Lundi soir à 18 heures, les chiffres sont tombés : le nombre de demandeurs d'emploi sans activité en France métropolitaine a progressé en février pour le dixième mois consécutif pour atteindre 2,867 millions de personnes, soit 6.200 de plus qu'en janvier (+0,2%), a annoncé lundi le ministère du Travail. Il s'agit du dixième mois d'affilée de hausse du chômage. Mais avant même cette diffusion, Nicolas Sarkozy avait brisé l'embargo, donnant une tendance positive à l'évolution de l'emploi en France :"Les chiffres de ce soir manifesteront une amélioration de la situation avec une baisse tendancielle de l'augmentation du nombre de chômeurs", avait-il dit sur France Info ajoutant que "cette augmentation sera assez modérée".
Evidemment, la manœuvre passe mal auprès du camp socialiste. Lors du point presse hebdomadaire du PS, le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, a ironisé en reprenant les termes employés par le président de la République. "Il y a surtout une baisse tendancielle de la crédibilité de Nicolas Sarkozy", a-t-il estimé. "Le chômage, c'est le naufrage de ce quinquennat. Un million de chômeurs en plus depuis 2007 (...) C'est sur cet examen de leurs conditions d'existence que les Français doivent voter".
Emplois aidés
Petit retour sur la situation du mois passé. En janvier déjà, la progression avait été ralentie par rapport aux mois précédents, avec 13.400 personnes de plus (+0,5% par rapport à décembre), selon les données mensuelles de la Dares (ministère du Travail). Alors que l'emploi reste la priorité numéro 1 des Français dans les sondages, le taux de chômage calculé par l'Insee était de 9,8% (outre-mer compris) fin 2011.
La moindre augmentation du chômage pour le mois de février témoigne, selon le président, "d'une reprise économique sensible". Toutefois, les avis sur la question sont partagés : des économistes voient dans cette tendance pourtant davantage le signe d'une montée en charge des emplois aidés, ces emplois subventionnés par l'Etat pour faciliter l'insertion de certains demandeurs d'emploi. Alors que le gouvernement Fillon avait d'abord cherché à les réduire nettement, il a augmenté depuis 2009 l'effort. Le ministre du Travail Xavier Bertrand a fixé fin décembre à ses services l'objectif de réaliser sur la première moitié de l'année les deux tiers des 340.000 contrats budgétés pour 2012. C'est-à-dire pendant la campgane présidentielle.









