L'UE enfin en ordre de bataille face à la crise grecque

Par TF1 News (d'après agences), le 08 mai 2010 à 08h20 , mis à jour le 08 mai 2010 à 22h51

Les Seize vont mettre en place "une ligne de défense de la zone euro imperméable", qui doit être concrétisée ce week-end et à l'oeuvre dès l'ouverture des marchés lundi matin, selon le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

Dirigeants européens à la sortie du sommet de Bruxelles sur la crise grecque (8 mai 2010)Dirigeants européens à la sortie du sommet de Bruxelles sur la crise grecque (8 mai 2010) © TF1/LCI

A l'issue d'un sommet de crise qui s'est prolongé jusque tard dans la nuit, la zone euro a décidé à la veille du week-end de mettre en place un fonds de soutien sans précédent pour ses pays confrontés à des difficultés financières, dans l'espoir de stopper la contagion d'une crise gravissime qui menace les fondements de l'Union monétaire. Les dirigeants des seize pays utilisant la monnaie unique ont demandé à la Commission européenne de proposer "un mécanisme de stabilisation visant à préserver la stabilité financière de la zone euro", selon une déclaration commune. Les ministres des Finances de l'ensemble de l'Union européenne sont convoqués dimanche après-midi pour finaliser le fonctionnement et le financement de ce dispositif, qui reposerait notamment sur des emprunts contractés par la Commission européenne. "D'ici dimanche soir nous ferons en sorte d'avoir en place une ligne de défense de la zone euro imperméable", à temps pour l'ouverture des marchés lundi matin, a déclaré le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

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Plus d'infos

Selon plusieurs sources diplomatiques européennes, le mécanisme décidé autorisera la Commission européenne à emprunter des fonds sur les marchés financiers grâce à une garantie des Etats membres de l'UE et de la Banque centrale européenne. "Deux mécanismes ont été décidés. L'un est basé sur l'article 122-2 du traité européen, qui permet au conseil de l'UE de venir en aide à un Etat membre lorsqu'il est confronté à de sérieuses difficultés", a déclaré l'une de ces sources. "L'autre permet à la Commission européenne d'aller sur les marchés et d'y emprunter de l'argent grâce à une garantie explicite des Etats membres et une garantie implicite de la Banque centrale européenne". Cette garantie ne serait qu'implicite afin de ne pas remettre en cause l'indépendance de la BCE et de ne pas violer les traités européens.

La crise grecque fait sauter les tabous

La possibilité pour la Commission européenne d'émettre de la dette sur les marchés afin de venir en aide à un pays existe déjà pour les pays hors zone euro mais la mise en place du mécanisme pour les pays utilisant la monnaie unique représenterait un tournant historique. La mesure, à laquelle la déclaration finale fait référence sans l'expliciter, avait été exclue à la création de l'euro, il y a plus de dix ans, pour éviter qu'un pays ne se laisse décrocher en escomptant un soutien communautaire. Elle était il y a quelques semaines encore un sujet tabou en Allemagne. Mais la gravité de la crise grecque et les risques de propagation à d'autres économies fragilisées ont conduit à une révision des concepts.

Le texte insiste aussi sur le fait que "l'assainissement des finances publiques est une priorité" pour les pays de la zone, qui réaffirment leur volonté de prendre toutes les mesures nécessaires pour atteindre leurs objectifs budgétaires cette année et les suivantes. En ce qui concerne la gouvernance économique, les Seize disent leur volonté d'élargir et de renforcer la surveillance des politiques de la zone euro, en suivant de plus près les niveaux d'endettement et l'évolution de la compétitivité. "Nous ferons tout ce qu'il faut pour défendre l'euro", a souligné le président de la Commission, José Manuel Barroso. Le pacte de stabilité sera aussi renforcé et ses sanctions rendues "plus efficaces". Aucun détail n'est cependant fourni sur la méthode qui sera suivie et qui risque de faire débat entre les Etats membres.

 

Obama "très préoccupé" par la situation en Europe

Le président américain Barack Obama s'est dit "très préoccupé" par la crise budgétaire grecque et son impact sur les économies européenne et américaine, dans une interview à la télévision russe diffusée samedi.
"Je suis très préoccupé au sujet de ce qui se passe en Europe", a déclaré en substance Obama à la chaîne de télévision russe Rossiya à l'occasion d'un entretien réalisé jeudi à la Maison Blanche. "Mais je crois que les Européens ont pris conscience que c'était très grave. La Grèce prend des mesures très difficiles, en tout cas ils ont mis en place un plan qui appelle à des mesures difficiles", a observé le président américain.

Par TF1 News (d'après agences) le 08 mai 2010 à 08:20
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15 Commentaires

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  • anpe029, le 09/05/2010 à 15h11

    Pour les Banques , ont pretent sans contres parties . Et pour nos "frères" européens ont leur prends des interets ... La pensée neoliberale a encore tout devasté sur son passage .Tout ces politiques tranformés en larbins du système financier et banquiers !

  • voyageur1, le 09/05/2010 à 12h26

    Le problème n'est pas d'aider la grece ou non. Dans une famille on ne laisse pas tomber un frère. Le plus important, est quel plan a préparé la grèce pour s'en sortir? Et quel mécanisme de suveillance sera mis en place pour que le prêt ne se transforme pas en une aide perdue!

