Budget: ceux qui trinquent

Par L.B. avec agence, le 06 juillet 2010 à 15h33 , mis à jour le 06 juillet 2010 à 16h02

Le ministre du Budget François Baroin a annoncé dans une interview publiée mardi par le quotidien les Echos une révision à la baisse d'aides dans le logement et l'emploi.

Les services à la personne (Image d'illustration)Les services à la personne (Image d'illustration) © DR

Emploi de salariés à domicile, aide au logement, allocation aux handicapés: le gouvernement a annoncé mardi des coupes dans une série de dépenses sociales, à l'occasion du coup d'envoi, au Parlement, de la préparation du budget 2011.  

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Parmi ces mesures d'économies, un "paquet" concerne l'emploi. Le gouvernement va supprimer l'abattement de 15 points sur les cotisations patronales de sécurité sociale actuellement proposé aux ménages qui déclarent leur employé à domicile au salaire réel, ce qui représentera une économie d'environ 300 millions d'euros. Il ne touchera pas en revanche à la réduction d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile. Quant au nombre d'emplois aidés, il passera de 400.000 à 340.000 l'an prochain, et la part du salaire payé par l'Etat diminuera de 90% à 80% dès cette année. Le gouvernement va aussi supprimer l'exonération de cotisations patronales proposée jusqu'au niveau du Smic aux associations et aux structures agréées. Elle s'appliquait, depuis 2006, aux rémunérations versées aux salariés assurant des services à la personne.
  
Les aides au logement sont également concernés par les coupes budgétaires prévus par le gouvernement. Ainsi, les étudiants et leurs parents ne pourront plus cumuler l'aide personnalisée au logement (APL) et la demi-part fiscale pour enfant à charge. Il faudra choisir entre l'une et l'autre.
 
La TVA à 5,5% dans la restauration pas concernée pour le moment
 
Un train de mesures touchera certaines prestations sociales. L'allocation aux adultes handicapés sera, par exemple, augmentée comme prévu de 25%, mais en six ans, au lieu de cinq. Et elle sera revalorisée de 3% l'an prochain, au lieu des 4,5% prévus. Le gouvernement affirme en revanche ne pas vouloir toucher aux minima sociaux comme le revenu de solidarité active (RSA).
 
Enfin, le gouvernement supprimera en 2011 l'exonération de charges sociales dont bénéficient les restaurateurs pour les repas pris par leurs employés sur le lieu de travail, soit une économie de 150 millions d'euros pour les comptes sociaux. Pas question par contre de revenir pour l'instant sur le taux de TVA réduit (5,5%) dans la restauration.

Par ces mesures, le ministre du Budget François Baroin a annoncé mardi que la France réaliserait 14 milliards d'euros d'économies l'an prochain pour réduire son déficit de deux points de PIB, un objectif "difficile" mais "absolu". François Baroin précise que "sur les 30 missions de l'Etat, près de la moitié va voir ses crédits baisser" et confirme que le gouvernement compte réduire les niches fiscales et sociales. Ramener le déficit à 6% fin 2011 "est un objectif intangible et absolu et nous nous donnerons tous les moyens nécessaires d'y parvenir", déclare le ministre du Budget. "Je ne cache pas sa difficulté : la France n'a jamais accompli un effort aussi considérable, y compris pour se 'qualifier' à l'euro au milieu de la décennie précédente."

Objectifs tenables en 2012, année d'élections ?
 
La réduction du déficit à 6% est censé être le premier pas avant d'atteindre 4,6% en 2012 et 3% en 2013, l'engagement pris par les autorités françaises devant leurs partenaires européens. Cette trajectoire, qui suppose un effort de 100 milliards d'euros en trois ans, soit plus de 1.500 euros par habitant en France, serait le plus important effectué dans le pays depuis au moins un demi-siècle. Et les incertitudes sont fortes.

Premier point central qui pourrait être modifié d'ici la présentation du projet de budget, la prévision de croissance du gouvernement pour 2011, qui, à 2,5%, est supérieure à celles de la plupart des économistes et institutions internationales. La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a laissé entendre qu'elle pourrait l'abaisser après la publication mi-août des chiffres de la croissance au deuxième trimestre, ce qui pourrait signifier des recettes plus faibles que prévu. Des économistes comme le président délégué du Conseil d'analyse économique, Christian de Boissieu, estiment d'autre part que l'évolution des taux d'intérêt en 2011, et donc de la charge de la dette, est très incertaine. Incertitude politique également, le plan étant à cheval sur 2012, année d'élections présidentielle et législatives, période en général peu propice au redressement des finances publiques.   
 
