L'union européenne veut un super Pacte de stabilité

Par L.D. (Avec agences), le 07 juin 2010 à 22h59 , mis à jour le 08 juin 2010 à 00h23

Les ministres européens des Finances se sont mis d'accord lundi soir pour créer de nouvelles sanctions contre les pays trop endettés et pour faire examiner leurs projets de budget nationaux par l'UE, renforçant ainsi le Pacte de stabilité.

Comment sauver l'euro ? © TF1/LCI

Halte au laxisme. C'est, en un mot, le résumé de la réunion qui s'est tenue lundi soir à Luxembourg des ministres des Finances de l'Union européenne. Ces derniers se sont mis d'accord sur les grandes lignes d'une réforme du Pacte de stabilité et de croissance. Cet accord accompagne la mise en place du fonds de soutien aux pays de la zone euro, finalisé un peu plus tôt dans la soirée.

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Etabli sous la houlette du président de l'UE Herman Van Rompuy, il envisage la possibilité de sanctions même lorsque la limite actuelle de 3% du PIB fixée par le Pacte pour les déficits publics n'est pas encore dépassée. Cet accord porte en substance sur quatre points, a dit le président du Conseil européen.
 
- Les projets de budgets nationaux seront présentés à la Commission européenne et aux autres Etats membres via la création d'une "semestre budgétaire européen", comme proposé mi-mai par la Commission européenne.
- L'arsenal de sanctions contenues dans le pacte sera complété. Celles-ci seront plus nombreuses et pourront être mises en oeuvre plus tôt lorsqu'un Etat s'écartera de la ligne fixée par la règle communautaire.
- La surveillance ne portera plus uniquement sur le niveau des déficits publics à la fin de chaque année mais concernera également le niveau de dettes. Un Etat avec une dette excessive pourra faire l'objet d'une procédure pour déficit excessif.
- Enfin, les Vingt-Sept ont appuyé une indépendance accrue des autorités statistiques européennes.
 
Herman Van Rompuy s'est dit ravi des résultats obtenus lundi et a ajouté que la Commission européenne avait été chargée de développer une batterie d'indicateurs de compétitivité permettant d'émettre des avertissements précoces. Les ministres comptent demander à la Commission européenne de faire des propositions pour définir de nouvelles sanctions qui restent pour l'heure à définir. Bruxelles songe par exemple à la suspension du versement de certaines subventions du budget de l'UE pour les pays récalcitrants.

Plan de soutien de 750 milliards

L'Allemagne milite aussi pour la suspension du droit de vote lors des réunions ministérielles européennes à Bruxelles. "On en a parlé mais tout le monde est conscient que des sanctions non financières exigent une modification des traités", a déclaré Herman Van Rompuy. "On n'a pas exclu une modification des traités, mais on s'est concentrés sur ce qu'on peut faire à brève échéance et dans le cadre du traité actuel qui ne permet pas d'aller déjà de l'avant et de décréter des sanctions non financières", a-t-il ajouté, assurant toutefois qu'il n'y avait "pas de tabou" pour l'avenir.

Auparavant, les ministres des Finances de la zone euro ont finalisé lundi soir la création du fonds de soutien pour les pays de la zone euro qui connaîtraient des difficultés financières comme la Grèce, a annoncé leur chef de file Jean-Claude Juncker. Les ministres ont signé lundi les documents mettant officiellement en place ce mécanisme de soutien. Il prévoit 440 milliards de garanties de prêts pour les Etats qui seraient dans l'incapacité de trouver de l'argent frais sur les marchés financiers. Les ministres des Finances européens s'étaient mis d'acord le 9 mai sur le principe d'un tel fonds d'urgence. La Suède et la Pologne, non membres de la zone euro, se sont aussi associées à cet instrument, qui doit être complété par des prêts de l'Union européenne et du Fonds monétaire international pour atteindre un total de 750 milliards d'euros.

 

Euro: "Il y avait dès le départ un vice de construction", selon Delors 

Le vers est-il dans le fruit ? L'ex-président de la commission européenne Jacques Delors, interrogé sur la crise de l'euro dans un entretien au quotidien Sud Ouest à paraître mardi, estime "qu'il y avait dès le départ un vice de construction: la partie monétaire était bien faite, la partie économique insuffisante".
 
"Autrement dit, l'euro ne fonctionnait que sur une jambe", précise-t-il, tout en soulignant que "le bilan de l'euro, durant les dix premières années est plutôt positif". "J'ai toujours dit que l'euro protège (même des bêtises commises par certains pays) mais ne stimule pas", ajoute-t-il. Jacques Delors assure par ailleurs "plaider depuis quinze ans pour un rétablissement de cet équilibre (entre la partie monétaire et la partie économique, ndlr) qui était à la base du rapport du comité Delors (1989)".

Il a regrette en outre "la valse hésitation" des Etats européens face à la crise grecque qui a, selon lui, "aggravé la crise, nourri l'euroscepticisme et accru le coût de l'opération de sauvetage". "Face à la crise financière de l'automne 2008, les Etats européens ont réagi assez vite. En revanche, face à la crise grecque, nous n'avons pas été à la hauteur", déplore-t-il. Selon l'ex-président de la commission européenne, "l'un des arguments pour agir vite était la menace qui pesait sur l'euro, et avec lui l'un des fleurons de la construction européenne. Tous ceux qui ont tergiversé sont coupables".

 

Par L.D. (Avec agences) le 07 juin 2010 à 22:59
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3 Commentaires

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  • mcasar, le 08/06/2010 à 16h33

    Cool des sanctions financières pour un état déjà endetté... quelle logique ces traités... c'est une spirale baissière ! vive l'Europe.

  • nanou9566, le 08/06/2010 à 15h46

    Si ce n'était pas si dramatique, j'en mourrai de rire !!!

  • misterpatrick, le 08/06/2010 à 12h52

    A vos consoles ,jouons ensemble a PACte-MAN !!!

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