Sarkozy au secours des producteurs de fruits et légumes

Par TF1 News (D'après agence), le 17 mai 2010 à 05h30 , mis à jour le 16 mai 2010 à 06h51

Permettre à tous de vivre de leur travail : tel est l'objectif affiché de cette réunion où vont se retrouver, à l'initiative du chef de l'Etat, agriculteurs, distributeurs et industriels. En ligne de mire : les marges des distributeurs.

agriculture fermier agriculteurs laitues cultures légumes paysan © Médiathèque de la Commission européenne

Lundi, Nicolas Sarkozy réunit agriculteurs, distributeurs et industriels de l'agroalimentaire avec pour objectif le rééquilibrage de leurs relations commerciales au profit des producteurs. Les fruits et légumes seront la priorité de cette réunion voulue par le chef de l'Etat, qui est décidé à obtenir des distributeurs des engagements de "modération des marges" pour aider les producteurs à surmonter les situations de crise qui reviennent régulièrement, surtout l'été. Ayant fait de l'agriculture une des priorités de son action depuis les élections régionales, il n'a pas hésité à brandir la menace de taxes supplémentaires sur ceux qui ne joueraient pas le jeu. "C'est une mesure structurelle forte", a-t-il dit dans une interview récente à propos des accords qui seront signés lundi à l'issue de la rencontre de l'Elysée. Plus généralement, la réunion abordera l'organisation de chaque filière de production en termes de transparence et de compétitivité, tous sujets abordés dans le projet loi de modernisation de l'agriculture que le Sénat commence à examiner mardi.

Plus d'infos

Cette réunion intervient aussi après que le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a déclaré que dans le cadre du gel des dépenses de l'Etat annoncé par Matignon, le gouvernement ne verserait pas certaines aides sectorielles qu'il aurait pu envisager. Interrogé vendredi sur France Info, le président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), Jean-Michel Lemétayer n'a pas caché son inquiétude et invité le ministre à préciser ses propos. "Il sait pertinemment qu'il ne peut pas déjà toucher aux dispositifs (de soutien) européens", a-t-il dit, ajoutant que si la situation des marchés ne s'améliorait pas après une saison 2009 catastrophique, de nouvelles aides seront nécessaires "notamment aux producteurs de grandes cultures et aux producteurs de lait".

"J'ai du mal à croire à la baisse des marges"

Aux termes d'un plan annoncé en octobre 2009, l'Etat a débloqué une enveloppe de prêts bonifiés de 1,8 milliard d'euros pour soutenir la trésorerie des agriculteurs. "Il y aura certainement des efforts à faire en agriculture comme dans tous les secteurs, mais il y a plus besoin de faire des efforts d'organisation des filières, de modernisation de notre activité que de parler de réductions budgétaires", a dit le président de la FNSEA. A propos de la réunion de lundi, il a déclaré qu'il s'agissait "d'entrer dans une démarche de modération des marges et de meilleure gestion des crises" via notamment une contractualisation des relations producteurs-distributeurs dans les fruits et légumes.

"On ne peut pas vivre année après année une situation où le producteur ne gagne pas sa vie et le consommateur a l'impression de payer trop cher. Il faut la transparence des pratiques commerciales, il faut une modération des marges, il faut surtout que chaque maillon de la filière gagne sa vie", a dénoncé Jean-Michel Lemétayer, en ajoutant : "J'ai du mal à croire à la baisse des marges dans la grande distribution". Il se référait à une étude diffusée mercredi par la FCD, la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution, qui montre que la marge opérationnelle du secteur a diminué depuis la mise en place de la loi de modernisation de l'économie de 2008. Elle a ainsi baissé de 0,2 point, à 3,7%, entre 2008 et 2009 pendant que celle des industries agroalimentaires progressait de 0,8 point à 12,1%. Sur une plus longue période (2000-2009), la marge des distributeurs a atteint un pic de 4,4% en 2003 et 2004 et a baissé ensuite, alors que celle des industriels n'a cessé de croître.

