Les Français n'aiment plus la Bourse

Par TF1 News, le 30 novembre 2010 à 07h26 , mis à jour le 30 novembre 2010 à 07h28

Dossier : UE

Depuis la crise de 2008, les ménages français se sont détournés des placements risqués (le Plan d'épargne en actions est ainsi en recul), et privilégient les placements sûrs comme la pierre ou l'assurance-vie, selon une enquête de l'Insee.

La crise économique et financière a incité les ménages français à réorienter leur patrimoine vers les produits les plus sûrs, à l'exception de l'épargne-logement, pénalisée par une fiscalité moins favorable, montre une étude de l'Insee publiée mardi. Cette enquête, qui a porté sur plus de 15.000 ménages entre octobre 2009 et mars dernier, montre notamment une désaffection pour les valeurs mobilières (actions, sicav et FCP): la part des foyers détenant de telles valeurs est revenue à 19,3%, contre 24,2% en 2004. Le Plan d'épargne en actions (PEA) subit ainsi son premier recul depuis sa création en 1992.

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A l'opposé, les placements liquides et peu risqués, comme le Livret A ou le Livret bleu, ont encore progressé, malgré des rémunérations relativement faibles. Au total, 84,7% des ménages détiennent des livrets défiscalisés, soit un gain de pénétration de 2,1 points en six ans. Une hausse que la généralisation à l'ensemble des banques de la distribution du Livret A a sans doute favorisée, tout comme le vieillissement de la population, ces placements figurant parmi les favoris des retraités. Les livrets "restent la première forme d'épargne des ménages, vers laquelle ils se replient en cas de moindre attractivité des autres formes de placement, ou d'incertitude forte sur l'avenir (perte d'emploi, baisse de pouvoir d'achat,...)", note l'Institut.

Les valeurs refuges : immobilier, assurance-vie

De même, de plus en plus de ménages détiennent de l'assurance-vie, ou de l'assurance décès volontaire: 41,8% en possède au moins une en 2010, contre 35,3% en 2004 et 34,6% en 1998, ajoute l'Institut. En effet, "l'assurance-vie offre aux épargnants un cadre fiscalement attractif, un rendement intéressant et la possibilité de sécuriser, au moins en partie, leur épargne", relève l'Insee. En 2010, 59,8% des détenteurs d'assurance-vie n'ont ainsi que des contrats d'assurance-vie en euros, moins risqués que les contrats multisupports investis pour partie en actions.

La crise a aussi conforté la valeur de la pierre. La part de ménages propriétaires de leur résidence principale est ainsi passée de 55,7% en 2004 à 58% début 2010. En raison de changements législatifs, les produits d'épargne-logement sont ceux qui ont connu le plus net repli au cours des six dernières années, ajoute l'Insee. Bénéficiant d'une fiscalité moins attractive, le plan d'épargne logement (PEL) a ainsi séduit seulement trois ménages sur dix en 2010 alors qu'en 2004, plus de quatre ménages sur dix en détenaient.

Les politiques publiques destinées à favoriser la construction de logements ont aussi pu inciter certains ménages à investir dans l'immobilier, relève l'Insee. "Si un bien immobilier peut perdre de sa valeur, il ne peut pas disparaître, contrairement à une action", souligne Nicolas Bouzou. Selon lui, la crise actuelle de la zone euro n'est pas de nature à changer la donne: "Pendant la crise financière (de 2008), les Français voulaient protéger leur patrimoine car ils avaient peur du chômage, désormais ils vont craindre des rééchelonnements des dettes", avance-t-il. "La crise de la zone euro ne fait que renforcer l'inquiétude des gens", témoigne aussi un responsable d'une grande banque coopérative française. "Paradoxalement, les capitalisations boursières sont attractives, alors que les rendements immobiliers vont finir par se tasser", observe-t-il. "Mais la quête de la sécurité devrait primer pendant encore dix-huit mois", prévoit-il.

