Crise de la dette : la révolte des pays "hors zone euro"

le 24 octobre 2011 à 07h43 , mis à jour le 24 octobre 2011 à 12h14

Dossier : Crise financière

Les dix Etats de l'UE non membres de la zone euro, Royaume-Uni en tête, se plaignent de plus en plus de la volonté croissante des Etats utilisant la monnaie commune de prendre des décisions sans les consulter. Ce qui a donné lieu à d'acerbes passes d'armes entre Nicolas Sarkozy et David Cameron.

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L'ambiance n'était pas à la fête dimanche lors du sommet censé permettre aux Européens de résoudre la crise de la dette. S'il faut en croire la presse britannique, Nicolas Sarkozy s'en est notamment pris à David Cameron, lui déclarant qu'il "en avait assez de l'entendre dire ce que nous avons à faire". Pour faire bonne mesure, le chef de l'Etat français aurait ajouté : "Vous dites détester l'euro, vous n'avez pas voulu le rejoindre et maintenant vous voulez vous ingérer dans nos réunions". Cet échange pour le moins âcre donne une idée de la grogne qui monte, à l'occasion de la crise de la dette, au sein de chacun des dix Etats de l'UE non membres de la zone euro.

Britanniques mais aussi Suédois et Polonais supportent de moins en moins la propension de leurs pairs de la zone euro à vouloir se réunir entre eux, à renforcer le pilotage en commun de leurs économies et décider sans les pays qui ne partagent pas la monnaie commune. Aux yeux des pays restés à l'extérieur, c'est le projet de l'Union européenne à vingt-sept pays qui est vidé progressivement de sa substance au profit d'une Europe à deux vitesses. Ainsi, le sommet européen de dimanche sur la crise de la dette doit être suivi par un autre, mercredi, uniquement avec les dirigeants de la zone euro.

Barroso monte au créneau

Trop c'est trop, a répondu en substance David Cameron, qui a été contraint de reporter les visites officielles qu'il devait effectuer en Nouvelle-Zélande et au Japon pour participer au sommet de mercredi. "La crise de la zone euro affecte toutes nos économies, y compris celle du Royaume-Uni", a-t-il martelé. "Il est dans l'intérêt du Royaume-Uni que les pays de la zone euro règlent leurs problèmes. Mais cela devient dangereux - et j'en ai parlé franchement avec eux - s'ils prennent des décisions vitales pour les autres pays du Marché unique, comme des décisions sur les services financiers qui concerne tout le Marché unique". En conséquence, les Britanniques ont exigé et obtenu qu'un autre sommet réunissant tous les pays de l'UE soit aussi convoqué mercredi à Bruxelles. "M. Cameron, avec un sens de l'humour très britannique, s'est étonné que la zone euro se réunisse entre elle. Il est curieux que quelqu'un qui passe son temps à dire que l'euro est une mauvaise chose veuille assister à ses sommets", a raillé une source européenne.

De son côté, agacé, le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, dont le pays n'appartient pas davantage à la zone euro, est également monté à l'assaut pour critiquer les sommets ouverts aux seuls membres de la zone euro. Au cours d'une discussion qualifiée d'"animée" par le Premier ministre polonais Donald Tusk, un participant lui a rétorqué que son pays n'avait qu'à adopter l'euro. "Rejoindre l'euro n'est pas un droit mais un devoir", a dit un participant.

Les dirigeants des pays non membres de la zone euro ont toutefois reçu le soutien du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui voit d'un mauvais oeil la montée en puissance de la zone euro. "Il ne devrait pas y avoir de séparation entre la zone euro et le reste de l'Union européenne", a plaidé Barroso. La Commission européenne est en effet préoccupée par ce qu'elle perçoit comme une tendance grandissante à la gestion "intergouvernementale" de l'Europe par Paris et Berlin, qui marginalise les institutions communautaires et en premier lieu elle-même.