  • isatis54, le 09/05/2010 à 10h32

    Il faut sauver l'euro pour faire face aux USA, d'ailleurs on se demande si les spéculateurs cela ne viennent t pas de chez eux, dans la politique financière on ne comment pas tous les rouages, lais l'on sait que la crise économique mondiale vient de chez eux

  • philreac06, le 09/05/2010 à 09h06

    Ou est le president européen tant réclamé? evitons de montrer l'allemagne en tete de l'europe ceci va reveiller de vieux problèmes à force ! le president devrait s'imposer je crois c'est le moment !

  • christophe6544, le 09/05/2010 à 01h24

    Surtout quand ceux qui aiment "partager " n'en produisent pas. Aider les gens , oui , mais avec l'argent des autres, on sait d'ou vient cette pratique !

  • phiphi13, le 08/05/2010 à 20h30

    La répartition des richesse , voilà le problème !

  • sylgui2002, le 08/05/2010 à 18h08

    Cela me rappele le fameux emprunt russe qui enfin de compte avait mis pas mal de français sur le carreau

  • bjp57, le 08/05/2010 à 16h57

    Je suis un de ces contribuables qui n'a pas voté pour l'Europe!! Je ne suis pas d'accord pour que l'on prète de l'argent à un Pays ou la population est la spécialiste des magouilles "je m'en réfère à certains reportages", de toutre façon la France est aussi trés endettée, nos impots qui partiront pour la Grèce ne seront jamais remboursés ce Pays étant un gouffre financier.

  • vingue, le 08/05/2010 à 16h27

    Soyons lucides, on nous demande de faire des prêts à fonds perdus pour des cigales qui après avoir profité des milliards d'euros offerts pour permettre leur intégration dans l'Union Européenne, ont triché sur les chiffres d'endettement, ont pratiqué l'économie souterraine, la corruption généralisée et viennent maintenant tendre la sébile. En plus ils refusent de faire face à leur responsabilité. Bien entendu leurs gouvernements successifs de gauche comme de droite ont leur part de responsabilité, mais de toute façon c'est eux qui les ont élus et qui ont profité de la situation (retraite à 53 ans, 14 mois de salaire pour les fonctionnaires en surnombre embauchés en récompense de leur vote et dont on ne connait même pas le nombre total, pas ou peu d'impôt dans le privé et le public, plus des milliardaires ne payant presque rien). Maintenant c'est à nous les fourmis de payer pour ces cigales irresponsables. Ça suffit, les casseurs doivent être les payeurs ! Par ailleurs l'aide sera peut-être suffisante pour que la Grèce honore ses prochaines échéances de prêt mais la dépression économique qui va en résulter suscite bien des doutes quant au résultat final. Le jeu de mistigri auquel joue maintenant la communauté internationale pour tenter de dissimuler les tours de passe-passe financiers dont elle a usé et abusé (subprimes, hedge founds, paradis fiscaux, etc.) finira bien par l'obliger à afficher au grand jour les tristes conséquences de sa véritable et de sa sombre nature. Mais le comble du ridicule est de voir le Portugal et l'Espagne qui financent et qui seront les prochaines victimes des prédateurs ou spéculateurs. Et puis, la plupart des pays qui "prêtent" empruntent pour prêter. Et quand une agence de notation va baisser la note de celui qui aide, les marchés financiers vont plonger de 5 % dans la journée. Par contre, l'intelligente Albion s'en tire bien ! La Livre sterling ne sera pas affectée. On nous assomme avec des chiffres, que seuls des « spécialistes », sont capables d'interpréter ! Lorsque nous sortirons de cette anesthésie, ce sera pour constater que nos économies ont été amputées « d'un certain montant »? ! La man?uvre est judicieuse, en dévaluant l'euro la BCE lève un impôt apparemment invisible, puisque nos comptes épargnes en écritures ne changent pas ! Cet impôt est récupéré par les banques qui investissent nos économies en les diversifiant en devises en actions, etc. (Les traders ). L'effet balance joue un rôle essentiel, par exemple, s'ils investissent des milliards d'euros en dollars ou autres devises, leurs valeurs augmentent, alors que l'euro chute. S'ils les revendent rapidement ils récupèrent d'avantages d'euros, ce n'est pas pour autant que vos écritures seront modifiées. Vous aurez donc perdu la différence ! D'où la prétendue crise Grecque ! L'euro étant plombé par ce biais, il n'est pas près de retrouver sa valeur initiale. Ils ont gagné, vous avez perdu ! Avec l'argent récupéré sur vos comptes épargnes, ils ont largement de quoi faire des prêts à la Grèce (Sans garanties) ! Les banques et la BCE, n'auront pris aucuns risques, puisque c'est vous payerez l'addition. En définitive lorsqu'en 2001 nous sommes passés à l'euro, l'euro représentait 6, 55 francs, arrondi au centime. Si nous revenions aux Francs, sans tenir compte de nos dettes exigibles, vous auriez pour un euro 6,29 francs puis 6,20, etc. Je préfère m'abstenir de vous dire le montant que vous auriez pour 1 euro en francs.

  • agatsu73, le 08/05/2010 à 15h12

    Vous soulevez un problème intéressant. La réponse ? Le traité de Lisbonne l'interdit ! Souvenez vous c'est ce fameux traité pour lequel nous avions dit non par referendum ! Bon, en pratique la BCE pourrait intervenir sur le marché secondaire mais cela reviendrait à racheter une dette dont personne ne veut...

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