© TF1/LCILa mondialisation à tout va, non! Pour deux salariés sur trois, la mondialisation demeure une menace pour l'emploi. Pour autant, ils ne la rejettent pas en bloc, selon une enquête TNS Sofres (*). Interrogés sur leur vision "globale" de la mondialisation, les salariés du privé ont un avis très partagé : 52% y voient "une mauvaise chose", contre 48% qui la jugent positive, les jeunes étant plus nombreux (60%) de cet avis, selon l'enquête réalisée pour le Conseil d'orientation pour l'emploi (COE), organisme placé auprès du Premier ministre. Invités à choisir entre deux propositions : la mondialisation comme une "menace pour l'emploi" ou comme "une opportunité pour les entreprises", les salariés choisissent aux deux tiers (66%) la première opinion, les ouvriers étant plus nombreux de cet avis (73%) de même que les plus de 40 ans (71%). A l'opposé, 34% des sondés y voient une opportunité grâce à l'ouverture des marchés, les cadres étant plus nombreux de cet avis (52%).
Deux tiers (65%) des salariés interrogés affirment que la mondialisation n'a pas eu de répercussion sur leur propre emploi. Ceux qui ont été touchés estiment très majoritairement (78%) qu'elle a ralenti la croissance de leur salaire et renforcé la demande de productivité de la part de l'employeur (71%).
Les ouvriers plus favorables au protectionnisme
Pour conjurer les effets supposés néfastes de la mondialisation, une large majorité de Français (80%) estime qu'il faut développer de nouvelles productions moins concurrencées par les étrangers, améliorer la qualification des salariés par la formation (75%), mettre en place un socle universel de protection sociale (74%), réaliser des investissements pour réduire les coûts de production (73%), baisser le coût du travail en réduisant les charges sociales (71%).
Mais une majorité (61%) propose aussi des "mesures protectionnistes", les ouvriers étant plus nombreux à les préconiser (67%). "C'est une palette de solutions qui doit être mise en oeuvre pour lutter contre les effets négatifs" de la mondialisation, a souligné la présidente du COE, Marie-Claire Carrère-Gée, qui organise un colloque sur ce thème mardi. "Les salariés ont raison de considérer que les bonnes réponses aux effets négatifs de la mondialisation, c'est d'abord des investissements pour la croissance" et "faire des produits qui répondent plus à la demande mondiale". Mais, rappelle-t-elle, "ils n'excluent pas, en majorité, la protection" car "il faut cesser d'être naïfs dans les négociations internationales" et "se battre pour des règles du jeu plus claires et une régulation globale" notamment dans les domaines social et environnemental.
(*) L'enquête a été réalisée du 21 avril au 4 mai par internet auprès d'un échantillon représentatif de 1.200 salariés d'entreprises privées.
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