© ABACAC'est un conseil qui pourrait faire figure de mauvais signe pour les marchés... L'économiste en chef du Fonds monétaire international, Olivier Blanchard, a affirmé jeudi que d'autres pays européens que la Grèce ou l'Irlande auraient intérêt à se faire aider par le FMI et l'Union européenne dans leur combat contre la montée de la dette publique. De quoi titiller les agences de notation et les investisseurs, rendus fébriles par la crise financière qui a déjà frappé les économies les plus "faibles" de la zone euro.
"Un petit pas pour l'euro, un grand pas pour l'Estonie"
L'Estonie, un des trois pays baltes sortis du giron soviétique en 1991, a officiellement adopté samedi la monnaie européenne, au moment où celle-ci traverse une crise sans précédent.
Publié le 01/01/2011
Estonie : passage à l'euro à contretemps ?
L'Etat balte devait adopter le 1er janvier la monnaie européenne. Une décision appréhendée par la population alors que le gouvernement la présente comme avantageuse, malgré la mauvaise passe que traverse l'euro.
Publié le 31/12/2010
Toutefois, l'économiste, qui n'est pas un apprenti-sorcier, relativise. "Les Etats peuvent-ils parvenir à des finances publiques viables ? Ils le peuvent", assure Olivier. Blanchard, interrogé sur les problèmes budgétaires des pays européens par le magazine interne du FMI. Mais "peuvent-ils le faire seuls ? Je comprends tout à fait la réticence des pays à demander un programme commun de l'Union européenne et du FMI. Mais de tels programmes peuvent aider", a-t-il ajouté. En effet, demander de l'aide peut émettre un mauvais message, notamment vers les agences de notation. Celles-ci pourraient être tentées d'abaisser la note des pays concernés, induisant éventuellement pour eux une hausse des taux d'emprunt sur la dette.
Aucun pays cité
Mais selon l'économiste, le risque est écarté. Et selon lui, une aide financière du Fonds et de l'UE contribue à l'objectif de réduire la dette à moyen terme "de deux manières". "Premièrement, en fixant un plafond au taux d'intérêt auquel les Etats peuvent emprunter, les programmes éliminent le risque (...) que les investisseurs, qu'ils aient tort ou raison, demandent des taux d'intérêt élevés, rendant impossible le remboursement pour les pays, et permettant aux peurs des investisseurs de se matérialiser par elles-mêmes", explique-t-il. "Deuxièmement, même si les programmes ne demandent pas d'en faire plus que ce que le pays comptait faire de son côté, ils renforcent la crédibilité de ces engagements, et rassurent les marchés à propos du moyen terme", a-t-il ajouté. Olivier Blanchard ne cite toutefois aucun pays en particulier.
L'année 2010 a été marquée par l'adoption de plans d'aide communs de l'UE et du FMI pour deux pays de la zone euro, la Grèce en mai, qui doit toucher 110 milliards d'euros sur trois ans, et l'Irlande en novembre, qui doit recevoir 85 milliards sur trois ans.
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