150.000 Français ont fait leur révolution fiscale !

Par , le 31 janvier 2011 à 18h45 , mis à jour le 01 février 2011 à 11h27

Interview - Un simulateur permettant aux internautes de concevoir un nouvel impôt sur le revenu cartonne. Un de ses concepteurs revient sur ce succès.

Pour une révolution fiscalePour une révolution fiscale © DR

C'est bien moins sexy que Sim City mais les internautes adorent. En proposant un moteur de simulation fiscale sur Internet  associé à leur ouvrage Pour une révolution fiscale,  ses auteurs de  ne se doutaient pas que des centaines de milliers de Français se prendraient au jeu. Les économistes Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez y proposent un nouvel impôt sur le revenu "pour le 21e siècle". Guillaume Saint-Jacques, économiste et étudiant à l'ENS Ulm, a conçu pour eux le fameux simulateur  qui permet à chacun de faire sa propre "révolution fiscale" sur Internet en élaborant son impôt à la carte (tranches, taux d'imposition...). Il revient pour TF1 News sur le succès de cet outil et sa philosophie.

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TF1 News : Votre outil - qui permet de faire sa propre "révolution fiscale" - cartonne sur Internet. A quel point?

Guillaume Saint-Jacques, économiste
Guillaume Saint-Jacques, économiste

Guillaume Saint-Jacques, économiste : Nous avons déjà fait 280.000 simulations depuis le 20 janvier et cela continue au rythme de 20.000 par jour, pour un peu moins de 150.000 visiteurs. Le succès a d'ailleurs été compliqué à gérer : nous sommes partis sur un seul serveur au début avant d'en rajouter huit dans la nuit du mercredi au jeudi tellement il y avait de demandes... On n'exclut pas d'arriver jusqu'à un million, l'objectif étant surtout de peser dans le débat politique. Cela nous fait bien sûr très plaisir : la démocratie est un des grands axes de ce livre et ce moteur était un moyen pour que tout le monde ait accès au débat fiscal. Et c'est une première mondiale.

TF1 News : Comment expliquez-vous un tel succès?

G. S. - J. : Fondamentalement, cela correspondait à une demande : les gens veulent mieux comprendre la fiscalité et s'exprimer sur le débat. La façon, dont on finance l'Etat et la Sécurité sociale nous intéresse tous. Qui paye quoi? Qui finance quoi? Les riches paient-ils vraiment plus que les pauvres ou est-ce l'inverse? On observe d'ailleurs que les gens reviennent, réfléchissent, font évoluer leur première simulation. Il y a aussi eu l'exposition médiatique et le buzz via Facebook ou Twitter qui nous amène des milliers d'internautes par jour.

TF1 News : Le "produit d'appel", c'est cet outil qui permet de comparer son salaire au reste de la population...

G. S. - J. : C'est en effet la grosse attraction, cela permet de savoir où l'on se trouve en termes de revenus et de patrimoine par rapport à la population française dans son ensemble. Un des auteurs, Emmanuel Saez a eu cette idée en discutant avec sa famille... Les gens passent ensuite à l'outil de simulation fiscale. Ils utilisent d'ailleurs davantage celui basé sur l'impôt que nous proposons dans le livre, pour l'avenir, que celui qui existe actuellement. C'est encourageant mais c'est sans doute aussi parce que l'impôt sur le revenu existant est très compliqué et plus long à calculer !

exergue "Faire payer les très riches n'est pas franchement une idée d'extrême gauche!"

TF1 News : Ce livre a plutôt une sensibilité de gauche  (NDLR : Thomas Piketty a été conseiller économique de Ségolène Royal). Les internautes du site aussi ?

G. S. - J. :  Le livre est un manifeste pour un impôt plus simple et avec moins de niches. S'agissant du barème pour chaque tranche de revenus, les auteurs sont ouverts. Ils en proposent cinq, de "l'ultralibéral" au plus égalitaire. Certes, la théorie du livre de faire un impôt réellement progressif est plutôt de gauche, mais on peut considérer que faire payer les très riches proportionnellement autant que les pauvres n'est pas franchement une idée d'extrême gauche ! C'est un minimum et cela n'est pas particulièrement partisan. Avec la réforme que nous proposons,  97% des Français paieraient moins d'impôts car c'est proportionnellement les très hauts revenus qui en payent le moins. Dans le simulateur, on peut d'ailleurs choisir une "flat tax", où riches comme pauvres payent la même chose : 13% de leurs revenus.  Vu les mails que l'on reçoit, il n'y a en tout cas pas que des internautes de gauche !

TF1 News : Et chacun ne simule-t-il pas un système pour se favoriser soi-même?

G. S. - J. : Pas forcement, car notre système prévoit de supprimer toutes les niches fiscales et donc les cas particuliers. Quand vous "aménagez" l'impôt sur votre tranche de revenus, des millions de Français sont impactés. Lorsque l'on réalise que tout le monde fait un effort, que l'impôt est juste et qu'on le comprend, il devient d'ailleurs plus acceptable pour tous...

TF1 News : Qu'est-ce que votre outil va changer ? C'est une boite à idées pour la gauche en 2012?

G. S. - J. : Pour la gauche ou pour la droite !  Le plus important c'est qu'il clarifie le débats. Avant, le ministère de Finances avait en quelque sorte le monopole des données. Désormais, chacun - député, chef de parti ou internaute lambda - peut faire sa propre simulation grâce aux données très précises des auteurs qui utilisent 800 000 individus fictifs. Les députés sont contents de pouvoir enfin simuler les réformes eux-mêmes. Les partis politiques sont interpellés et souvent pas encore prêts à prendre position , mais cela permettra que l'on ait un débat posé pour 2012. Notre outil pourra d'ailleurs être maintenu pour mieux parler d'économie dans le débat politique avec des éléments chiffrés et vérifiables. Nous réfléchissons à des déclinaisons.

