Les rumeurs ont fait plonger les Bourses européennes

Par , le 04 mai 2010 à 14h07 , mis à jour le 10 mai 2010 à 13h59

Baisse de 5,41 % à Madrid, de 4,70 à Milan, de 3,64 à Paris à la clôture... La crainte d'une contagion à l'Espagne du "syndrome" grec, fait rechuter mardi l'euro et toutes les Bourses européennes.

Montage photo : graphique sur fond de Bourse de ParisImage d'archives © TF1/LCI

C'est reparti. La crise grecque à peine calmée, la crainte d'une contagion au reste de l'Europe, tout particulièrement à l'Espagne, a fait rechuter mardi l'euro et toutes les Bourses européennes. Des rumeurs selon lesquelles d'autres agences de notation allaient dégrader la note de l'Espagne, après Standard and Poor's la semaine dernière, et que Madrid pourrait demander une aide financière colossale au FMI faisaient plonger les places boursières. Le Premier ministre espagnol José Manuel Zapatero a démenti les rumeurs de contagion, mais rien n'y fait.

  • Les places européennes chutent dans le sillage de Wall Street

    Les bourses de Paris, Madrid, Lisbonne et Milan ont sévèrement dévissé vendredi dans un contexte marqué par la crise financière en Europe. Ce mouvement général est intervenu peu après l'ouverture à la baisse de Wall Street.

    Publié le 14/05/2010 Les places européennes chutent dans le sillage de Wall Street
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Première victime, la bourse espagnole : L'indice vedette Ibex-35 de la Bourse de Madrid a terminé mardi en très forte baisse de 5,41%, à 9.859,1 points. La Bourse de Paris clôture en baisse de 3,64%, celle de Milan chute de 4,70% à la fermeture. Lisbonne reculait de 4,21%, Londres de 2,56% et Francfort de 2,6%. La Bourse d'Athènes chutait de son côté de 6,06%. La Bourse de New York a subi mardi sa plus forte baisse en trois mois, les investisseurs s'inquiétant d'une propagation de la situation grecque à d'autres pays de la zone euro: le Dow Jones a perdu 2,00% et le Nasdaq 2,99%. Les deux places boursières de Moscou ont également clôturé en forte baisse.

 

L'euro lui se dirigeait à grande vitesse vers le seuil de 1,30 dollar, il valait 1,3043 dollar en fin d'après-midi, évoluant à  son niveau le plus faible depuis fin avril 2009. Pourtant, les agences Moody's et Fitch ont assuré mardi qu'elles n'étaient pas en train de réexaminer la note de l'Espagne, qui reste pour ces deux agences la plus élevée possible, soit le fameux triple AAA. Ce qui n'a pas empêché pas les taux d'intérêt des titres de la dette sur dix ans de grimper en Espagne (à 4,1%) et surtout au Portugal (à 5,28%).
 
La rumeur à 280 milliards
 
Avec le Portugal, l'Espagne est un des pays de la zone euro qui inquiète le plus les marchés. Ses déficits publics ont explosé en 2009 à cause de la crise financière, à 11,2% du PIB, et le gouvernement socialiste a promis un plan d'austérité pour les ramener à 3% en 2013. Certains investisseurs estiment que l'Espagne risque de suivre le même chemin que la Grèce, sauvée de la banqueroute par les pays de la zone euro et le FMI, qui ont promis une aide de 110 milliards d'euros sur trois ans.
 
"Une rumeur est en train de circuler dans les salles de marché selon laquelle l'Espagne aurait besoin de 280 milliards d'euros et pourrait les demander" au Fonds monétaire international, a ainsi expliqué Yves Marçais, vendeur d'actions chez Global Equities. Standard & Poor's a abaissé la note de la dette à long terme de l'Espagne la semaine dernière, craignant que le pays se trouve plongé dans une longue période de faible croissance qui empêcherait le gouvernement de réduire les déficits. Les marchés redoutent aussi que le gouvernement espagnol ne traîne des pieds pour adopter des mesures impopulaires. Le niveau de la dette publique espagnole est pourtant nettement plus bas que celui de nombreux pays de la zone euro, à 53,2% du PIB en 2009. Test important, le Trésor espagnol procédera jeudi l'émission de bons du trésor à 5 ans, proposant 3% d'intérêt. Il espère lever au moins deux milliards d'euros.

Stiglitz n'écarte pas la fin de l'euro

Les analystes sont sévères. Le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz a prédit mardi la fin possible de l'euro si l'Europe ne parvient pas à régler ses "problèmes institutionnels fondamentaux", dans la foulée de la crise grecque. Interrogé sur la radio BBC 4, il a estimé que le plan d'aide UE-FMI, assorti d'un plan d'austérité dont il a critiqué la sévérité, ne ralentirait pas l'ardeur des spéculateurs à miser sur un affaiblissement de la zone euro : "les conditions apparemment excessivement dures imposées à l'Espagne (a-t-il dit dans un lapsus au lieud e citer la grèce) seront en réalité contre-productives pour prévenir une contagion", selon lui. Les analystes signalent en général l'Espagne comme le prochain pays de la zone euro à pouvoir connaître les mêmes difficultés que la Grèce.