Les eurosceptiques britanniques à la fête 

Dans ce contexte tendu, la fronde qui gagne au sein des députés britanniques pourrait bien intéresser toute l'Europe. Ce lundi, le Premier ministre David Cameron risque d'être confronté à la colère des conservateurs à l'occasion d'un débat parlementaire sur l'organisation d'un référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne. Certes, le vote des députés n'aura aucune contrainte légale. Et l'issue du scrutin ne fait de toute façon aucun doute puisque les libéraux-démocrates, partenaire de la coalition gouvernementale, et l'opposition travailliste voteront dans le sens réclamé par le Premier ministre, hostile à un tel référendum. Cette initiative constitue toutefois un défi sans précédent à l'autorité de David Cameron sur le Parti conservateur de la part de la frange eurosceptique des Tories. Le chef du gouvernement a donné des instructions de vote très fermes à ses troupes. Malgré cela, on s'attend à ce qu'environ 70 des plus de 300 députés conservateurs votent en faveur de l'organisation d'un tel référendum.

le 24 octobre 2011 à 07:43
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48 Commentaires

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  • sisi4314, le 29/11/2011 à 17h05

    Et que oui.... cela fait peur rien que d'y penser....

  • dominique_01, le 24/10/2011 à 19h08

    Les britanniques resteront toujours égaux à eux-même. Le seul avenir qui leur importe est le leur.

  • sandy29s, le 24/10/2011 à 16h28

    Ah ! les français on voté pour l'euro , c'est contre le traité qu'ils ont dit non ! c'est une nuance. Mais ensuite ,il ont voté Mr Sarkozy qui n'avait pas menti , il a dit : je devrai faire voter une partie du traité si l' Europe veut fonctionner,et il l'a fait . Je suis donc responsable avec les 53 % qui ont voté Mr Sarkozy de la M... dans laquelle nous sommes . Après j'aurai voté Mme Royal ,on n'y serai aussi .. alors j'espère qu'en 2012 j'aurai le choix de revenir en arrière. Autrement j'irai pas voté.

  • __camille__, le 24/10/2011 à 16h26

    Si la GB nous critique, c'est que le chemin sur lequel l'UE s'est engagée est le bon. Surtout continuons...! La GB ne voit et n'a jamais vu que SON propre intérêt quoi qu'il puisse en coûter à ses "alliés".

  • scotes48, le 24/10/2011 à 15h15

    Pas seulement sortir de l'euro, mais aussi sortir de l'Europe. Quelqu'un a-t-il une idée de ce que la France paie tous les ans pour faire partie de ce club dispendieux?

  • scotes48, le 24/10/2011 à 15h11

    Et si, les britanniques aussi paient chèrement leur droit d'appartenir a l'Europe.

  • scotes48, le 24/10/2011 à 15h07

    @ticoco53 pas d'accord avec vous. La Grande Bretagne était en recession quand Gordon Brown travailliste était Premier Ministre. Depuis l'arrivée de David Cameron conservateur au pouvoir, la livre se porte beaucoup mieux sur le plan international justement parce que ces mesures ont été prises. Notre gouvernement n'a pas encore eu a prendre de telles mesures parce qu'il a mieux géré la crise dès le départ. Je crains qu'un gouvernement socialiste en France ne mette la France dans un éetat pire que la Grande Bretagne sous Gordon Brown.

  • doodoo_56, le 24/10/2011 à 15h02

    Cours actuel : 1 livre sterling = 1,15 euro. Donc quand les britanniques achètent des produits en euro, ils ont 15% de volume en plus. A votre avis, pourquoi les anglais achètent beaucoup de maisons en Bretagne/Normandie ? Tout simplement parce qu'ils ont un pouvoir d'achat supérieur au notre en gardant leur monnaie qui est plus forte que la nôtre.

  • ticoco53, le 24/10/2011 à 13h35

    Sauf qu'ils veulent pas payer donc pourquoi les consulter ...

  • ticoco53, le 24/10/2011 à 13h31

    Il faudrait vous renseigner ... L'Angleterre a été en récéssion bien plus longtemps que nous, elle va beaucoup moins bien que nous c'est pourquoi ils ont déjà supprimer 500 000 postes de focntionnaires, baisser de 10% les salaires de tous les fonctionnaires, augmenter l'âge de la retraite à 67ans, et fait exploser le cout des frais universitaires !!! Ils sont dans un état pire que le notre

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