Image d'archives © TF1Une nouvelle fois, la Grèce a démenti lundi avoir demandé une restructuration de sa dette comme le rapportait plus tôt un journal grec. "C'est faux. Le ministre a clos le sujet hier", a déclaré une source du ministère des Finances qui a refusé d'être citée, faisant référence aux propos tenus par George Papaconstantinou pendant le week-end. "La demande du gouvernement a été transmise par le ministre des Finances lors de la réunion informelle des ministres des Finances de l'Ecofin en Hongrie début avril", écrivait de son côté le quotidien Eleftherotypia, ajoutant que les discussions devraient débuter en juin. Le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner s'est déclaré en faveur d'une telle restructuration. De son côté, la banque de Grèce a estimé lundi matin qu'une restructuration n'était "ni nécessaire, ni souhaitable", tout en jugeant les réformes engagées "en retard par rapport à l'évolution de la dette". Alors que le mouvement pro-démocratie marque le pas dans le monde arabe, et que les appels à une aide financière occidentale se multiplient, les institutions financières internationales veulent marquer leur soutien. "Bien sûr nous nous tenons prêts à aider", affirme Dominique Strauss-Kahn. La Chine a demandé samedi à l'Europe "d'accroître" ses efforts de rigueur budgétaire pour juguler la crise de la dette publique, devant l'instance politique du Fonds monétaire international réunie à Washington. Après les remous provoqués sur les marchés par les propos du ministre allemand des Finances sur la dette grecque, les responsables européens s'efforcent de rassurer : une restructuration n'est pas à l'ordre du jour. La France fait partie d'une série de sept pays qui seront l'objet d'examens approfondis pour tenter de juguler les déséquilibres de l'économie mondiale. De source officieuse, les autres membres de la liste pourraient être les Etats-Unis, l'Inde, la Chine, l'Allemagne, le Royaume-Uni et le Japon. Avec une note abaissée de deux crans, l'Irlande est au plus bas niveau pour les emprunteurs fiables. Une nouvelle baisse relèguerait le pays parmi les emprunteurs spéculatifs. Le risque : une forte hausse des taux. Une autre agence de notation, Fitch Ratings, a pourtant relevé la note irlandaise. La ministre de l'Economie Christine Lagarde annonce dans Les Echos de jeudi avoir légèrement revu à la baisse la prévision de croissance de l'économie française pour 2012, ramenée à 2,25% du PIB contre 2,5% auparavant.
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Restructurer les dettes publiques grecque, irlandaise ou portugaise serait "catastrophique", a déclaré en revanche la ministre française des Finances. "Nous avons un contrat avec la Grèce, un contrat qui prévoit un soutien financier" en échange "d'efforts" pour le rétablissement des finances publiques, a dit Christine Lagarde, dans une interview à LCI. "Une telle mesure empêcherait ces pays de retourner sur les marchés financiers", a-t-elle ajouté, les plans d'aide en cours sont des "béquilles, qui leur permettront un jour de retourner sur ces marchés".
Comme les autres bourses européennes, Paris creusait ses pertes lundi, pénalisée par le secteur bancaire qui souffre de spéculations alors que les banques françaises sont très exposées à la dette grecque. La tendance était aggravée par l'annonce par l'agence de notation Standard & Poor's de la révision à la baisse, de stable à négative, de sa perspective sur la dette des Etats-Unis.
"Décider quelque chose"
L'idée d'une restructuration de la dette grecque fait l'objet de toutes les spéculations depuis de longs mois. Jeudi, le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schaüble, les a attisées en affirmant que si une analyse de la viabilité de la dette grecque en juin montrait que la Grèce n'était pas sur une trajectoire soutenable, alors "il faudrait décider quelque chose", évoquant "de nouvelles mesures".
L'euro était en nette baisse lundi face au dollar, passant sous 1,44 dollar, victime de l'inquiétude persistante des investisseurs quant à la dette des pays les plus fragiles de la zone euro. Il se situait encore au-dessus de 1,45 dollar la semaine dernière, un plus haut depuis mi-janvier 2010. Les opérateurs étaient aussi sous le coup de l'abaissement de deux crans vendredi matin de la note de l'Irlande, par l'agence de notation Moody's Investors Service, la reléguant au plus bas niveau possible pour les emprunteurs fiables.
Le Portugal bientôt austère
Par ailleurs, les discussions sur l'octroi d'une aide à Lisbonne qui devrait avoisiner les 80 milliards d'euros entrent dans une phase cruciale lundi à Lisbonne, où des représentants de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international discuteront avec les autorités portugaises. Le déblocage de cette aide sera assorti d'une douloureuse cure d'austérité, à l'image de ce qu'ont vécu, avant le Portugal, la Grèce et l'Irlande.
Les ministres européens des Finances ont mis en place trois piliers: l'ajustement budgétaire, la compétitivité de l'économie portugaise et la solvabilité de son secteur financier. Un programme de privatisations devrait également être mis en œuvre. Les négociations partiront sur la base du programme d'austérité que le Premier ministre socialiste José Socrates a présenté en mars dernier. Son rejet par le Parlement a conduit à sa démission et à l'organisation de législatives anticipées, le 5 juin prochain.
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