Course contre la montre pour endiguer la crise de la dette

le 19 décembre 2011 à 08h20 , mis à jour le 19 décembre 2011 à 08h23

Dossier : Crise financière

Alors que l'agence Fitch, à la suite de Standard & Poor's, doute de ses capacités à résoudre la crise, la zone euro se prépare à une semaine chargée avec une réunion de ses ministres des Finances pour discuter de l'augmentation des ressources du FMI, et des négociations sur son "pacte budgétaire".

agences standard poor's fitch s&p © Montage TF1 News

Le temps presse pour la zone euro, qui va tenter cette semaine, malgré le scepticisme de l'agence Fitch, d'avancer vers une résolution de la crise de la dette en augmentant les ressources du Fonds monétaire international et la liquidité à long terme offerte aux banques. Les rendez-vous annoncés, avec en premier lieu une conférence téléphonique ce lundi à 16 heures entre les ministres des Finances de la zone, ont pour ambition de mettre en forme certaines des décisions prises lors du dernier sommet européen les 8 et 9 décembre. Le Président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, doit lui s'exprimer devant la commission des Affaires économiques du Parlement européen, alors que l'institut monétaire reste sous pression pour faire plus afin d'endiguer la crise de la dette. Il a accordé un long entretien au Financial Times de ce lundi, estimant que la BCE ne pouvait pas tout et jugeant prépondérant le rôle des Etats et du Fonds de secours pour rétablir la confiance en zone euro.

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Plus d'infos

Autant de déclarations et de réunions qui seront scrutées par les agences de notation. Début décembre, Standard & Poor's avait prévenu qu'elle pourrait abaisser la note de 15 pays de la zone euro. Vendredi, Fitch lui a emboîté le pas en abaissant la perspective de la France à "négative" et en menaçant d'abaisser les notes de l'Espagne, l'Italie, la Belgique, la Slovénie, Chypre et l'Irlande d'ici fin janvier. Elle a jugé qu'une solution globale à la crise était "techniquement et politiquement hors d'atteinte", estimant que les engagements pris par le Conseil européen il y a 10 jours et par la Banque centrale européenne n'étaient "pas suffisants pour permettre la mise en place d'un pare-feu financier réellement crédible en vue d'éviter une crise autoréalisatrice de liquidité, voire de solvabilité chez certains Etats de la zone euro non notés 'AAA'". Un diagnostic pessimiste que les ministres des Finances de la zone euro vont devoir s'efforcer de renverser.

Londres n'aura qu'un "statut d'observateur"

Principal objectif affiché pour leur réunion de ce lundi : avancer sur les contributions européennes envisagées au Fonds monétaire international et parler du futur fonds de sauvetage financier permanent de la zone euro appelé à voir le jour mi-2012. La zone euro et d'autres pays de l'UE ont dit vouloir renflouer le FMI à hauteur de jusqu'à 200 milliards d'euros sous forme de prêts bilatéraux. L'idée est, qu'en retour, l'institution de Washington prête ensuite aux pays de la zone euro en difficulté et que des pays émergents suivent l'exemple en participant aussi à la recapitalisation du FMI. Les Européens s'étaient donnés dix jours pour donner des précisions sur cette opération. Pour l'instant, certains pays ont donné leur accord de principe sans annoncer de montant pour leur contribution, d'autres ne se sont pas prononcés du tout. De leur côté, la Belgique s'est dite prête à contribuer à hauteur de 9,5 milliards d'euros, le Danemark à hauteur de 5,4 milliards d'euros et la Suède de 11 milliards d'euros. Le Royaume-Uni, lui, refuse de participer à ces prêts. Concernant l'espoir de voir les pays émergents mettre eux aussi au pot, là encore les discussions ne sont pas très avancées. "L'engagement européen n'a pas créé de dynamique chez les pays émergents en faveur d'une augmentation des ressources du FMI", a reconnu une source proche du dossier.

Autre dossier à l'agenda de la zone euro, le début des négociations techniques concernant le traité intergouvernemental sur la discipline budgétaire renforcé décidé lors du sommet des 8 et 9 décembre. Les dirigeants européens, à l'exception notable du Premier ministre britannique David Cameron, s'étaient mis d'accord pour tirer les leçons de la crise de la dette en travaillant à un accord qui prévoit d'imposer des règles d'or sur le retour à l'équilibre budgétaire ou de rendre les sanctions financières contre les pays laxistes plus automatiques. Pour graver ces décisions dans le marbre, cet accord prendra la forme d'un traité entre les pays de la zone euro et d'autres qui voudraient s'y associer.

