Crise : après Sarkozy, Merkel répète sa ligne

le 02 décembre 2011 à 12h05 , mis à jour le 02 décembre 2011 à 21h31

Dossier : Crise financière

Au lendemain du discours de Nicolas Sarkozy et à trois jours d'un déplacement à Paris sur le dossier brûlant de la crise européenne, la chanclière allemande s'est exprimé vendredi devant le Bundestag. Au menu : fermeté contre une crise "marathon".

Angela Merkel devant le Bundestag le 2 décembre 2011 Angela Merkel devant le Bundestag le 2 décembre 2011 © TF1 News

La sortie de la crise "prendra des années". Angela Merkel parlait vendredi matin devant le Bundestag, le parlement allemand.  La chancelière a rappelé la volonté de l'Allemagne de réformer l'Union monétaire européenne pour aller vers plus de fédéralisme budgétaire. "Nous ne parlons pas seulement d'une union budgétaire, nous sommes sur le point de la réaliser", a-t-elle déclaré, ajoutant qu'il s'agirait d'une "union budgétaire avec des règles strictes, au moins pour la zone euro".
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Une union budgétaire ne peut cependant pas aller de pair avec des dérapages budgétaires de la part de certains Etats membres pour l'Allemagne. "Les règles doivent être respectées", a martelé la chancelière, "leur respect doit être contrôlé, leur non-respect doit être suivi d'effet". "L'élément central" de cette "union de la stabilité" voulue par l'Allemagne sera "un nouveau plafond d'endettement européen". Une plus grande discipline budgétaire devra être inscrite dans les traités européens pour l'Allemagne. Jeudi soir, dans son discours à Toulon, Nicolas Sarkozy a promis "plus de discipline, plus de solidarité, (...), un véritable gouvernement économique" pour la zone euro.

Pas de solutions à la crise à court terme

Lundi, Angela Merkel doit se rendre à Paris pour préparer des propositions avec son homologue français avant le sommet des dirigeants européens les 8 et 9 décembre à Bruxelles, prochaine étape dans la succession de sommets présentés comme "décisifs" mais impuissants pour le moment à contenir l'embrasement de la crise de la dette.

D'ailleurs analystes et économistes se font peu d'illusions. "Cette fois-ci non plus il n'y aura pas le grand pas vers la délivrance espérée", commentaient vendredi ceux de Commerzbank. Mme Merkel elle-même l'a redit: "le grand coup, le coup de massue" solution de tous les problèmes n'existe pas. Remédier aux causes du mal -les dérapages des finances publiques, la faible compétitivité de certains pays- "est un processus, et ce processus va prendre des années".

"Les marathoniens disent souvent que la course devient réellement difficile à partir du 35e kilomètre, mais ils disent aussi qu'il est possible d'atteindre la ligne d'arrivée si l'on est conscient de la difficulté dès le départ", a-t-elle dit. "Celui qui réussit n'est pas forcément celui qui part le plus vite. C'est celui qui est conscient de ce qu'implique le fait de courir toute la distance."

Les marchés semblaient pourtant vouloir y croire vendredi: les Bourses européennes grimpaient dans la matinée avant de retomber à la cloture (Francfort +0,67%, Paris +1,12%, Madrid 1,63%) et Tokyo a terminé en hausse.

BCE et euro-obligation : opposition répétée

La question du rôle de la Banque centrale européenne (BCE) dans la lutte contre la crise continue de diviser profondément Paris et Berlin. L'Allemagne s'est jusqu'à maintenant catégoriquement opposée à une intervention plus poussée de la BCE, et Mme Merkel n'a pas dévié de cette position vendredi. "C'est gravé dans les traités, le devoir (de la BCE) est d'assurer la stabilité de la monnaie", a-t-elle dit, recueillant les applaudissements de son auditoire. Mais l'indépendance de l'institution est "le bien suprême de nos démocraties", a-t-elle ajouté, signalant qu'elle ne pourrait pas s'opposer à une décision venue de Francfort (ouest), siège de la BCE.

Berlin est également opposé à l'introduction d'"euro-obligations" communes à tous les pays de la zone euro, a répété la chancelière. Une telle mutualisation de la dette ne pourra intervenir qu'à l'issue d'un processus d'intégration européenne approfondie, pour l'Allemagne, qui n'y voit en tout cas pas le remède à la crise actuelle. "Quiconque n'a pas compris, que (les euro-obligations) ne pouvaient pas être la solution à cette crise n'a pas compris la nature de la crise".

 

le 02 décembre 2011 à 12:05
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27 Commentaires

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  • sambrest, le 03/12/2011 à 08h39

    Claudcouledouce, et vous trouvez que Monsieur Sarkozy est un homme de compromis? c'est tout le contraire! durant tout son quinquennat il n'a pas cessé d'imposer son point de vue à tous, en matière de politique intérieure du moins. c'est le problème majeur de Monsieur Sarkozy : ce n'est absolument pas un homme de consensus.

  • 421123, le 03/12/2011 à 01h53

    Ein Volk, ein Führer! (Un peuple, un chef).

  • 421123, le 03/12/2011 à 01h51

    Rien à ajouter, mais nos "brillants" énarques n'ont pas votre bon-sens.

  • 421123, le 03/12/2011 à 01h48

    Quelle forme!

  • claudcouledouce, le 03/12/2011 à 01h12

    Si l'Allemagne sort de l'Europe vous perdez votre emploi et vos allocations et les allemands aussi. Si la France sort de l'Europe, le résultat sera le même. L'intransigeance vous tuera.

  • claudcouledouce, le 03/12/2011 à 01h09

    Alors vous allez avoir un smic à 400 euros ! Est-ce ce que vous voulez ? Il y a d'autres solutions possibles, moins brutales et arrivant au même résultat à terme.

  • claudcouledouce, le 03/12/2011 à 01h07

    Vous expliquez pourquoi les allemands ont peur. C'est inscrit dans la conscience collective allemande comme l'assistanat est inscrit dans l'inconscient collectif français pour d'autres raisons historiques trop longues à expliquer ici. Mais vous ne justifiez pas le fait qu'ils aient raison ou tort d'avoir peur. Les conditions de l'inflation des années 30 n'existent pas aujourd'hui. Ce sera difficile de faire reculer les allemands mais il y a des solutions intermédiaires tout à fait convenables pour les deux façons de voir. Je ne doute pas que dans l'intérêt commun et réciproque de tous les européens de la zone euro le meilleur compromis sera retenu. Dans une négociation qui est réussie, ce n'est jamais le point de vue de l'un ou de l'autre qui l'emporte mais c'est toujours un compromis acceptable pour tous qui est retenu et c'est comme ça depuis les premières négociations dans la nuit des temps.

  • claudcouledouce, le 02/12/2011 à 23h18

    On n'a jamais vu des négociateurs qui lâchaient du lest avant la négociation finale ou alors ce ne sont pas de bons négociateurs. Les internautes ne le savent pas forcément mais les journalistes, en observateurs avisés qu'ils doivent être, le savent et ne devraient pas saboter le travail des négociateurs français en les caricaturant. Si tout le pays est derrière Sarkozy il aura plus facile à défendre nos intérêts.

  • rose-marie54, le 02/12/2011 à 20h08

    @m.fred,n'oubliez pas nos représentants

  • rose-marie54, le 02/12/2011 à 20h06

    L'Allemagne,la Hollande,ont suivi la feuille de route sous Schroeder,qui partait 15 jours par an en Chine avec une armada d'entreprises pour vendre leurs marchandises aux contraire des présidents français qui préfèraient aller en vacances en Egypte et en Chine faire du tourisme!!

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