© AFPA Paris, toujours pas question de parler de rigueur. Alors que Claude Guéant glissait lundi au Financial Times que le gouvernement devrait annoncer de nouvelles mesures budgétaires d'ici l'automne, il démentait ces propos dans Le Monde daté de mercredi. "Rien de plus n'est envisagé", assure désormais le secrétaire général de l'Elysée. A Londres, la rigueur a déjà trouvé son visage. Le ministre britannique des Finances George Osborne a annoncé mardi au Parlement que la TVA allait passer de 17,5% à 20% à partir de janvier prochain au Royaume-Uni, une mesure qui rapportera 13 milliards de livres par an (15,6 milliards d'euros).
Les inquiétantes prévisions du FMI pour l'économie française
La reprise dans l'hexagone est "fragile" et les perspectives restent "très incertaines", estime le Fonds monétaire international, qui recommande de poursuivre de manière "crédible" les réformes budgétaires déjà engagées.
Publié le 17/06/2010
Plan d'aide à la Grèce : tant d'efforts et si peu de réconfort...
Malgré les efforts des pays de la zone euro pour soutenir la Grèce et créer un "filet de sécurité" pour les Etats qui pourraient être menacés, l'agence de notation Moody's dégrade à son tour un peu plus la note grecque. Au grand dam de l'UE.
Publié le 15/06/2010
Le ministre, qui présentait un budget "d'urgence" et d'austérité qu'il a qualifié "d'inévitable", a annoncé que cette mesure, et les autres annoncées en même temps, avaient pour but de réduire à néant le déficit structurel (celui non lié à la conjoncture) en cinq ans. Entre autres mesures fiscales George Osborne a aussi annoncé, sans attendre le reste du monde, l'introduction en janvier 2011 d'une taxe sur le chiffre d'affaires des banques, destinée à lever deux milliards de livres par an. L'impôt sur les plus-values passera par ailleurs de 18% à 28% à partir de minuit.
Moins d'impôts pour les plus modestes
En revanche, le ministre a l'intention d'abaisser d'un point par an pendant quatre ans, jusqu'à 24% l'actuel impôt sur les sociétés de 28%, et d'augmenter de 1.000 livres l'abattement fiscal pour les 23 millions de contribuables payant la tranche d'impôt inférieure (20%), leur permettant d'épargner 170 livres chacun. Il a considéré que "le fardeau serait équitablement partagé".
Le ministre britannique des Finances a indiqué qu'il espérait voir passer le déficit public du pays de 149 milliards de livres (179 milliards d'euros) cette année (une amélioration par rapport aux 155 milliards prévus) à 20 milliards en 2015-16. En pourcentage de Produit intérieur brut, ce déficit public passera donc de 10,1% du Produit intérieur brut cette année (2010/11) à 1,1% du PIB d'ici à 2015-16. Le déficit structurel -partie du déficit public qui ne dépend pas des variations de la conjoncture - serait réduit à néant en cinq ans, a-t-il espéré. Le ministre a indiqué que la croissance, au vu de ce budget, ne serait plus de 2,6% l'an prochain comme l'OBR l'avait indiqué la semaine dernière, mais de 2,3%.
Critiques de l'opposition, avertissement d'Obama
L'opposition a critiqué vigoureusement ce budget. Harriet Harman, qui dirige le parti travailliste en attendant l'élection du successeur de Gordon Brown, a dénoncé "les mêmes vieux Tories, qui frappent sévèrement les plus faibles". Elle a aussi dénoncé un budget "mauvais pour la croissance", soulignant que le gendarme des finances publiques, avait abaissé de 2,6% à 2,3% la prévision officielle de croissance l'an prochain, suite à ce budget.
Dans la City, les investisseurs ont bien accueilli ces annonces, faisant remonter la livre au dessus de 1,20 euro, mais les économistes se sont montrés partagés. James Knightley d'ING s'est inquiété de l'ampleur plus élevée que prévu de ce tour de vis budgétaire, "un processus douloureux qui va limiter la croissance", tandis que Paul Robinson, de Barclays Capital, a salué un budget "assez adroit", qui comprend "diverses mesures visant à limiter l'impact sur les moins aisés". Dans une lettre publiée vendredi, Barack Obama avait demandé aux dirigeants du G20 d'encourager la reprise et d'"apprendre des erreurs commises par le passé, quand les mesures de relance avaient été retirées trop vite".
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