Par TF1 News (D'après agence) le 17 mai 2010 à 05:30
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28 Commentaires

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  • maretticorporat, le 17/05/2010 à 17h46

    Arfff! ils vont encore nous sortir qu il faut manger 5 fruits et legume par jour

  • alain-paris, le 17/05/2010 à 14h14

    @killian : chic, au moins trois Sarkosites, si j'en juge par les votes. Denrée rare en cette période

  • saintamil, le 17/05/2010 à 14h12

    à l'inverse, j'espère que ceux qui appellent à "manger francais" comprendons tout à fait les autres pays apeller à consommer eux aussi local, donc ne pas acheter nos fromages, nos voitures, nos avions, nos cosmétiques, nos fringues, nos céréales, etc. etc. et tant qu'on y est, faire du tourisme chez eux et ne plus venir visiter la France...bref, de quoi mettre sur le carreau mes millions de francais.

  • baal_, le 17/05/2010 à 12h24

    Ben voyons ! Tout augmente, les assurances, l'équipement, les salaires, le pétrole, les baux des supermarchés, mais les légumes dans les bacs des magasins devraient rester au même prix ? Boycotter ne fera strictement rien d'un point de vue de la concurrence. Au contraire, ça fera couler les petites enseignes (pour le peu qu'il en reste) et confortera les gros groupes. Maintenant allez donc faire vos courses dans les épiceries de quartiers, vous relativiserez le "maintient artificiel des prix élevés" dans les centres commerciaux.

  • kilian0611, le 17/05/2010 à 11h58

    Et vous vous faites quoi ????

  • humanoide56, le 17/05/2010 à 11h13

    Ce n'est pas normal que des besogneux ne puissent vivre qu'à coup de subventions ! Et encore plus de 80 % de celles-ci vont dans la poche des céréaliers. Un contrôle des prix à la grande distribution s'impose : du type limiter à 20 % la marge à partir du prix d'achat au producteur ou de la coopérative. Ce qui limiterait de facto les importations à 300 % de marge ! C'est une honte franco-française

  • jghttc, le 17/05/2010 à 09h54

    Des revenus plus " équitables" pour les producteurs signiferont inéluctablement des prix plus élévés pour le consommateur, l'objectif des distributeurs restant toujours de bénéficier des marges les plus confortables possibles...Ni l'Elysée, ni personne d'autre, n'y pourra rien !

  • emmakate, le 17/05/2010 à 08h45

    C'est possible, levais vous tôt le démanche matin et faire une tour au marche. La vous cherches âpres le petit étalage de fruits et légumes uniquement de saison ou le vendeur a de la terre sous les ongles, une signe que ils viennent direct de la ferme. Si non le problème vient aussi du faite que beaucoup achète en boit, les plats prés faites et/ou fait comme moi, un petit jardin potager, perso 10 types de fruits et légumes, et 14 plantes aromatiques. Mon père à Paris cultive dans sa cuisine, sur un balcon et dans des pots sur le rebours des fenêtres. Le surplus je donne aux voisins et amis. Bientôt une taxe, potager perso ?

  • nadock1, le 17/05/2010 à 08h38

    J'habite dans un secteur ou il y a des producteurs de pommes , j'ai essayé de les acheter par cagots de 15 kg directement aux producteurs ,elles étaient plus chères qu'au supermarché .

  • 91marcel, le 17/05/2010 à 08h23

    Malheureusement, les producteurs seront mal défendus par l'Elysée, tout comme les consommateurs. Une loi devrait faire disparaître les revendeurs qui mettent sur leurs étals moins de 30 % de la production locale (fruits et légumes, mais aussi viandes et volailles). Il y a trop de produits importés en vente dans les grandes châines de distribution et une très grande entente sur les prix de vente rendant la concurrence comme une vaste fumisterie. La grande distribution, en accord avec le gouvernement actuel, ruine les consommateurs. Il faut absolument que ceux-ci boycottent une chaîne à tour de rôle chaque semaine, y compris leurs magasins hard-discounteurs. C'est le seul moyen de répliquer à la hausse des prix ou au maintien artificiel de la chèreté des produits alimentaires.

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