Les USA ouvrent en grand les vannes du crédit

le 03 novembre 2010 à 22h20 , mis à jour le 03 novembre 2010 à 22h23

Au lendemain des élections, la banque centrale US, qui a par ailleurs observé le statu quo sur les taux et constate que l'économie est "lente", rachètera pour 600 milliards de dollars d'emprunts d'Etat, un montant supérieur à ce qu'on attendait.

dollar billet argent dollars billetsDes dollars américains. © TF1/LCI

La banque centrale des Etats-Unis a ouvert en grand les vannes du crédit en annonçant mercredi son intention d'injecter 600 milliards de dollars pour soutenir la reprise et les prix, au lendemain d'un scrutin ayant amené à Washington une majorité prônant l'austérité budgétaire. Après la conquête de la Chambre basse par les républicains, qui paralyse les plans de relance du gouvernement, la Réserve fédérale (Fed) se retrouve seule en mesure d'aider l'économie sans délai. Elle a franchi le pas en prenant des mesures d'assouplissement monétaire exceptionnelles dont les partisans les plus ardents reconnaissent eux-mêmes qu'elles sont risquées.
 
A l'issue de deux jours de réunion à Washington, le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) a indiqué que la banque centrale avait "l'intention d'acheter des obligations du Trésor à moyen et long terme pour un montant supplémentaire de 600 milliards de dollars d'ici à la fin du deuxième trimestre de 2011". Pour le FOMC, le but de cette création de monnaie, dont l'annonce a précipité le dollar à la baisse sur le marché des changes, est double : "favoriser une accélération de la reprise économique" et faire remonter l'inflation, trop faible, à des niveaux acceptables. "Le rythme de la reprise de l'activité et de l'emploi continue d'être lent", explique le FOMC, jugeant que les progrès de la Fed vers son double objectif (plein emploi et stabilité des prix) "ont été décevants par leur lenteur".
 
Abaisser les taux, mais un risque
 
Pour Zach Pandl, économiste de la maison de courtage japonaise Nomura, il y a là un "changement notable" dans le discours de la Fed puisqu'il donne "la même importance" à la lutte pour l'emploi et au contrôle des prix alors que le FOMC avait paru s'inquiéter surtout fin septembre d'un risque de déflation.
 
Concrètement, la Fed compte racheter pour 75 milliards de dollars d'obligations d'Etat supplémentaires par mois d'ici à fin juin 2011, mais elle se réserve la possibilité d'ajuster le tir en fonction de l'évolution de l'économie. En décidant d'injecter des liquidités en masse, la Fed, dont le taux directeur est quasi nul depuis près de deux ans, renoue avec des mesures exceptionnelles dites "d'assouplissement quantitatif". En 2008-2009, période correspondant à l'après pic de la crise et au début de la reprise, la Fed avait en effet racheté pour environ 1.750 milliards de dollars de titres financiers sur les marchés. Sur ce total 1.450 milliards sont partis en titres émis par les organismes de refinancement hypothécaires parapublics Freddie Mac et Fannie Mae. Seuls 300 milliards avaient été alloués initialement à des rachats de bons du Trésor. En triplant la mise mercredi, le FOMC veut abaisser encore un peu plus des taux d'intérêts déjà très bas pour stimuler l'investissement et la consommation. Il prend cependant un grand risque en s'aventurant dans "des eaux inexplorées", de l'aveu même de plusieurs partisans de ce programme.

le 03 novembre 2010 à 22:20
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3 Commentaires

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  • alain-paris, le 04/11/2010 à 15h15

    C'est ce qu'il va falloir faire en Europe et aller encore plus loin : faire annuler par les banques centrales les dettes rachetées un fois que les finances publiques seront à peu près en ordre. parce que pour rembourser notre dette, il faudait que le budget de l'état dégage un excedent de 20 milliards par an pendant 80 ans. Et pendant ce temps, on paie pas loin de 50 milliards d'intérets par an. Gros avantage : Ne crée pas d'inflation puisque l'argent est déjà dans l'économie et même devrait réduire puisqu'il n'y aurait plus les intérêts à payer. Et les prêteurs ne seraient pas lésés puisque remboursés. Mais pour ça, il faudra arrêter la pensée unique ultra libérale et changer les dirigeant de la BCE

  • zen1491, le 04/11/2010 à 11h10

    On peut se demander pourquoi la banque centrale a attendu les élections, qui remettent les républicains en selle, pour débloquer des fonds nécessaires à la reprise !

  • toflomagne, le 04/11/2010 à 05h39

    Elections : Réaction ! Commme quoi l'indépendance d'un Etat vis à vis de sa monnaie (entre autres) à du bon. En Europe tout cela n'est plus possible. Qui qu'on vote dans notre pays respectif c'est Bruxelles (et ses eurocrates) qui décide.

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