© Médiathèque de la Commission européenneLundi, Nicolas Sarkozy réunit agriculteurs, distributeurs et industriels de l'agroalimentaire avec pour objectif le rééquilibrage de leurs relations commerciales au profit des producteurs. Les fruits et légumes seront la priorité de cette réunion voulue par le chef de l'Etat, qui est décidé à obtenir des distributeurs des engagements de "modération des marges" pour aider les producteurs à surmonter les situations de crise qui reviennent régulièrement, surtout l'été. Ayant fait de l'agriculture une des priorités de son action depuis les élections régionales, il n'a pas hésité à brandir la menace de taxes supplémentaires sur ceux qui ne joueraient pas le jeu. "C'est une mesure structurelle forte", a-t-il dit dans une interview récente à propos des accords qui seront signés lundi à l'issue de la rencontre de l'Elysée. Plus généralement, la réunion abordera l'organisation de chaque filière de production en termes de transparence et de compétitivité, tous sujets abordés dans le projet loi de modernisation de l'agriculture que le Sénat commence à examiner mardi.
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Cette réunion intervient aussi après que le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a déclaré que dans le cadre du gel des dépenses de l'Etat annoncé par Matignon, le gouvernement ne verserait pas certaines aides sectorielles qu'il aurait pu envisager. Interrogé vendredi sur France Info, le président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), Jean-Michel Lemétayer n'a pas caché son inquiétude et invité le ministre à préciser ses propos. "Il sait pertinemment qu'il ne peut pas déjà toucher aux dispositifs (de soutien) européens", a-t-il dit, ajoutant que si la situation des marchés ne s'améliorait pas après une saison 2009 catastrophique, de nouvelles aides seront nécessaires "notamment aux producteurs de grandes cultures et aux producteurs de lait".
"J'ai du mal à croire à la baisse des marges"
Aux termes d'un plan annoncé en octobre 2009, l'Etat a débloqué une enveloppe de prêts bonifiés de 1,8 milliard d'euros pour soutenir la trésorerie des agriculteurs. "Il y aura certainement des efforts à faire en agriculture comme dans tous les secteurs, mais il y a plus besoin de faire des efforts d'organisation des filières, de modernisation de notre activité que de parler de réductions budgétaires", a dit le président de la FNSEA. A propos de la réunion de lundi, il a déclaré qu'il s'agissait "d'entrer dans une démarche de modération des marges et de meilleure gestion des crises" via notamment une contractualisation des relations producteurs-distributeurs dans les fruits et légumes.
"On ne peut pas vivre année après année une situation où le producteur ne gagne pas sa vie et le consommateur a l'impression de payer trop cher. Il faut la transparence des pratiques commerciales, il faut une modération des marges, il faut surtout que chaque maillon de la filière gagne sa vie", a dénoncé Jean-Michel Lemétayer, en ajoutant : "J'ai du mal à croire à la baisse des marges dans la grande distribution". Il se référait à une étude diffusée mercredi par la FCD, la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution, qui montre que la marge opérationnelle du secteur a diminué depuis la mise en place de la loi de modernisation de l'économie de 2008. Elle a ainsi baissé de 0,2 point, à 3,7%, entre 2008 et 2009 pendant que celle des industries agroalimentaires progressait de 0,8 point à 12,1%. Sur une plus longue période (2000-2009), la marge des distributeurs a atteint un pic de 4,4% en 2003 et 2004 et a baissé ensuite, alors que celle des industriels n'a cessé de croître.
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