Bourses : pourquoi une telle dégringolade ?

Par Carole GUIRADO-CAILLEAU, le 05 août 2011 à 17h06 , mis à jour le 05 août 2011 à 20h14

Dossier : Crise financière

Décodage - Après une semaine de chute continue, le spectre du krach commence à hanter les marchés financiers internationaux. Pourquoi une telle baisse des indices boursiers ? Existe t-il une voie de sortie ? Eléments de réponse avec TF1 News.

Bourse euroLa Bourse de Francfort/Image d'archives © ABACA

Sous la pression des marchés, les Etats  ont dû s'improviser sauveteurs de leur système financier menacé. Mais sans trouver une solution équilibrée entre exigences du marché et impératif de croissance comme l'explique ce vendredi dans Libération Jean-Paul Pollin, professeur d'économie à l'université d'Orléans: "Les responsables politiques se sont liés les mains en agissant comme pompier pour sauver le système financier sans aucune contrepartie. Ils ont cédé aux marchés en privilégiant des coupes budgétaires drastiques qui anémient aujourd'hui la croissance, rendant d'autant plus délicat la résolution de la crise de la dette."

Des atermoiements politiques très coûteux
Il aura fallu un mois aux dirigeants de la zone euro pour s'entendre sur les modalités d'un nouveau plan de sauvetage pour la Grèce. Autant de temps aux républicains et aux démocrates pour s'accorder sur le relèvement du plafond de la dette américaine. Les acteurs financiers critiquent ces atermoiements politiques qui favorisent la fébrilité et le pessimisme des investisseurs. En début de semaine, les craintes sur l'Espagne et l'Italie ont replacé la zone euro dans la tourmente, moins d'un mois après la "résolution" du cas grec.

Des spéculateurs pyromanes
Parmi les investisseurs omnipotents, les spéculateurs se taillent actuellement la part du lion. Interrogé par TF1 News, l'économiste Marc Touati affirme que cette baisse des marchés est "excessive, alimentée et manipulée (...) par quelques grands agents financiers (qui) peuvent faire bouger le marché par eux-mêmes" dans une période estivale où le volume de transactions est "traditionnellement peu important".

Des agences de notation dégradées qui dégradent
Lors de la crise financière de 2008, la crédibilité des agences de notation a été mise en doute. Ce qui aujourd‘hui  explique la sévérité de leurs évaluations. Mais pour Marc Touati, elles "en font trop, elles jouent un jeu dangereux. Elles doivent aujourd'hui faire preuve d'une plus grande transparence dans leur notation et arrêter de jeter de l'huile sur le feu parce qu'elles alimentent ces mouvements spéculatifs. Ce n'est pas normal. Elles doivent retrouver une certaine crédibilité. Et ce n'est pas en voulant dégrader tout le monde qu'elles y arriveront", estime l'analyste.

Des réactions épidermiques face à une croissance atone
La nervosité des agents financiers est alimentée par des résultats économiques qui sont au mieux légèrement positifs en zone euro et aux Etats-Unis. Le marché réagit à "tout ce qui se passe en Europe, aux indicateurs économiques faibles aux Etats-Unis, simplement à la peur que l'économie ne se dirige vers une nouvelle récession", expliquait Peter Cardillo, de Rockwell Global Capital, jeudi alors que Wall Street était au plus bas.

Ainsi lundi, la contre-performance du secteur des services et de l'activité manufacturière américains ont fait dévisser les marchés. A l'inverse, ceux-ci se sont brièvement apaisés vendredi à l'annonce d'une baisse de 0,1% du chômage et de créations d'emplois plus importantes que prévu aux Etats-Unis (154.000 embauches au lieu des 84.000 attendues). Avant de retomber aussi vite.

