra de ramener le déficit public grec, qui a atteint en 2009 environ 14% du PIB, sous le seuil européen autorisé de 3% "d'ici fin 2014".

D'après le plan distribué à la presse, le déficit s'établirait à 8,1% cette année, 7,6% en 2011, 6,5% en 2012, 4,9% en 2013 et enfin 2,6% en 2014. De son côte, la dette publique est attendue à 133,3% du PIB cette année et devrait continuer à progresser, jusqu'à 149,1% en 2013, avant de commencer à refluer en 2014, à 144,3%. Parmi les principales mesures figurent la suppression des 13e et 14 mois de salaire dans la fonction publique et celle des 13e et 14e mois de pensions pour les retraités du public comme du privé, compensées par des primes pour les plus bas revenus. Dès cette année, une nouvelle hausse de un à deux points de la TVA, qui s'élève actuellement à 21%, est aussi prévue, a dit le ministre. Autre mesure : une augmentation de 10% des taxes sur les carburants, l'alcool et le tabac.

D'ores et déjà, la grande centrale syndicale de la fonction publique grecque (Adedy) a appelé dimanche à "faire barrage" aux mesures "antisociales" annoncées par le gouvernement en contrepartie de l'aide financière internationale. "Nous continuons à intensifier nos mobilisations", ajoute la centrale syndicale, qui revendique 375.000 adhérents et a appelé pour mercredi, avec son homologue du privé GSEE, à la troisième grève générale en moins de trois mois. Et un appel à la grève a été lancé pour la journée de mercredi, le 5 mai.

Coût pour les citoyens grecs
 
Les dizaines de milliards du plan d'aide permettront "de couvrir la majeure partie de notre besoin d'emprunt sur les trois prochaines années", a assuré M. Papaconstantinou. "Nous sommes protégés de l'exposition sur les marchés d'ici fin 2012 mais notre but n'est pas d'absorber tout cet argent, mais de revenir le plus vite possible sur les marchés", a-t-il insisté. "Le financement (de la part des Européens et du FMI, ndlr) sera graduel et conditionné à des contrôles trimestriels", a-t-il rappelé. Il a jugé que ce traitement était "la seule voie pour sauver le pays. La grande majorité des Grecs nous soutiennent car ils comprennnent que nous ne voulons pas mentir aux gens". 

Avant lui, le Premier ministre Georges Papandréou avait évoqué en Conseil des ministres, "une grande épreuve". "Avec nos décisions d'aujourd'hui les citoyens doivent subir de grands sacrifices (...) ce n'est pas une décision agréable", a ajouté, sur un ton solennel mais visiblement mal à l'aise, Georges Papandréou. "Ce sont des sacrifices durs mais nécessaires (...) sans lesquels la Grèce ferait faillite", or "éviter la faillite est la ligne rouge nationale", a-t-il insisté. "Le problème a pris des dimensions énormes, l'incendie risquait de s'étendre non seulement à la Grèce mais aussi à la zone euro et au-delà, le coût pour l'éteindre est très élevé, y compris pour les citoyens grecs", a prévenu le chef du gouvernement socialiste.

Par S.M. et D.H. (avec agences) le 02 mai 2010 à 10:23
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79 Commentaires

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  • syberya, le 03/05/2010 à 19h58

    Vous devriez donner quelques cours à nos Dirigeants Politiques...ce sont eux les décideurs...Cordialement syberya

  • william95260, le 03/05/2010 à 15h54

    C'est sur en ce moment il vaut mieux avoir la monnaie anglaises...

  • odalaray, le 03/05/2010 à 15h53

    Je suis rassuré : l'État français va prêter aux Grecs l'argent qu'il a lui-même emprunté...

  • william95260, le 03/05/2010 à 15h52

    Et la France de se débrouiller pour rembourser l'argent empruntée pour aider la Grèce, c'est à dire le contribuable français, si cela arrive, il ne manquera plus que l'éclatement de l'europe ppcchhiiitttt

  • inspatatrac, le 03/05/2010 à 14h20

    Que la France et surtout les francais en prennent de la graine car avec leur comprehension de l economie, ils y vont droit a la faillite.....

  • inspatatrac, le 03/05/2010 à 14h19

    Un pays est en faillite quand il ne peut plus nourrir sa popuplation...quand il ne peut plus acheter de petrole etc etc. La faillite n a rien a voir avec mettre la cle sous la porte. Le concept de faillite n est simp[lement qu' image. Mais si vous pensez qu il en est moins violent, alors continuez sur votre voie en France vous comprendrez ce que signifie de vivre dans un pays en faillite...ca vous fera beaucoup moins rire... Ici aux US une entreprise en faillite contunue toujours a faire du business...le concept de faillite d une entreprise aux US est plus proche de celui de faillite d un pays...car bien sur un pays peut faire faillite....bref, a quand le jour ou l education nationale donnera des cours d economie a partir du primaire...

  • panchovillain, le 03/05/2010 à 13h56

    Pas besoin d'etre economiste pour donner son opinion...

  • 421123, le 03/05/2010 à 13h45

    Il ne s'agit pas de l'argent des contribuables, mais d'argent emprunté par la FRANCE, à un taux inférieur à celui auquel nous prétons.

  • tiktakowsky, le 03/05/2010 à 13h18

    Excellentes questions qui mettent l'accent sur toutes les betises que l'on peut lire. Effectivement, on ne conduit pas un pays comme on gère une entreprise ou les dépenses dun foyer familial. Les règles de fonctionnement ne sont pas les même. S'il peut être en cessation de paiement, un pays ne peut pas etre en faillite, on ne peut pas en faire le liquidation judicière, on ne peut pas vendre une partie du territoire pour payer les dettes. Et les salles de négociations ne sont pas, (Dieu merci !), les comptoirs du cafe de commerce où les yaka et fokon ont toujours les solutions toutes prêtes, à l'emporte-pièce.

  • arcanaa59, le 03/05/2010 à 13h00

    Eh oui baron_von_bubba, un pays peut faire faillite quand il n'arrive plus à rembourser les emprunts qu'il a effectués auprès des banques, comme n'importe quel particulier, à une plus grande échelle. Dans ce cas, il ne peut plus emprunter de nouvelles sommes et l'état n'a plus suffisamment d'argent pour payer les fonctionnaires, les retraites, les allocations diverses, les collectivités territoriales... Vous imaginez les conséquences...

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