Un rebond des recettes fiscales aussi important en 2011 est "crédible", argue néanmoins François Baroin. "L'an dernier, l'impôt sur les sociétés a baissé de 60% et les droits de mutation (qui dépendent du marché immobilier) de 30% ; il n'y a aucune raison que cela dure", précise-t-il. Le projet de budget sera présenté en septembre en conseil des ministres et débattu en octobre au Parlement. Plus que jamais auparavant, la réduction des déficits sera surveillée par les investisseurs, échaudés par la crise des dettes publiques en Europe, par les agences de notation, et par les partenaires européens de la France, dont la plupart prévoient d'importantes coupes budgétaires, à l'image de l'Allemagne ou de la Grande-Bretagne.

Par L.B. avec agence le 06 juillet 2010 à 15:33
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17 Commentaires

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  • titiratp, le 08/07/2010 à 11h48

    Nos enfants qui sont étudiants sur Paris n'ont pas obtenu de chambres en résidence universitaire. Ils faut bien qu'ils se logent pour poursuivre leurs études et louent donc un petit appartement. Ils perçoivent une allocation logement qui représente environ 30% du prix du loyer et des charges. Ils ont des petits boulots pour financer le reste à charge mais le but étant qu'ils réussissent leurs études, mon mari et moi, nous nous serrons la ceinture et nous les aidons chaque mois. Cette situation est temporaire et cessera quand ils auront leur diplôme. En attendant, il nous semble normal qu'ils perçoivent une allocation logement tout en étant rattachés à notre foyer fiscal et que nous bénéficions de leurs 1/2 parts puisque qu'ils sont tout de même à notre charge. La mesure décidée par le gouvernement va pénaliser une fois de plus ceux qui gagnent trop pour que leurs enfants soient éventuellement boursiers et puissent accéder aux places en internat (quand il y en a et ce n'est pas toujours le cas), mais qui ne gagnent pas assez pour pouvoir louer un logement à leurs enfants sans avoir recours à l'allocation logement, ou encore mieux, pour acheter un appartement (achat réservé aux très riches). On pénalise une fois de plus les étudiants issus de certains milieux, alors que pendant ce temps-là, on ne s'attaque pas aux véritables niches fiscales et on rembourse des millions à certains contribuables bénéficiant du bouclier fiscal. C'est proprement scandaleux.

  • jeanmarie63, le 07/07/2010 à 10h23

    Quel est le budget de l'armee et quel economie vont etre realiser dans la DEFENSE? Je propose de supprimer l'armee FRANCAISE. L'economie realiser serait de 25 MILLIARD D'EUROS sur un an.

  • nanardesbordes, le 06/07/2010 à 22h20

    30.000.000 divisé par 30.000.000 d'assistés égal 1 euro par personne , ouais impressionnant , ça leur paye un tacotac

  • garba13, le 06/07/2010 à 21h51

    AFFAIRE WOERTH !! IL faudrait se souvenir de l'affaire BEREGOVOY et de sa triste fin! MEDIAS etPOLITIQUES reflechissez !!!!!

  • roucoucou17, le 06/07/2010 à 19h51

    On travaille et en debut de mois on a plus rien...s ils continuent je sais pas comment on va payer....

  • pilepoil13, le 06/07/2010 à 19h48

    Où est passé l'autre page avec le même titre ???

  • bibi32000, le 06/07/2010 à 19h14

    Tout çà ne présage rien de bon! Leur croissance ils vont pouvoir la prévoir à la baisse, je dirais même plus ils peuvent compter sur une récession ... qui entrainera une baisse des recettes fiscales!... Bref, on est mal barré!

  • bibi32000, le 06/07/2010 à 19h08

    Il n'y a pas que les salariés qui seront mis à contribution!

  • andromede77, le 06/07/2010 à 18h44

    Que chacun fasse un effort pour remettre la France à flot d'accord, mais il faut donc commencer par le début. Revoir le bouclier fiscal, taxer tous les profits qui ne sont pas le résultat d'un travail, faire la chasse aux faux chômeurs et à ceux qui reçoivent de manière indue des aides. Depuis 30 ans les termes Liberté, Egalité, Fraternité sont bafoués alors qu'ils sont les symboles de notre république. A l'heure actuelle tout le monde ne dispose pas de la même liberté, tout le monde n'est pas à égalité et tout le monde n'est pas fraternelle, les politiques menées depuis quelques décénies ont conduit à cette situation. D'accord pour payer, mais pas pour payer n'importe quoi et surtout ne pas aider n'importe qui, la solidarité est l'affaire de tous

  • davidlondres0, le 06/07/2010 à 18h29

    La societe n'est pas la meme maintenant qu'au temps de De Gaulle. L'economie a evolue de maniere parrallele. Moins de thesaurisation, economie a plus court terme, et plus versatile en generale. COmme pour tout: il y a du posiitif et du negatif: plus versatile dit aussi plus risquee.

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