Sarkozy tape sur l'Irlande et le "travailler moins"

Par , le 13 janvier 2011 à 16h43 , mis à jour le 13 janvier 2011 à 17h16

Le chef de l'Etat a dénoncé la politique fiscale de l'Irlande tout en expliquant qu'on "ne peut pas travailler moins dans un monde qui avance à une vitesse stupéfiante".

Nicolas Sarkozy chez Airbus le 13 janvier 2011Nicolas Sarkozy chez Airbus le 13 janvier 2011 © DR / LCI

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Il ne parle plus de "travailler plus" mais condamne toujours le "travailler moins". Nicolas Sarkozy a présenté jeudi la "réhabilitation du travail" et le renforcement de la compétitivité de la France comme les deux grands objectifs de sa politique économique pour 2011, s'ajoutant à la poursuite des efforts de réduction des déficits. Au pied d'un énorme A380 fraîchement sorti de l'usine d'assemblage d'Airbus à Blagnac, près de Toulouse, le chef de l'Etat a présenté au monde économique des vœux qu'il a voulus lucides mais déterminés, évitant "optimisme béat" ou "sinistrose".
 
Au lendemain de l'annonce de la plus importante commande de son histoire (180 A320 achetés par la compagnie indienne IndiGo), Nicolas Sarkozy a érigé le constructeur aéronautique européen en exemple. "Quand je vois la magnifique réussite de l'entreprise, je me dis qu'il faut croire en la France", a-t-il assuré, "nous ne sommes pas condamnés au déclin, mais les recettes qui marchent, les stratégies qui réussissent, on les connaît : réhabiliter le travail, améliorer notre compétitivité, réduire nos dépenses publiques et faire en sorte que chacun puisse s'y retrouver".
 
Comme ces derniers mois dans chacune de ses visites d'usines, le président a fait de la "réhabilitation du travail" une priorité, qui sonne déjà comme un slogan de campagne pour la présidentielle de 2012. S'il a reconnu les "souffrances" et "difficultés" suscitées par la crise, ainsi qu'une "profonde aspiration à davantage de justice", Nicolas Sarkozy a présenté comme seule réponse "qu'on laisse travailler ceux qui veulent travailler", "pas qu'on multiplie les allocations". Sans évoquer la polémique sur leur fin qui agite sa majorité, il a une nouvelle fois enterré les 35 heures. "On ne peut pas travailler moins dans un monde qui avance à une vitesse stupéfiante", a-t-il martelé.
 
Exemple allemand
 
Sur la compétitivité, Nicolas Sarkozy s'est livré à un nouveau plaidoyer pour l'intégration européenne tout en épinglant l'Irlande. "L'euro est une grande réussite européenne, c'est une force, y renoncer serait une folie", a-t-il estimé, tout en trouvant sa valeur par rapport au dollar encore "trop élevée". "Je ne laisserai pas défaire l'euro. Si on laisse tomber l'euro, on laisse tomber l'Europe. Je connais vos problèmes de parité, on va se battre. Mais il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain", a insisté le président français disant  sa volonté "d'aller plus loin vers un nouveau gouvernement économique de la zone euro".  
 
Au programme de ce gouvernement, il a esquissé un recadrage de l'Irlande qui a conservé son faible taux d'imposition des sociétés tout en profitant de l'aide européenne. "Je respecte profondément indépendance de nos amis irlandais et nous avons tout fait pour les aider. Mais ils ne peuvent durablement nous dire : venez nous aider, et continuer à garder un impôt sur les bénéfices des sociétés moitié moindre" que les autres, a déclaré Nicolas Sarkozy. "On ne peut pas parler d'intégration économique sans convergence des systèmes fiscaux (...), avec la chancelière allemande Angela Merkel, nous allons renforcer l'intégration économique européenne et nous allons progresser dans la convergence fiscale", a-t-il ajouté.
 
