Les malades de l'euro tirent les Bourses vers le bas

Par , le 18 avril 2011 à 10h58 , mis à jour le 18 avril 2011 à 16h43

La Grèce a de nouveau démenti lundi avoir demandé une restructuration de sa dette, une hypothèse qui divise ses partenaires européens. Le Portugal prépare son plan d'austérité.

Acropole GrèceImage d'archives © TF1

Une nouvelle fois, la Grèce a démenti lundi avoir demandé une restructuration de sa dette comme le rapportait plus tôt un journal grec. "C'est faux. Le ministre a clos le sujet hier", a déclaré une source du ministère des Finances qui a refusé d'être citée, faisant référence aux propos tenus par George Papaconstantinou pendant le week-end. "La demande du gouvernement a été transmise par le ministre des Finances lors de la réunion informelle des ministres des Finances de l'Ecofin en Hongrie début avril", écrivait  de son côté le quotidien Eleftherotypia, ajoutant que les discussions devraient débuter en juin. Le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner s'est déclaré en faveur d'une telle restructuration. De son côté, la banque de Grèce a estimé lundi matin qu'une restructuration n'était "ni nécessaire, ni souhaitable", tout en jugeant les réformes engagées "en retard par rapport à l'évolution de la dette".

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Restructurer les dettes publiques grecque, irlandaise ou portugaise serait "catastrophique", a déclaré en revanche la ministre française des Finances.  "Nous avons un contrat avec la Grèce, un contrat qui prévoit un soutien financier" en échange "d'efforts" pour le rétablissement des finances publiques, a dit Christine Lagarde, dans une interview à LCI. "Une telle mesure empêcherait ces pays de retourner sur les marchés financiers", a-t-elle ajouté, les plans d'aide en cours sont des "béquilles, qui leur permettront un jour de retourner sur ces marchés".

Comme les autres bourses européennes, Paris creusait ses pertes lundi, pénalisée par le secteur bancaire qui souffre de spéculations alors que les banques françaises sont très exposées à la dette grecque. La tendance était aggravée par  l'annonce par l'agence de notation Standard & Poor's de la révision à la baisse, de stable à négative, de sa perspective sur la dette des Etats-Unis. 

 
 
 
 

"Décider quelque chose"
 
L'idée d'une restructuration de la dette grecque fait l'objet de toutes les spéculations depuis de longs mois. Jeudi, le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schaüble, les a attisées en affirmant que si une analyse de la viabilité de la dette grecque en juin montrait que la Grèce n'était pas sur une trajectoire soutenable, alors "il faudrait décider quelque chose", évoquant "de nouvelles mesures".
 
L'euro était en nette baisse lundi face au dollar, passant sous 1,44 dollar, victime de l'inquiétude persistante des investisseurs quant à la dette des pays les plus fragiles de la zone euro. Il se situait encore au-dessus de 1,45 dollar la semaine dernière, un plus haut depuis mi-janvier 2010. Les opérateurs étaient aussi sous le coup de l'abaissement de deux crans vendredi matin de la note de l'Irlande, par l'agence de notation Moody's Investors Service, la reléguant au plus bas niveau possible pour les emprunteurs fiables.
 
Le Portugal bientôt austère
 
Par ailleurs, les discussions sur l'octroi d'une aide à Lisbonne qui devrait avoisiner les 80 milliards d'euros entrent dans une phase cruciale lundi à Lisbonne, où des représentants de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international discuteront avec les autorités portugaises. Le déblocage de cette aide sera assorti d'une douloureuse cure d'austérité, à l'image de ce qu'ont vécu, avant le Portugal, la Grèce et l'Irlande.
 
Les ministres européens des Finances ont mis en place trois piliers: l'ajustement budgétaire, la compétitivité de l'économie portugaise et la solvabilité de son secteur financier. Un programme de privatisations devrait également être mis en œuvre. Les négociations partiront sur la base du programme d'austérité que le Premier ministre socialiste José Socrates a présenté en mars dernier. Son rejet par le Parlement a conduit à sa démission et à l'organisation de législatives anticipées, le 5 juin prochain.

Par Olivier Levard le 18 avril 2011 à 10:58
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26 Commentaires

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  • escotr250, le 19/04/2011 à 08h49

    La bonne nouvelle c'est qu'ils commencent á s'attaquer aux Usa, bientot la fin des agences de notation et de la récréation des banquiers

  • humanoide56, le 18/04/2011 à 21h00

    Vous n'avez aucun chiffre pour prouver ce que vous dites, ni qui a fait quoi dans le monde réel ! Juste un détail l'économie de la France était quasi à l'équilibre en 87 , c'est la dernière année avant le grand plongeon, par le pillage de toutes les caisses ! et bref ! Si en septembre le sénat passe à gauche, vous allez pleurer !

  • mcg35, le 18/04/2011 à 19h04

    @jipoulou - Oui, et beaucoup d'Allemands commencent à en avoir assez de payer pour les pays "cigales".

  • al38240, le 18/04/2011 à 18h51

    Parce que les socialistes portugais pouvaient décider autre chose que les restrictions ?? S'ils avaient pu, à moins d'être un peu maso sur les bords, je pense qu'ils auraient choisi une autre solution. C'est pour cela que le programme du PS français me fait PEUR !

  • look165, le 18/04/2011 à 18h46

    Si on tire trop les Bourses vers le bas ...en général ça fait mal !

  • totoffg, le 18/04/2011 à 18h21

    Un commentaire historiquement faux vu les majorités qui ont gouverné en Europe ces 50 dernières années. Et idiot car les problèmes de désendettement des Etats ne datent pas de cette période. Peut être voudriez vous qu'on remonte à Bonaparte pour trouver celui ou celle (socialiste forcément...pffff) qui a le premier "détruit " le pays. Vous parlez d'esprit ouvert quand votre commentaire n'est que bêtement partisan. J'ai donc ri.

  • totoffg, le 18/04/2011 à 18h09

    Vous auriez pu titrer "les malades de la bourse tirent l'euro vers le haut" également ! Parce que ce sont les marchés financiers qui font définitivement la loi et imposent leurs volontés et conditions aux Etats. Certes ils doivent se désendetter mais ils ont le temps... désormais on leur demande des rentabilités comme dans les entreprises. La question n'est pas la sortie de l'euro et le repli sur soi mais la reprise de contrôle des Etats sur les marchés .C'est plus difficile mais moins démago...

  • richardon, le 18/04/2011 à 17h48

    Le portugal prépare son plan de restriction pour les plus pauvres, et ils se disent de " gauche" ses dirigeants ! ils vont le payer trés cher aux prochaines élections ! et il ne faudra pas pleurer ! les électeurs n'iront plus voter et grace à l'absention la droite reprendra le pouvoir ! voilà ce que c'est de ce faire élire avec un programme de gauche et appliquer un de droite ! attention en France en 2012 de ne pas commétre l'erreur d'élire DSK car nous auront le méme sort que l'irlande, la gréce ou le portugal !

  • misterlife, le 18/04/2011 à 17h44

    La france est trop riche!!detiens trop de capitaux!!

  • kilian0611, le 18/04/2011 à 17h15

    Comme quoi Marine a entierement raison dans sa logique du retour au Franc l'Euro s'effondre et ce qu'elle préconise est du bon sens : sortir de l'euro et redonner a la banque de France ces prérogatives et sortir de cette obligation d'emprunter a ces banques privés mondialistes !!! Marine plus que jamais remettra la France a flot l'UMPS pro-mondialiste se remplit les poches

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