Les discussions entre hauts fonctionnaires des gouvernements européens sur le détail du texte vont débuter mardi à Bruxelles, avec pour but de boucler les travaux "fin janvier en vue d'une signature fin mars", a indiqué un diplomate européen sous couvert de l'anonymat. Le Royaume-Uni, qui s'était exclu de ce projet lors du sommet au nom de la défense des intérêts de la City de Londres, a obtenu finalement de pouvoir assister à ces discussions techniques, qui s'ouvriront dans un climat tendu entre Paris et Londres à la suite d'échanges aigre-doux ces derniers temps. Le président de l'UE, Herman Van Rompuy, a milité pour accorder un strapontin au Royaume-Uni afin de maintenir la cohésion menacée du bloc de 27 pays, qui devrait en outre se retrouver pour un nouveau sommet le 3 février. Mais Londres n'aura qu'un "statut d'observateur", a précisé un diplomate européen.

le 19 décembre 2011 à 08:20
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10 Commentaires

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  • mike_liberty, le 20/12/2011 à 11h02

    Terry_dallas_tx, je suis d'accord pour plusieurs pays, la France en tête le problème de la dette est bien plus ancien que la crise de 2008 qui la juste révélé aux yeux des gens. La France avait les moyen de traité facilement ce problème mais elle la laissé devenir un boulet énorme ( toujours rattrapable mais cela nous promet une décennie difficile et des concession social). jclo38, je n'arrive pas a cerné votre pensé dans votre commentaire, de une vrai question ou une attaque facile ? Si cette une vrai question sachez quand l' État actuel et si on regarde l'Angleterre (situation pire que la notre mais qui ne semble pas occupé les agence) sortir de l'euro est la chose a ne pas faire. Cela aurais pour conséquences une dévaluation brutale de monnaie et une perte de crédibilité sur la scène économique. tonmoulin52, désolé de te décevoir mais le peuple est a mon sens le premier responsable de cette endettement notamment en France. En effet depuis des décennie les Français demandent plus de sociale et de facilité, il ce casse un ongle il appelle l'État. Croit tu que la majorité des Français soit inquiet pour sont pays ? j'aimerai le croire mais j'en doute, ils voient surtout que le robinet ce ferme et que les subvention et autre remboursement n'arrive plus. Oui les politiciens ont laissé le déficit ce creusé mais pourquoi faire ? Pour satisfaire un peuple qui est devenus arrogant et suffisant, qui veut tous les avantages social sans payer le moindre impôts. l'echec que montre cette crise en France n'est pas économique, il est principalement sociétale. L'État ne peut pas tous faire et na pas vocation a tous faire de quel droit un homme peut exiger qu'on lui cède tous alors qu'un homme qui a eu la mauvaise idée de faire des étude est taxé jusqu'au sang. Je précise pour couper court au attaques que je suis étudiant et boursier d'un échelon important ( donc pas quelqu'un qui n'a pas besoin du social) j'ai conscience de ce que je doit a ce pays et conscience de ce que je doit faire et des sacrifice que je doit consentir pour le protéger .

  • jb0paris, le 19/12/2011 à 15h16

    Très juste... l'Euro est un concurrent particulièrement encombrant pour le dollar. Mais après les dettes de l'Europe, il faudra bien s'occuper de celle des Etats-Unis.

  • terry_dallas_tx, le 19/12/2011 à 14h40

    Je ne sais pas ce que dit l'OFCE, mais faire croire que l'endettement excessif des 30 dernieres annees est de la faute de la crise des subprimes de 2008 releve de la malhonnetete intellectuelle. C'est comme dire que la baignoire a deborde a cause de la goutte d'eau versee par les autres, alors que l'on ne cesse d'y deverser soi-meme des seaux d'eau...

  • phiphi13, le 19/12/2011 à 13h43

    Les agences de notations sont dirigées par des grands banquiers et par les patrons des multinationales à qui elles appartiennent ! Le but et de faire s'écrouler l'Europe via sa monnaie... pour établir une nouvelle économie mondiale ! Le dollar est en perte de vitesse et l'économie américaine en débandade...... Les prochains sur le liste sont les pays producteurs de pétrole.......

  • tonmoulin52, le 19/12/2011 à 11h01

    L'europe esty dirigée par des gens qui préfèrent soutenir la richesse plutot que le peuple Pourtant c'est le peuple et lui seul qui apporte la richesse par son travail. On multiplie les conférences stériles et on s'enfonce à cause de la spéculations contre laquelle on ne fait rien.Il faut taxer la spéculation au minimum comme les revenus du travail. Mais nos dirigeants sont tous des capitalistes et préfèrent taxer leur peuple que de perdre un peu de leur richesse.

  • cafoutchi, le 19/12/2011 à 10h54

    On va encore nous parler de la réunion de la dernière chance, la 53ème!!!! Soyons sérieux, sortons une fois pour toutes de ce bourbier en quittant l'euro et sa "zone" (au sens péjoratif du terme!)

  • 732..poitier, le 19/12/2011 à 10h12

    Mais non c'est françois qui va nous sortir de là...

  • jclo38, le 19/12/2011 à 09h28

    Et si sortir de l euro nous coutait moins cher que ce qu on est en train de perdre en ce moment?

  • j.bon, le 19/12/2011 à 09h23

    On est au courants plein de réunions de la dernière chance ou ceux qui nous ont conduit dans cette tempête vont nous expliquer que grâce a eux on a éviter le pire et qu'ils sont les seuls à pouvoir nous en sortir !

  • eltacantal, le 19/12/2011 à 08h52

    Et si, au lieu de dire " crise de la dette " on disait " conséquences de la crise des subprimes " ? Car c'est bien l'économie des USA qui a provoqué ce problème depuis 2008 ! L'OFCE (L'Observatoire français des conjonctures économiques) le considère bien ainsi ... et la position des agences de notation, qui oublient systématiquement de parler des USA, est une hypocrisie totale.

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