TF1 News : A votre tour de vous mouiller ! Quel barème  a votre préférence?

G. S. - J. : Je trouve que notre version "zéro", le barème central, est bien car elle favorise la grande majorité des Français. C'est un objectif minimal que les plus riches payent - proportionnellement à leur revenu - autant que les plus pauvres!

Le simulateur et toutes les explications dans le détail sont à retrouver sur le site : Pour une révolution fiscale

Par Olivier Levard le 31 janvier 2011 à 18:45
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64 Commentaires

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  • claudcouledouce, le 02/02/2011 à 12h25

    Kossoto, vous employez, comme beaucoup d'autres dans votre cas, des mots dont vous ne connaissez pas le sens. Le libéralisme économique c'est la liberté d'entreprendre alliée à la responsabilité. Alors si l'ultra libéralisme devait exister (il n'existe que dans vore esprit) ce serait la liberté d'entreprendre dans l'ultra responsabilité. Ce que vous croyez être le libéralisme sauvage n'est que, soit la dictature y compris du prolétariat, soit l'escroquerie organisée qui doit être poursuivie et punie par la justice. Mais je crois que c'est le mot liberté qui vous fait peur dès lors qu'il ne s'agit pas de la votre. Vous êtes vous même prisonnier de votre système de pensée. Vous n'êtes donc pas libre.

  • claudcouledouce, le 02/02/2011 à 10h48

    Pour une fois, kossoto reconnait qu'après 1995 il fallait rendre la France à nouveau attractive après 14 ans de gabegie mitterrandienne. Il oublie la sotte dissolution de Chirac qui a permis à Jospin et Aubry de terminer le boulot de démolition systématique de l'économie française qui frise la trahison par leur complicité objective avec les concurrents de la France. Celui qui réussira à tout remettre d'aplomb sera considéré comme un héros national, bien plus tard, après le temps qu'il faut aux historiens pour mesurer objectivement les mérites de chacun.

  • kosotto1, le 02/02/2011 à 10h38

    Et au vu de la situation mondiale actuelle, vous trouvez qu'il marche vous le système capitaliste ultra-libéral ?. Surement pour ceux qui s'en mettent plein les poches, mais croyez moi ce ne sont pas les plus nombreux !

  • kosotto1, le 02/02/2011 à 10h36

    Moicontribuable : bien sur comme pour la retraite ! Ils ont voulu passer en force ils sont passés, donc ils auraient pu faire pareil pour le reste, mais faut il en avoir les compétences !

  • claudcouledouce, le 02/02/2011 à 09h57

    Non seulement je l'ai lu "le bouquin" mais j'ai lu la plupart des élucubrations idéologiques de Piketty qui gâche son talent (que personne ne conteste) à essayer de trouver la quadrature du cercle pour justifier les candidatures de gens incompétents : à savoir comment enrichir les gens sans autre talent que de savoir consommer, sans courage au delà de 35 heures et qui prétendent cependant conquérir les marchés en produisant moins que ce qu'ils consomment au détriment de ceux qui ont du talent et du courage. Et contrairement à certains ici, je comprends ce qu'il écrit. Il y a une différence entre identifier les inégalités et les corriger sans nuire à l'intérêt général. Critiquer ce qui se fait est toujours facile, proposer quelque chose de cohérent du genre recette miracle qui n'aggrave pas insidieusement les choses demande du génie. Il y a loin des salons où l'on pérore au ministère des finances. Au café du commerce on appelle ces types là des yaka. Un jour je suis sûr que Piketty comprendra qu'un système fiscal n'a pas comme première vocation de sembler équitable mais de favoriser l'intérêt général. Un système où l'on appauvrissait les riches a déjà été expérimenté pendant des dizaines d'années et, mauvaise nouvelle, ça ne marche pas. Quand on confie la richesse d'une nation à des pauvres ils la dilapident. S'ils étaient capables de la faire fructifier, ils seraient riches.

  • moicontribuable, le 02/02/2011 à 09h25

    Dom145, pour ne pas vivre des minimas sociaux, on a travailles dure. Que chacun fasse de meme et arrete de toujours repousser la faute sur les autres.

  • moicontribuable, le 02/02/2011 à 09h23

    Kosotto, chaque fois qu'ils ont essayes, les syndicats et la gauche ont tout bloques en parlant soit disant des acquis. Ne vous trompez pas de responsables.

  • moicontribuable, le 02/02/2011 à 09h22

    C'est la que c'est drole, l'Europe de l'ouest suit le meme chemin que l'Europe centrale il y a quelques annees; quand toutes les populations ont ete plongees dans la misere par le socialisme et que seule une revolution les en a sortis. Les gens ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont, et que 1200 Euros pour quelq'un qui ne cree rien par lui meme c'est deja enorme.

  • moicontribuable, le 02/02/2011 à 09h19

    Suffit de voir les quelques emissions qui entrent dans ces appartements; 2 tles allumes mais personne qui regarde, chaufage a fond et fenetre ouverte, lumieres allumees en plein jour...

  • kosotto1, le 02/02/2011 à 08h50

    Vous ne flattez pas les gouvernements de droite avec ce commentaire. Car depuis 1995 et la fin du mandat de François Mitterrand, s'ils n'ont pas réussi à rendre la France attractive, c'est qu'ils manquent quand même de compétences non ?

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