Que des solutions à court-terme
Les dirigeants politiques se doivent d'intervenir, comme ils n'ont cessé de le faire toute la semaine (notamment l'intervention de Silvio Berlusconi devant le Parlement italien mercredi), pour tenter de rassurer les investisseurs. Dernier en date, Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques, estimait vendredi que l'Italie et l'Espagne ne devraient pas avoir besoin de plan d'aide, au regard de leurs fondamentaux économiques. Mais les investisseurs demeurent insensibles aux discours lénifiants des responsables politiques et institutionnels.

Du coup, les espoirs européens se placent aujourd'hui dans le Fonds européen de stabilité financière (FESF) pour éviter un effet de contagion. Ce fonds est censé venir en aide aux membres de la zone euro en difficulté. Depuis le sommet européen du 21 juillet,  ses pouvoirs ont été étendus au rachat d'obligations de pays membres. Mais sa capacité de 440 milliards d'euros s'avèrera insuffisante en cas de crise grave en Italie et en Espagne, désormais dans le collimateur des investisseurs. Jose Manuel Barroso plaidait déjà mercredi pour une réévaluation du FESF.

Difficulté supplémentaire, celui-ci ne pourra pas intervenir avant septembre sur les marchés, en rachetant des titres de dettes européennes. Les Parlements des 17 Etats de la zone euro devront d'abord valider l'accord du 21 juillet dernier. En attendant la Banque centrale européenne assurera l'intérim dans le rachat d'obligations souveraines comme l'a annoncé jeudi son directeur, Jean-Claude Trichet.  
 

Par Carole GUIRADO-CAILLEAU le 05 août 2011 à 17:06
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17 Commentaires

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  • fweishardt, le 06/08/2011 à 17h21

    Miam Miam qu'est ce que l'on goinfre.

  • jamess23, le 06/08/2011 à 14h20

    N'importe quoi.Les cours sont les mêmes pour tout le monde ...

  • i.james57, le 06/08/2011 à 12h31

    Comme d'habitude ce sont les petits porteurs qui trinquent...

  • 421123, le 06/08/2011 à 11h46

    Etats trop endettés! Fin de crise lorsque des mesures de restrictions et d'économies seront effectives, structurelles et durables..

  • 69jj, le 06/08/2011 à 09h57

    A qui profite le crime ?

  • 1337sysop1337, le 06/08/2011 à 01h59

    Cette crise est une remise en cause de l'économie spéculative, comment peut-on spéculer outrancièrement (volume de richesse de l'économie réelle inférieur à celle de l'économie financière) au delà même des quantités de richesse existantes ?? L'économie financière est fondeé sur un au-delà non réel de cette quantité finie, si explosion systémique il y a elle devra jouer son rôle afin de retrouver un solde neutre : celui de la soupape de sécurité, ce qu'elle est fondamentalement. Les états qui ont cautionnés ce système à travers le crédit donc la création d'une richesse, virtuelle,qui n'existe pas et sera détruite (le remboursement et la destruction monétaire des écritures qui sont contre passées) en seront eux aussi pour leur frais et à plein pot, malheureusement les peuples souffriront une fois de plus des conséquences. L'histoire se répète sous les yeux des peuples du monde, elle présidera une fois de plus aux pires atrocités.

  • didierbretagne, le 05/08/2011 à 22h52

    Il existe entre autres trois problèmes majeurs à cette crise : vivre au dessus de ses moyens en faisant trop de social sans contre partie. Ne pas obtenir de retour des grands revenus où autres distributions indus.La spéculation financière sans retombée économique.

  • look165, le 05/08/2011 à 22h52

    @fabrice93300 : Laissez tomber, de nos jours on donne le bac à des illettrés. De mon temps, on commençait toujours une phrase avec une majuscule et on la finissait avec un point. Heureusement qu'il y a les correcteurs d'orthographe !

  • look165, le 05/08/2011 à 22h49

    A cause du branle-bas !

  • cousinhub67, le 05/08/2011 à 21h50

    L'occident vit au dessus de ses moyens, la réalité économique est une loi incontournable, comme la gravitation de Newton. Au bout d'un temps même la politique n'y peut plus rien, surtout quand la solution est de faire un emprunt pour reporter le problème à plus tard !

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