Le chef de l'Etat a aussi promis la poursuite des efforts de réduction des déficits, "quelle que soit la croissance" et "sans augmenter les impôts" confirmant son intention de rapprocher le système fiscal français de celui de son voisin allemand, par le biais d'une réforme de l'imposition du patrimoine qui doit signer l'arrêt de mort du très décrié bouclier fiscal et, peut-être, de l'impôt sur la fortune.

 

Les marchés rassurés

L'inquiétude persistante sur la solidité financière des états européens tend à s'apaiser. L'Espagne a passé jeudi avec succès son premier test obligataire de l'année, avec l'émission de bons du Trésor à cinq ans, après des placements d'obligations également réussis par la Grèce et le Portugal. France, les Etats-Unis, l'Allemagne et le Royaume-Uni méritent toujours leur note maximale "Aaa" mais devront maîtriser la hausse de leurs dépenses, notamment de santé, pour espérer la conserver, a par ailleurs prévenu jeudi l'agence de notation Moody's Investors Service. Une autre agence de notation, Standard and Poor's, a jugé jeudi que la France et l'Allemagne, toutes deux notées "AAA", soit la meilleure note, "présentent les mêmes risques de défaut", alors que les deux pays ne sont pas soumis à la même pression des marchés.

 

Par Olivier Levard le 13 janvier 2011 à 16:43
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53 Commentaires

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  • 421123, le 17/01/2011 à 13h52

    Monsieur le Président a raison et ne peut pas de ce fait se rendre populaire.

  • honey1000, le 14/01/2011 à 15h18

    Mais de quoi se mêle t-il? là bugcannes et bebert sont aux abonnés absents...

  • darknesswalker, le 14/01/2011 à 15h12

    Euh..... ou avez vous vu que l'on était bloqué à 48h de travail maximum par semaine ? Personnellement je suis à 50h voir plus.

  • misterpatrick, le 14/01/2011 à 11h43

    Sarko a toujours besoin de trouver un bouc émissaire et cristalliser le mécontentement sur celui-çi là c'est l'Irlande demain cela sera un pays ou un politique le but que l'on le voit et surtout bien désigner la cible , simplissime !

  • matinen, le 14/01/2011 à 11h00

    L'irlande est en crise, certes.... Mais il faut avoir un peu de mémoire quand meme, entre 1995 et 2007, l'irlande c'est 7% de croissance en moyenne par an....... Ca fait plus de 20 ans que la france n'a pas été fichu d'atteindre 5% de croisse alors de là à parler de 7% en moyenne sur 12 ans!!! Et dans la meme période, on dépassait difficilement 2% de croissance Avant de taper sur les autres, il vaut mieux commencer par expliquer ses propres problèmes. C'est trop facile le c'est pas moi, c'est mon voisin

  • sylgui2002, le 14/01/2011 à 10h21

    Comment vous faites, car moi j'avais besoin d'une personne pour 1 journée et bien j'ai trouvé en 2 coups de téléphone. Certes j'ai payé un peu cher mais j'ai trouvé. Démagogie quand tu me tiens.

  • ed731, le 14/01/2011 à 09h37

    Si les salaires augmentent, ce qui est peu probable, alors les prix augmenteront aussi car il faudra bien que les entreprises répercutent les coûts de main d'oeuvre, et forcément le pouvoir d'achat n'évoluera pas.

  • euzenot-furiga, le 14/01/2011 à 07h10

    Je suis de gauche mais si au second tour on a le choix entre Sarkosy et Marine je vote Marine.

  • kosotto1, le 13/01/2011 à 23h19

    Gagné plus et non gagner (sorry)

  • hc46, le 13/01/2011 à 22h11

    Vous savez il y a beaucoup d'ouvriers qui ont voté et revoteront pour lui et notamment chez Airbus.Les heures supplementaires tant decriées par la gauche ce sont eux qui en profitent et tant mieux.Le mythe de l'ouvrier PCF c'est fini

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