L'Irlande au bord du gouffre va demander une aide financière

le 21 novembre 2010 à 15h48 , mis à jour le 21 novembre 2010 à 18h25

Dublin s'apprête à officiellement demander une aide de plusieurs dizaines de milliards d'euros à l'Union européenne et au Fonds monétaire internationale dans le cadre d'un vaste plan de sauvetage des banques irlandaises.

UE : drapeaux de divers pays européens © ABACA

"Je vais recommander que nous demandions à bénéficier du programme d'aide" mis en place il y a six mois par l'UE et le FMI. Ces propos sont ceux de  Brian Lenihan, ministre irlandais des Finances. En clair: le dragon celte est à terre et il est bien obligé de l'admettre. Dublin s'apprête à officiellement demander une aide de plusieurs dizaines de milliards d'euros à l'Union européenne et au Fonds monétaire internationale dans le cadre d'un vaste plan de sauvetage des banques irlandaises, dont la dette astronomique menace l'Europe.

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Plus d'infos

Preuve du caractère critique de la situation, les ministres des Finances des pays du G7 vont eux aussi mener des consultations dimanche soir par conférence téléphonique au sujet de l'Irlande.
 
Pour l'heure, aucune information sur le montant précis de l'aide n'a été fournie.  Mais les analystes évaluent cette somme à 40 à 100 milliards d'euros. En ce qui concerne le calendrier, le ministre a précisé qu'il ferait cette recommandation à l'occasion d'un conseil des ministres extraordinaire dimanche en milieu d'après-midi. Un conseil initialement destiné à finaliser un plan de rigueur draconien, préalable à l'aide internationale. "Les deux sont reliés", a convenu un porte-parole du gouvernement. Le plan de rigueur en question vise à économiser 15 milliards d'euros sur quatre ans, soit près de 10% de l'ensemble du produit intérieur brut (PIB) irlandais. Il a pour objectif de ramener le déficit public record, actuellement de 32% du PIB, à 3%, conformément aux exigences de l'UE. Ce plan devrait être annoncé "en début de semaine prochaine", a indiqué samedi le ministre de l'Agriculture, Brendan Smith.

Vent de contestation
 
Toutefois, ce plan est sujet à caution. Le document de 160 pages est passé au crible par les experts de l'Union européenne (UE), du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque centrale européenne (BCE) installés depuis jeudi à Dublin, afin de finaliser un prêt visant à sauver les banques dont la dette astronomique fait craindre une répétition de la crise grecque du printemps dernier. En contrepartie de ce plan de sauvetage, les instances internationales pourraient demander un durcissement des mesures d'économies budgétaires.
 
Le Premier ministre Brian Cowen a cependant assuré samedi soir que le plan d'austérité ne serait pas alourdi sous la pression des experts. "Les paramètres" ont de toute façon déjà recueilli "l'approbation générale" du commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a-t-il dit. Dublin voudrait annoncer ce plan avant de demander officiellement une aide internationale, afin de ne pas donner à penser que les nouvelles mesures de rigueur lui ont été dictées.  Les nouvelles mesures d'austérité, qui succèdent à des plans d'économies déjà sévères annoncées en salves depuis la récession de 2008, devraient accélérer le dégraissage de la fonction publique et prolonger la réduction des allocations chômage et familiales. Mais il ira encore plus loin en touchant au salaire minimum, l'un des plus élevés d'Europe. Actuellement de 8,65 euros l'heure, il serait amputé d'un euro, selon le Sunday Business Post.
 
Du côté des partenaires sociaux, un vent de contestation se lève. L'ampleur des coupes va provoquer des "désordres sociaux", a prédit Eamon Devoy, responsable du TEEU, deuxième syndicat dans l'industrie, qui appelle à une campagne de "désobéissance civile". L'organisation s'associera à une manifestation prévue pour samedi prochain et que les syndicats annoncent "massive".

le 21 novembre 2010 à 15:48
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26 Commentaires

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  • erleg71, le 21/11/2010 à 20h43

    Pas faux. Et ensuite, c'est nous qui devrons payer leur déficits abyssaux de notre propre poche...

  • kaelea, le 21/11/2010 à 20h43

    Rien à voir avec "l'ultra libéralisme", elle prêtait de l'argent qu'elle n'avait pas.

  • erleg71, le 21/11/2010 à 20h42

    L'Irlande pratique une politique ultra-libérale (déreglementation, privatisations massives, etc...) depuis près de vingt ans !!!

  • erleg71, le 21/11/2010 à 20h40

    L'Irlande... le fameux "tigre celtique" dont les ultra-libéraux nous vantaient tant les mérites !

  • djedi68, le 21/11/2010 à 20h39

    Puis la France si la gauche passe en 2012 ;-)

  • didierbretagne, le 21/11/2010 à 20h30

    Vos convictions sont intéressantes : les Irlandais remboursement leur dette contrairement à la Grêce ? Les reins de l'UE reposent sur tous les pays la composant pris individuellement ils ne représentent pas grand chose. C'est l'Union qui fait la force. A l'école primaire c'est une chose que l'on apprenait : mais c'est si loin.

  • alain-paris, le 21/11/2010 à 20h23

    Ou avec celle de Sarko

  • alain-paris, le 21/11/2010 à 20h22

    Le problème vient de la "faillite" d'une banque qui appliquait à fond les recttes de l'ultra libéralisme

  • tequilap, le 21/11/2010 à 20h11

    En France on a choisit de plumer les citoyens...et après on demandera aussi une aide financière !! nous il y a déjà un moment que nous sommes dans le gouffre (du moins les petits)

  • didierbretagne, le 21/11/2010 à 19h57

    C'est une bonne question l'Euro dépend de la confiance de tous les états qui l'on accepté et face à la mondialisation il n'y a pas beaucoup de choix. Chaque pays constituant l'Europe ne peut survivre seul sur ses acquis face à la Chine, à l'Inde, aux Etats Unis, aux pays émergeants. Surtout conservons et l'U.E. et l'euro sinon les lendemains seront tristes.

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