"Quand on aura vu à quel point il a été difficile à l'Europe d'adopter une position commune pour aider un des plus petits pays, on réalisera que si un pays un peu plus grand a des difficultés, il est probable que l'Europe aura encore plus de mal" à se mettre d'accord, a-t-il dit. "Donc je pense que l'espoir que (cette aide) nuira aux pressions spéculatives est probablement infondé : ça peut marcher pendant quelque temps, mais à long terme, tant que les problèmes institutionnels fondamentaux seront  là, les spéculateurs sauront qu'ils existent, et au fur et à mesure que les  faiblesses de l'Europe s'aggraveront je pense qu'ils s'en donneront à coeur joie".

 

 

Barnier prépare un durcissement

Le commissaire européen chargé des services financiers, Michel Barnier, a ouvert la porte mardi à un nouveau durcissement de la réglementation sur les agences de notation, estimant que les nouvelles règles entrant en vigueur en décembre n'étaient peut-être pas suffisantes. "Je pense qu'il faudra aller plus loin, notamment pour voir l'impact de ces notations dans l'ensemble des systèmes financiers, voire économiques", a dit le Français lors d'une audition devant une commission du Parlement européen. Les Européens ont pris l'an dernier des mesures pour tenter d'encadrer davantage les agences de notation, notamment en les obligeant à s'enregistrer pour exercer dans l'UE et à respecter certaines règles de transparence et de bonne conduite si elles ne veulent pas perdre leur licence. Ces nouvelles règles entreront en vigueur le 7 décembre, mais les agences peuvent commencer la procédure d'enregistrement à partir du 7 juin.

 

Par Olivier Levard le 04 mai 2010 à 14:07
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89 Commentaires

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  • a.1.2.c.4, le 06/05/2010 à 01h47

    Deuxième envoi ... Normal "horsain81" tous ces commentaires sont postés ... par d'éminents spécialistes de la finance ...! :o)))

  • panpan2727, le 05/05/2010 à 14h08

    Vous avez mal compris le sens de mes propos. Je ne dis pas que les Etats avaient le choix. Je dis que c'est une erreur de n'avoir pas conditionné ce sauvetage par des réformes et des contreparties. Le système financier lui, ne va pas se gêner pour en demander des contreparties. Spéculer un max sur la faillite des Etats pour empocher grassement, vous trouvez ça moral vous ????????

  • milooser31, le 05/05/2010 à 13h24

    Vous, vous etes a la CE, lorsqu'une banque ne parle pas de "capital garanti", ca reste subjectif, c'est "selon eux ca ne peux pax chuter". Ce genre de placement hautement risqué car souvent composé a grande echelles de titres de la banque. Il faut quand meme etre naif pour croire qu'un rendement > 4% (qui est le taux d'interet des pret immo +/-)non bloqué est sans risque, ce n'est théoriquement pas possible... apres ce sont surtout les institutionnels qui payent, les assurances , caisses de retraites qui avaient achetés des obligations basées sur des crédits hypotécaires superieurs a la valeurs de l'immobilier.. Mais si on regarde bien le systèms les principaux responsables de cette crise sont les particuliers américains qui ont voulu emprunter pour acheter des biens au dessus de leur moyens...le reve d'etre propriétaire oui mais la réalité d'etre a la rue

  • william95260, le 05/05/2010 à 09h15

    @inspatatrac S'il n'y avait pas autant de spéculateurs voyous déconnectés de la réalité des choses et qui ne pensaient qu'à être les meilleurs en tout, on n'en serait pas tous là...

  • horsain81, le 05/05/2010 à 09h07

    Je viens de lire tous les commentaires, résultat de cette lecture matinale:....je n'ai rien compris!!!!!!!!!

  • bibi32000, le 05/05/2010 à 09h03

    Vous inquiétez pas, aujourd'hui, çà va remonter, et comme le disait un trader, que çà baisse ou que çà monte, on gagne toujours en bourse... Par contre, l'endettement des états occidentaux (USA en tête) est un problème, qui a terme va provoquer l'effondrement du système. (C'est pas moi qui l'ai dit...). Mais les financiers et les politiques continuent à faire "comme si", jusqu'à quand?

  • william95260, le 05/05/2010 à 08h59

    @alexinhodu92 Sans oublier celle de la France ( très riche) rien que 150 milliards pour 2010... on oublie vite qu'il y a la dettes des années précédentes soit environ 10 X plus.

  • bibi32000, le 05/05/2010 à 08h55

    @milooser31, votre banquier ne vous a jamais proposé des placements autres que le livret A (qui n'a rien a voir avec la bourse?), mais qui rapportent bien plus, exonérés de droits de sucession, et "soi-disant" sans risque? Beaucoup de personnes agées se sont fait avoir, et on perdu bien plus de 100 euros! J'en connais, et pourtant, ils ne roulent pas sur l'or! Et par anticipation, tout le monde s'accorde à dire que le système financier mondial ne peut pas continuer ainsi... Mais bon, on essaie de ramasser le maximum avant que tout se casse la figure...

  • william95260, le 05/05/2010 à 08h49

    Je pense que la dernière solution est la mieux adaptée par ces temps qui courent.

  • barrny, le 05/05/2010 à 07h47

    Il y en a encore ici qui croient qu'une personne morale ou physique peut se sur-endetter sans qu'il y aie de conséquences à terme ? N'oublions pas que ce sont les spéculateurs et les banques qui ont donné l'argent qui sert aux gabegies dépenses des états, personne d'autre.

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