Sommet après sommet, les Européens sont sur la sellette. Et chaque nouveau rendez-vous est l'occasion pour eux de renouveler leur détermination à régler une fois pour toutes la crise de la dette. Le sommet du G20 de Los Cabos, au Mexique, n'a pas fait exception. Attendus de pied ferme au lendemain des élections en Grèce, les dirigeants de la zone euro ont d'abord entendu une longue litanie de reproches, à mots plus ou moins couverts, sur la façon dont ils gèrent la crise de la dette qui les mine depuis plus de deux ans. Mais au final, et bien qu'accusés par le reste du monde de contribuer au marasme économique, ils ont plutôt bien résisté à la pression.
"Je pense que, de ce que j'ai entendu de la part des dirigeants européens [...] ils comprennent les enjeux, ils comprennent pourquoi c'est important pour eux de prendre des mesures ambitieuses et déterminée", a assuré le président américain Barack Obama devant la presse, à l'issue de ce sommet. Son homologue russe Vladimir Poutine est allé plus loin encore, se disant "encouragé par l'approche de la Commission européenne, avec laquelle nous sommes rarement d'accord, et des principaux pays de la zone euro sur la façon dont ils envisagent de résoudre les problèmes auxquels ils font face". La directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a salué le processus en cours, estimant que "les graines d'un plan de reprise étaient plantées". Quant aux dirigeants des pays émergents du groupe des "Brics" (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), s'ils ont dans un premier temps "regretté l'absence de mesures concrètes" à même de calmer la crise de la dette en zone euro, ils se sont finalement dit prêts à contribuer à l'augmentation des ressources du Fonds monétaire international, très sollicité par les Européens ces derniers mois. Même s'ils ont aussi clairement mis des conditions avant tout versement.
Quid de la taxe sur les transactions financières ?
A plusieurs reprises, le principe d'une intégration du secteur bancaire à l'échelle européenne a été évoquée afin de briser la "boucle" qui lie pour l'instant les Etats souverains et les banques, dont les coûteuses recapitalisations se traduisent par un creusement des déficits publics. Cette préoccupation se retrouve dans le communiqué final du G20. Les dirigeants du G20 attendent maintenant le Conseil européen des 28 et 29 juin à Bruxelles, qui devrait lancer le processus vers davantage d'intégration, via notamment une union bancaire. D'ici là, une réunion intermédiaire à quatre - le Français François Hollande, l'Allemande Angela Merkel, l'Italien Mario Monti et l'Espagnol Mariano Rajoy - est prévue vendredi à Rome. Ce communiqué, tout en "saluant" les efforts faits pour "soutenir la croissance, garantir la stabilité financière et promouvoir la responsabilité budgétaire", appelle à "une plus grande intégration budgétaire et économique permettant de conduire à des coûts d'emprunt supportables."
A la différence de la déclaration finale du précédent G20, à Cannes en novembre, le texte de Los Cabos ne mentionne toutefois pas de projet de taxe sur les transactions financières, à laquelle sont opposés des pays comme le Royaume-Uni et le Japon. François Hollande a dit voir dans cette absence une incitation à oeuvrer à des niveaux plus limités dans le cadre d'une coopération renforcée, projet qui pourrait voir le jour dès l'an prochain. "J'ai bon espoir que sur la base d'une coopération renforcée, à quelques pays, la taxe sur les transactions financières va être rapidement en vigueur. Quand je dis rapidement, c'est dans l'année 2013", a-t-il déclaré lors de la conférence de presse finale du sommet du G20. Une marque de volontarisme qui ne s'est toutefois accompagnée d'aucune annonce plus concrète.








