Crise de la dette : l'Europe à l'heure des choix

le 23 octobre 2011 à 09h32 , mis à jour le 23 octobre 2011 à 09h40

Pour les dirigeants européens, qui se réunissent ce dimanche, les enjeux sont clairs, les choix difficiles : il faut demander aux banques créancières d'effacer une partie de l'ardoise grecque ; recapitaliser ces dernières pour qu'elles tiennent le choc ; et surtout, renforcer le FESF.

UE : drapeaux de divers pays européens © ABACA

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Les dirigeants européens doivent tenter ce dimanche de surmonter leurs divergences sur les moyens d'enrayer la crise de la dette, lors d'un sommet capital où l'Italie se retrouvera sous pression pour respecter ses engagements budgétaires. La réunion est la première grande étape d'un processus en deux temps censé s'achever mercredi par un nouveau sommet et des décisions attendues par le monde entier, de plus en plus inquiet du risque de contagion planétaire, à l'image des Etats-Unis et de la Chine. Après une rencontre en matinée des chefs d'Etat et de gouvernement des 27 pays de l'Union européenne, elle se poursuivra dans l'après-midi et sans doute très tard le soir par une réunion des dirigeants des seuls dix-sept Etats de la zone euro.

Les deux acteurs-clé, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy, se sont déjà rencontrés samedi soir pour tenter d'aplanir leurs divergences sur la réponse à apporter. Leurs déclarations optimistes laissent penser qu'un rapprochement timide s'est amorcé. Paris et Berlin se disputent depuis plusieurs jours notamment sur les modalités pour renforcer le Fonds de secours de la zone euro en faveur des pays en difficulté, le Fonds européen de stabilité financière (FESF), principal pare-feu contre la contagion.

"Il ne s'agit pas seulement de l'avenir de l'Europe"

Au jeu des petites phrases, chacun essaie de tirer la couverture à soi. Le Premier ministre grec Georges Papandréou a ainsi dramatisé les enjeux alors que se joue le sort de son pays. "Il ne s'agit pas seulement de l'avenir de l'Europe mais de l'existence de l'Europe", a-t-il lancé. Mais, soufflant décidément le chaud et le froid, la chancelière allemande a estimé pour sa part ce dimanche, à son arrivée au Conseil européen, que les sommets des chefs d'Etat et de gouvernement prévus dans la journée à Bruxelles ne devraient pas déboucher sur des décisions importantes... mais plutôt servir pour poursuivre les préparatifs en vue du second sommet de la zone euro prévu mercredi. 

L'Europe a mis au point un plan en trois temps : restructuration musclée de la dette grecque, recapitalisation des banques pour absorber ce choc, et renforcement du FESF, censé endiguer la propagation de la crise à l'Italie ou l'Espagne. Sur le premier volet, les grands argentiers de la zone euro ont convenu dès vendredi soir de demander de nouveaux efforts "substantiels" aux banques créancières de la Grèce. Leur condition : qu'elles acceptent d'effacer "au moins" la moitié de la valeur des dettes grecques qu'elles détiennent, contre 21% initialement prévu en juillet. Une demande qui s'appuie notamment sur un rapport confidentiel des bailleurs de fonds internationaux, lequel estime que les banques doivent accepter des pertes de 50% à 60% pour que la dette grecque soit viable. Si les Européens n'obtiennent pas le feu vert des banques, cela pourrait provoquer une effet domino dans toute la zone euro avec contagion possible à l'Italie et à l'Espagne.

107 milliards d'euros pour recapitaliser les banques

Mais en contrepartie de l'effort attendu, les ministres des Finances des 27 ont identifié samedi les besoins en recapitalisation du secteur bancaire pour amortir le choc. Un début de consensus s'est dégagé autour de 107 à 108 milliards d'euros. Ce montant, supérieur aux 80 à 100 milliards évoqués ces derniers jours mais inférieur aux 200 milliards recommandés par le FMI, découle d'un nouveau seuil de fonds propres minimum, de 9%, qui devrait être imposé aux établissements financiers d'ici mi-2012.

Au sujet du Fonds de secours de la zone euro, la grande inconnue est donc l'attitude de la France et celle de l'Allemagne, qui peinent décidément à accorder leurs violons. Ce mécanisme doit être nettement renforcé pour empêcher que la crise de la dette n'emporte l'Italie et l'Espagne. Mais en échange, les partenaires de Rome entendent demander ce dimanche à Silvio Berlusconi des précisions sur les mesures de réduction de la dette du pays. Rome suscite en effet l'irritation de ses partenaires qui redoutent une crise de la dette grande ampleur en zone euro si les comptes publics de Rome ne sont pas fermement tenus.

le 23 octobre 2011 à 09:32
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9 Commentaires

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  • look165, le 25/10/2011 à 02h35

    Hou !: Ben là, ça se complique, car il faudra réaliser des referenda par état et ensuite centraliser la synthèse par un vote collégial. Et il faudra un ou des traducteurs !

  • revolution2012, le 23/10/2011 à 19h14

    Non y a Marine !

  • vincent59000, le 23/10/2011 à 19h02

    C'est pas grave y'a le PS en 2012 ....

  • cybernanar08, le 23/10/2011 à 18h46

    Comment construire l'europe de 27 avec de telles différences dans les modéles sociaux et financiers ? j'y ai jamais cru !

  • j.bon, le 23/10/2011 à 14h07

    On vous a désigné un coupable les fraudeurs les responsables peuvent maintenant dormir en paix! Quant cesserez vous de vous faire manipuler !

  • andre-victor, le 23/10/2011 à 13h00

    "Les gens", l'Européen de base, a-t-il toutes les données en main pour prendre une décision motivée en connaissant au préalable toutes les conséquences de celle-ci ?

  • walterbenjamin, le 23/10/2011 à 12h45

    Ils ne tiendront pas longtemps .Les 1% ne sont plus en effet que 1%, les cadres les lâchent de plus en plus : nous demandons aux informaticiens et aux employés de banque de copier les listings complets de tous les comptes des paradis fiscaux auxquels ils ont accès ..... Adressez les listings à wikileaks qui les publiera in extenso , oui nous sommes plus forts tous ensemble que ces paradis de voleurs qui cachent entre 11 000 et 60 000 milliards de dollars , Ceux qui copierons ces listings seront des héros ,les vrais héros de notre temps. Exigeons aussi des états la suppression des licences des banques qui trafiquent avec les paradis fiscaux . Exigeons aussi l'abrogation de l'article 123 du traité de Lisbonne qui oblige les états à dépendre des banques ,scandale des scandales

  • z8tp13xx, le 23/10/2011 à 12h45

    De toutes façons, je ne vois pas à quoi servirait un référendum sur ce sujet puisqu'à l'évidence quand on vote non à l'Europe, on n'en tient pas compte et on fait finalement voter la voie Parlementaire... Donc inutile de perdre son temps!

  • oliv471, le 23/10/2011 à 11h33

    Comment pouvons nous organiser un référendum européen, pour entendre l'avis des gens sur la question ?

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