Par TF1 News le 30 novembre 2010 à 07:26
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21 Commentaires

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  • a.1.2.c.4, le 30/11/2010 à 14h45

    Quand des socialistes disent que ... le PS ... est un parti de "ringards" ... c'est un exercice de bon aloi ...! :o)))

  • a.1.2.c.4, le 30/11/2010 à 14h42

    On nage en plein bonheur ... au pays des "bisounours" ... d'un autre âge ...! Désopilant ...! :o)))

  • davidlondres0, le 30/11/2010 à 14h38

    Les feignants?? ... moi je dirai les futes....

  • robert.13, le 30/11/2010 à 12h32

    Parce que vous croyez que la part des actionnaires augmente???? Pour exemple, Peugeot n'a pas distribué de Dividende en 2010. Il est vrai que dans leur grande majorité les Français sont incultes sur le plan Économique et Financier.

  • okbutno, le 30/11/2010 à 11h40

    Supersumo je parlais de l'immobilier en France

  • kosotto1, le 30/11/2010 à 11h31

    à claudcouleouce : Autrefois pour investir on faisait appel aux banques, qui faisaient leur métier. en aidant l'économie à se développer. Aujourd'hui les banques ne font plus leur métier, elles cherchent à réaliser des profits et prêtent à des conditions insupportables. Du coup les entreprises vont chercher le capital en bourse avec les conséquences que nous venons tous d"énumérer. à mer78, je dirai qu'effectivement il est bien que les salariés soient actionnaires de leur entreprise, cependant ce système est encore peu développé et la majorité des particuliers qui investissent en bourse par le biais d'un PEA par exemple, n'investissent pas dans l'entreprise où ils travaillent et du coup pénalisent les autres salariés.

  • supersumo, le 30/11/2010 à 11h30

    Vous avez tout faux, actuellement on fait des affaires en or dans l'immo, plein de français achètent au usa par exemple, ça ne vaut plus rien, et demain il sera trop tard, quand à la bourse elle n'a toujours par repris son niveau d'avant crise ni sa rentabilité et c'est pas pour demain

  • a.1.2.c.4, le 30/11/2010 à 11h13

    Je vous invite "kosotto1" (chacun son tour) à regarder sur le site de "France 3", la rediffusion de l'émission pilotée par Frédéric Taddeï de ce lundi ...! Un régal ...! :o)))

  • kosotto1, le 30/11/2010 à 10h39

    à mer 78 : la grosse majorité de ceux qui achètent des actions ne les achètent pas dans la société où ils travaillent, Du coup ils pénalisent les travailleurs de ces sociétés. Quant à inciter les salariés d'une entreprise à acheter des actions de l'entreprise dans laquelle ils travaillent, c'est effectivement une bonne initiative qui leur permet de bénéficier des profits, mais elle est peu développée.

  • nemesis_1664, le 30/11/2010 à 10h33

    Cela est vrai, mais meme si la valeur ajoutée du salarié est faible, pour maintenir une progression de l'EBIT à 2 chiffre, pour continuer à faire venir l'actionnaire qui va apporter son capital à l'entreprise et permettre de rétribuer grassement les dirigeants, il faut que l'entreprise génère des dividendes. Dans notre monde ou le secteur tertiaire est maintenant la partie principale de notre industrie, la chose qui puisse faire croitre la rentabilité d'une entreprise est de baisser les OPEX. Et dans les OPEX la seule partie qui puisse encore être baissée ce ne sont pas les frais fixes liés au matériel, ils ont plutôt tendance à augmenter, ce n'est que la partie imputée au salariés. Donc on peut penser que la pression sur nos salaire n'est pas fini, surtout que maintenant se sont les consommateurs de l'Asie qui sont plus rentable car se sont eux qui ont le plus fort potentiel de progression en terme de consommation. Donc ce n'est pas rentable de continuer à investir sur les consommateurs Européens.

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