Par Olivier Levard, le 30 juillet 2010 à 10h41 , mis à jour le 06 mai 2011 à 16h20
Dossier : BAC 2011
Le secteur privé recrute trop peu de chercheurs, entraînant une hausse "préoccupante" du chômage chez les thésards. Il favorise les ingénieurs.
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Vos explications sont convaincantes. C'est l'industrie de l'intellect qui fait vivre le pays mais même cette industrie n'a aucun besoin de faire de la recherche fondamentale. Quant au rendement de l'université, vous avez bien compris pourquoi il est médiocre.
L'article est un peu court : il y a doctorat et doctorat, comme l'ont pertinemment souligné nombre d'intervenants. Le pb est qu'à part quelques exceptions, l'Université campe sur la position: "Les études servent à la formation personnelle, indépendamment de toute considération économique" (lisez les réactions qui fleurissent régulièrement). Difficile de se plaindre de ne pas être embauché après s'être fait plaisir durant 3 ans, avec un sujet peut-être complexe mais dont les retombées industrielles ou commerciales sont hypothétiques. Rappel : la France est leseul grand pays européen où l'Université ne pratique pas de sélection à l'entrée. C'est la raison du nombre d'échecs, de son coût, et paradoxalement de son faible 'rendement'.
Les sujets de these sont devenus trop pointu.Ou voulez vous qu'on trouve une place quand on a planche pendant 4 ans sur le detail de la serrure du protillion Est de la Cathedrale de Ulm ?
Worldrunner, parfait votre parcours, mais je crois que l'article parle du chômage des thésards exclusivement universitaires. Vs n'êtes sans doute pas resté au chômage lgtps, du fait de vos diplômes des grandes écoles. Si vous y avez ajouté une thèse, c'est encore plus appréciable par vos employeurs. J'en parle en connaissance de cause : j'ai pas mal d'amis qui sont thésards (seult) universitaires, ils ont bien ramé pour trouver du boulot et n'ont pas de super salaires. Ceux qui ont fait de grandes écoles, si.
Offre et demande. Y a-t-il dans l'industrie une demande suffisante en gens hyper-pointus dans des domaines étroits? Les entreprises aiment les ingénieurs car ceux-ci ont une excellente formation, plus "générale", à la fois théorique et pratique, leur conférant une faculté d'adaptation et un pragmatisme qui souvent manquent aux universitaires. Et de ce point de vue les ingénieurs français n'ont pas à rougir: j'ai fait toute ma carrière dans une multinationale américaine qui les appréciait beaucoup. Par ailleurs, si elles ont besoin ponctuellement d'une étude sur un sujet de pointe, il est plus logique pour les entreprises de passer un contrat de recherche avec une université que d'embaucher le super-chercheur qui se retrouvera ensuite sous-employé et, disons-le, "coûteux". De plus, croire qu'il faut avoir emmagasiné durant ses études tout ce dont on aura besoin dans le vie professionnelle est évidemment une vue de l'esprit : dans tous les métiers, techniques notamment, on ne cesse d'apprendre et de s'adapter (et heureusement, car on est ainsi dans une dynamique motivante).
Ne disait-il pas (Coluche ou un autre) des chercheurs qui cherchent on en trouve mais des chercheurs qui trouvent on en cherche. Ceci dit ce n'est pas gentil du tout car quoi de plus frustant pour un étudiant à bac +8 qui se retrouve au chômage et une perspective de retraite..........
Antirobert - vous vous faites des idées. Une fois dans son école, le futur ingénieur est assuré de sa réussite aux examens et à son DPE (les échecs sont exceptionnels et couronnent la scolarité des meilleurs cancres). Un doctorant conduit un projet souvent innovant encadré par des chercheurs généralement exigeants. Il doit se soumettre à un jury de chercheurs qui n'est pas spécialement indulgent. La soutenance de la thèse est le couronnement d'un travail acharné et assidu du doctorant pendant 3 ans. La plupart sont également agrégés et l'agrégation est très largement aussi difficile à obtenir qu'un diplôme d'ingénieur. Si vous étiez soit ingénieur soit docteur vous ne parleriez pas par simple ouïe dire. Je ne connais pas un seul vrai ingénieur qui ait votre mépris pour les universitaires.
Non pascalcaen, c'est l'université qui n'aime pas l'entreprise. L'université est trop politisée. J'ai essayé de collaborer avec une université réputée pour développer des concepts innovants en cognitique appliquée à l'analyse financière et à la gestion. Tous les projets ont été pollués par des considérations politiques et l'intrusion de "leaders d'opinion" propres à la fac. Finalement une collaboration avec une école a porté ses fruits au-dela de toute espérance avec des gens probablement moins "géniaux" mais plus réalistes.
Lionelclement: mon commentaire est pour denoncer le fait que l'on ne fait rien en France pour les doctorats. A l'etranger (ou je vis aussi), meme les theses fondammentales sont finances par des entreprises. J'ai une amie qui a un doctorat en Mathematique on-ne-peut-plus-theorique et qui est sponsorisee par une entreprise privee. Pourquoi: pour la renommee de l'entreprise et le future (tres lointain) de l'entreprise. En France, on ne regarde pas plus loin que le bout de son nez.
Exact. je suis rentré ingénieur et j'ai fait ma thèse dans la boite qui m'avait embauché, sur un sujet dont elle avait besoin. Je ne me suis pas présenté avec un doc déjà fait en pensant les révolutioner. Résultat des courses, ma thèse est "dans les rayons de supermarchés" maintenant ....... Qd je dis aux enfants que c'est moi qui est à l'origine de cela, ......, et pourtant, aujourd'hui, si je gère la R&D de mon groupe, c'est en parallèle à d'autres responsabilités, car je suis Dir Industriel Groupe. J'ai quitté la blouse blanche, c'était une étape.
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